Brigade de’ Royal- Roussillon, 6. Cavalerio
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Ses indications sont sûres et précises, spécialement quant à la formation et aux mouvements des deux armées en bataille.
. Ce plan éclaire aussi la suite de la première bataille en indiquant les redoutes du Camp retranché de Townshend—
sur les Plaines—et occupées par les Anglais et abandon-
nées par eux pen:lunt la seconde bataille.
Passons rapidement sur les événements qui eurent lieu pendant l'hiver qui suivit.
Lévis refusa tout pourparler de trève, résolu de faire des courses continuelles aux environs de Québec pour fatiguer la garnison.
Dumas, au fort Jacques-Cartier, avec 600 hommes, couvrait jusque là le pays des entreprises des Anglais.
De son côté, Muiray s'était posté solidement à Lorette et à Sainte-Foye, dont les deux églises furent retranchées et palissadées, De plus, il bâtit huit redoutes du côté des Plaines pour se fortifier an de, rs,
rrivons au 20 avril.
Lévis, ayant alors réuni ses troupes à Montréal, se mit en marche pour Québec. Elles consistaient, suivant son état, en huit bataillons des troupes de terre et deux bataillons des troupes de la colonie, formant en tout cinq brigades, avec 2,000 (3,021) hommes de milice, officiers compris. Les bourgeois de la ville de Montréal et de Trois- Rivières formaient un bataillon séparé, sous le commandement de M. de Repentigny, capitaine des troupes de la Marine, et fut destiné à la réserve. Les milices tirées des campagnes environnantes furent attachées “ par corps ” aux brigades des troupes réglées. Le tout s'élevait, officiers compris, à 6,705 combattants et 205 volontaires de cavalerie, (suivant tableau de Lévis, p. 257). Les milices servalent sans paye. Les Sauvages, au nombre de 278, faisant bande à part et n'ayant été d'aucune utilité (Malartic, p. 319, ef Lévis, j. p. 267) à la dernière bataille qui nous intéresse, ne sont mentionnés ici que pour les éliminer comme force active.
Deux frégates du roi, l’Atalante et la Pomone, escortant deux flûtes et plusieurs goëlettes, chargées de l'artillerie et des vivres, avec un grand nombre de bateaux, descendaient le fleuve à la hauteur de l’armée.
Le 24, celle-ci était rendue à la Pointe-aux-Trembles,
ayant parcouru 55 lieues, par escales, et tamt par eau que par terre, par des chemins du printemps, détrempés, défoncés et impraticables, marchant tantôt dans la neige fondante, tantôt enfonçant dans la boue. D'autre part la descente par eau avait été rude et pénible, à cause des glaces que le fleuve charriait, et il fallait en débarquant
traîner les bateaux fort loin pour les mettre en sûreté au delà des bordages.
Le 25 fut employé à rassembler les troupes et mettre en ordre les Canadiens. Bourlamaque! fut détaché avec dix compagnies de grenadiers, quelques volontaires et les Sauvages, commandés par M. de St.-Luc, pour faire l’avantgarde et rétablir les ponts sur la rivière du Cap-Rouge, que les Anglais avaient rompus. Les Sauvages allèrent occuper une chaussée de bois resté intacte, qui servait à traverser la partie la plus profonde des marais de la Suëte Senanne, entre l’église de Lorette et celle de Sainte-Foye. Bourlamaque n’arriva à l'entrée du marais qu’au commencement de la nuit, après les Sauvages, et malgré cette passée difficile, il put rassembler son avant-garde dans quelques maisons, au pied des hauteurs de Sainte-Foye.
Le 26, Lévis reprit la route par eau avec le reste de l’armée et débarquait à 10 heures au moulin de Saint- Augustin. Il en repartait vers 8 heures, avec armes et bagages et trois petites pièces de campagne, pour passer la rivière du Cap-Rouge et marcher sur la Vieille-Lorette, pour de là gagner les hauteurs de Sainte-Foye.
Jusqu’alors il ne croyait pas Murray instruit de ses mouvements et il ne se trompait pas ; il marchait en sûreté et pouvait calculer le surprendre.
Comme il fallait passer à la file sur les ponts, il était bien
Fran
avant, dans la nuit quand l’armée eut fini de traverser. Pendant tout ce temps, un orage affreux, une pluie froide et torrentielle, accompagnée d'éclairs et de tonnerre qui crondait sans cesse, rendaient l'obscurité encore plus profonde en aveuglant les yeux de lueurs soudaines. Les soldats, trempés jusqu'aux os, tombaient dans les ornières et n’avançaient qu'à tâtons. Les ponts s'étant rompus, les soldats passaient à l'eau. On fut obligé de laisser en arrière les trois pièces. Enfin, après avoir marché lentement toute la nuit pour traverser ces marais glacés, les troupes arrivèrent, au jour, derrière les bois de Sainte-Foye, au bas du coteau, et se logèrent dans quelques maisons, pour se garantir de la pluie qui n'avait pas cessé, et raccommoder leurs armes.
Le même orage en rompant les bordages du fleuve entraînait et dispersait les vaisseaux à Saint-Augustin, noyait les vivres et submergeait une partie de l'artillerie et des munitions. Il fallait toute l'énergie, le courage, l'endurance, la vigueur de tempérament et l’adresse native des Canadiens, pour lutter ainsi contre la fureur des éléments et continuer la campagne sans montrer de défaillances à la suite de longues privations et de deux jours additionnels de fatigues extraordinaires, par la pluie et le froid, mouillés tout le temps et sans trouver un abri, avant d’arriver aux maisons de Sainte-Foye ; aussi les troupes étaient-elles dans un état pitoyable ; Lévis jugeait indispensable de leur donner quelque repos.
