TRAITEMENT
On peut être appelé à soigner une plaie du rectum par projectiles de guerre à des époques différentes : soit quelques heures après la blessure, soit beaucoup plus tard alors que des accidents septiques se sont déjà déclarés.
Dans la grosse majorité des cas, le trailement comporte trois indications principales :
l° Le traitement de la plaie des parties molles et du squelette.
2° Le traitement de la plaie du rectum par la mise à plat du foyer traumatique, suivie du tamponnement de la plaie rectale.
3° La constipation du blessé.
S'il s'agit d’une petite plaie et de date récente, on pourrait tenter une suture, après un nettoyage soigné. Mais, comme en général, il s'agit de plaies déjà souillées, toute suture sur la perforation rectale est irréalisable : la friabilité des tissus sphacélés qui entourent la plaie et — s'il s'agit d'une plaie ancienne — les bords de la plaie, formés d’un tissu fibreux et inextensible, ne permettent pas le rapprochement.
Ce sont surtout les phlegmons et les cellulites pelviennes qui font le danger des plaies de la région sous-
LU péritonéale du rectum. On en préviendra le développement par un débridement du rectum et de l’anus aussi large que possible. Cette ouverture large, cet étalement du rectum met plus à l'abri des cellulites pelviennes et des diffusions gangreneuses que l’anus iliaque. Tout au plus pourra-t-on réserver celui-ci aux destructions de l'anus car celles ci entraînent un retrécissement avec une oblitération qui obligerait à pratiquer une colostomie.
Il n'est pas douteux que l'indication soit d'assurer aux liquides septiques le plus large écoulement possible. Le débridement des plaies, la désinfection des foyers, — le drainage de la vessie par le cathetérisme à demeure, si la vessie est intéressée — le libre écoulement des matières par l’anus, voilà ce qu'il parait rationnel de réaliser.
Ces plaies s’accompagnent presque toutes de lésions intéressant le squelette sacro-coccygien. Il suffira donc de transformer la plaie irrégulière, anfractueuse, en une plaie nette, débarrassée de toutes les esquilles. En faisant la plaie aussi nette que possible, en libérant la perforation rectale de tout ce qui pourrait empêcher le rapprochement des bords de l’orifice, on favorisera purement et simplemeut le travail de réparation spontanée de la nature. |
Abandonnée à son évolution naturelle, la perforation intestinale se comble facilement par rapprochement et envahissement progressif des bourgeons charnus. Les cas de date récente tendent plus facilement vers la guérison spontanée de la perforation rectale. Dans les lésions anciennes, les tissus fibreux ne permettent pas l'affaissement du rectum et maintiennent l’orifice béant et le rectum collé au squelette.
Et dans aucun cas, on n'aura recours à l'anus contre nalure de dérivation. Les opérés sont placés dans la posilion qui parait favoriser le moins possible l'issue des matières intestinales : soit dans le décubitus latéral, soit à plat sur le ventre. Ils sonten outre soumis à un régime spécial et constipés à l'aide de doses d’opium ; la constipation du blessé est un adjuvant indispensable.
L'analyse des faits observés nous semble prouver suffisamment que les plaies rectales peuvent évoluer naturellement vers la guérison spontanée, surtout quand elles sont de date récente.
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