III. — CANAUX HÉPATIQUES
Le canal hépatique est formé normalement par la réunion à peu de distance du hile de deux canaux biliaires, droit et gauche qui résument tous les canicules intra-hépatiques. Ici, trois anomalies peuvent se rencontrer
a) La fusion tardive des canaux d’origine ; b) L’absence de réunion de ces canaux ; ec) La présence de canaux biliaires accessoires.
a) La fusion tardive des canaux d’origine a été maintes fois observée. Les deux canaux descendent, presque parallèles pour ne se réunir qu’au tiers supérieur du pédicule hépatique. Le canal hépatique droit forme, en partie ou en totalité, le bord gauche du triangle des voies biliaires. Le canal cystique vient très souvent dans ces cas se jeter dans l’angle de réunion des deux branches hépatiques. Le canal cholédoque se trouve alors constitué très haut et le canal hépatique proprement dit, n'existe pas.
Il faut connaître cette disposition du carrefour bilaire en une sorte d'étoile à quatre branches, de nombreux observateurs Pont rencontré et décrit (Sappey, J.-L. Faure, Raynal, Barkow,etc..).Uneautre conséquence de cette rencontre tardive des deux canaux biliaires d’origine est la constitution dans quel- . ques cas d’une cloison intra-caniculaire absolument analogue à celle qu’a décrit Puech pour le confluent hépato-cystique, et qui descend dans le canal cholédoque. Cette cloison peut gêner parfois l’exploration au cathéter de la voie biliaire principale, ou l’extraction d’un calcul,
b) Tout à fait exceptionnelle, l’absence de réunion des deux canaux biliaires, droit et gauche, a cependant été vue et décrite. Les deux observations (Gutierrez et Obs. N° I), que nous avons trouvé de cette anomalie, sont entièrement superposables.
Le canal hépatique droit se jette dans le canal eystique près du col de la vésicule et le canal hépatique gauchese fusionne à ce dernier conduit pour former le cholédoque.
A propos d’un cas de canal cystique se jetant dans le canal
hépatique droit, nous avons rappelé les erreurs ASS que peuvent engendrer ces dispositions ; nous n’y reviendrons pas.
c) M. Descomps estime à 20 DA fréquence ne canaux d'origine accessoire de l’hépatique, venant de différents lobes du foie. Les canaux, issus du lobe droit ont seuls une importance dans la cholécystectomie. Très variables comme nombre et comme calibre, ils viennent se jeter indifféremment dans l’hépatique ou sa branche d’origine droite. La plupart d’entre-
Fic. VII Schéma de l’observation n° I
Le canal hépatique droit se jette dans le canal cystique. C’est de la fusion de ce dernier et du canal hépatique gauche que naît le cholédoque.
eux sont très haut placés à peu de distance du hile. Quelquesuns se rencontrent dans le triangle des voies biliaires et peuvent être sectionnés au cours de la dissection du canal cystique.
À côté de ces canaux, d’origine glandulaire, se rendant à la voie biliaire principale, on peut encore trouver deux autres variétés de canaux accesoires.
Les premiers se rendent de la vésicule au canal hépatique ou à sa branche d’origine droite (Holman) et une partie de la bile s'échappe ainsi vers la voie principale, sans passer par le canal cystique.
Les seconds se rencontrent beaucoup plus souvent, ils vont
du lobe droit du foie, parfois de la région hilaire (Ricciuti) à la vésicule biliaire. De faible calibre (deux millimètres en moyenne), ils cheminent en général dans le tissu cellulaire qui sépare la face supérieure du réservoir biliaire de la fossette cystique. Souvent, ils s'ouvrent dans la vésicule, mais ils peuvent également se terminer en cul-de-sac dans la paroi de celleci (Holman), sans qu’il soit possible de dire si cette absence de communication est primitive ou secondaire.
L'existence de tous ces canaux biliaires accessoires est très importante pour le chirurgien ; il est, en effet, exceptionnel qu'ils ne soient pas sectionnés lorsqu'ils existent et plusieurs auteurs, Ricciuti et Holman notamment, décrivent les inconvénients de cette blessure.
Le plus important est l’écoulement de bile, parfois très abondant, dans les jours qui suivent l’opération. Si un drainage sous-hépatique a été effectué, il en résulte une fistule biliaire qui heureusement se tarit d’elle-même en quelques semaines. Si le drainage n’a pas été pratiqué, l’écoulement de bile se fait dans le péritoine, et on sait les très graves complications qui en peuvent résulter.