Si nous sommes entrés dans ces détails nous voulons montrer la condition du soldat quand il fut soudainement appelé au combat sans avoir eu le temps de se refaire.
Cependant le plus vaillant courage et le plus sûr jugement ne peuvent lutter contre des accidents imprévus et indépendants de la volonté de l’homme qui viennent déconcerter les mesures les mieux prises, comme le fut un de ceux que le même orage allait occasionner.
Un des bateaux, chargé d'artillerie, ayant été écrasé par
les glaces, parmi les huit hommes qui le montaient, un sergent, seul, put se sauver en sautant sur un glaçon. Il fut entraîné au delà de Québec, où la marée montante le ramena, encore vivant, près du rivage. L'homme du quart du Racehorse, hivernant au Cul-de-sac, ayant entendu ses cris de détresse dans l'obscurité de la nuit, le capitaine Macartney fit lancer une chaloupe à l’eau qui trouva le malheureux naufragé étendu sur le glaçon, à demi-gelé, presque mourant et dans le délire. Avec des stimulants et des frictions, on parvint à le ramener à la vie et lui faire reprendre ses sens. Il raconta son naufrage, et par là même annonça l'approche de Lévis. On le transporta, quoique sur les trois heures du matin, chez le général, où il répéta sa mésaveniure et mourut peu après.
Cette nouvelle confirmait une dépêche du major Dalling, posté au Cap-Rouge, annonçant que l'avant-garde de l’ennemi n’était éloignée de lui que d'une d :mi-lieue.
Aussitôt toute la garnison fut mise sur pied, Murray se hâta de faire évacuer le poste de Lorette, et de le replier sur celui de l'église de Sainte-Foye, bien fortifiée, crénelée et entourée d’une forte palissade.
Gouverneur dans Québec, il s'était tenu tout l’hiver au courant, par ses espions, de l'attaque projetée de Lévis.
Sa garnison était de 8,768 hommes en y entrant. Elle souffrit beaucoup de la rigueur et durée du froid, et fut attaquée du scorbut, qui la décima et remplit ses hôpitaux de malades.
Dès qu'il fut informé du mouvement de l’armée française, il fit sortir, sous trois jours d'avis, tous les Français de la ville, contrairement aux articles de la capitulation. C'était pitié, visible même par l'émotion des soldats, de voir ces malheureux, femmes, enfants et vieillards, chassés sans savoir où trouver un gite. Les femmes s’exclamaient en imprécations sur la mauvaise foi des Anglais, aussi contre Vaudreuil, lui souhaitant ‘“ une fin aussi misérable et barbare qu'aucun européen eût souffert de la part des Sauvages.”
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Published as ye Act directs, February lst, 176: » by 5. 2. Cumberlege, Pater-noster Row (Collection juye Bäby.)
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l'avant-garde le serrant de près,
Le 27, à la pointe du jour, le colonel Burton fitune sortie à la tête des brigadiers de l’armée, de cinq régiments et des piquets de [a garnison pour secourir les avant-postes du Cap-Rouge et couvrir la retraite de ceux de Lorette et de Sainte-Foye.
Le temps était devenu modéré, mais continuait brameux et accompagné d’une pluie froide. Burton alla se poster avantageusement sur les hauteurs de Sainte-Foye et se rangea en bataille en appuyant sa droite sur l'église et faisant face au chemin, sur lequel il OCCupa quelques maisons en avant de sa ligne et pointa des pièces de
Lévis, à une demi-lieue au d pouvait avancer que par le grand chemin qui le traversait et qui l'aurait trop resserré Pour oser s’y aventurer bien loin, ni en sortir sans danger évident. Il demeura à couvert sur les bords de ce bois, à vue de l'ennemi, et dans cette position résolut d'attendre la nuit Pour en sortir et se porter sur le flanc gauche de Burton, en marchant par la droite jusqu’à ce qu’il en eût dépassé le front.
La matinée se passa en fusillades et quelques volées de Canon sur l'avant-garde et sur tout ce qui se montrait à
l'orée ou hors du bois.
Burton n’osant attaqueret fatigué d'attendre par ce mauvais temps, donna ordre de démolir l’église, où il y avait un dépôt d'armes, de munitions et les outils qu'il avait apportés, et d’y mettre le feu. A une heure le toit sauta et le tout fut consumé. Puis ilse retira, abandonnant quelques pièces de canon enclouées, et ayant soin de laisser un corps en simulacre de bataille Pour masquer son mouvement et s'en aller couvrir la retraite du détachement au Cap-Rouge. Il garnit, en repassant, le moulin de Dumont d’une es-
couade, et de même la redoute sur l’éminence vis-à-vis, au sud-est.
Les Français ne tardèrent pas
canon.
elà, derrière le bois, ne
de se mettre à sa poursuite, et la cavalerie de Roche-
beaucourt escarmouchant jasqu'’au soir et tout près des redontes de la ville.
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Il y eut quelques blessés de part et d'autre.
françaises purent alors se loger pour la nuit da tations depuis l’é
Les troupes ns les habi-
glise sur un espace de “cinq quarts de lieue,” et prirent ainsi quelque repos bien mérité. Les soldats anglais étaient rentré
S fort incommodés par le mauvais temps et harassé
s des fatigues de la Journée, aYant marché tout le temps dans l’eau et la neige fondante.
Il fallut abattre quelques vieilles maisons des faubourgs Pour les réchauffer et sécher leurs hardes,
Les bataillons qui les avaient Poursuivis et qui déjà
étaient excédés de lassitude, subirent ces mêmes fatigues, mais les supportèrent beaucoup mieux qu'eux.
Le lendemain, le jour. décisif était arrivé, mais Murray demeurait incertain du parti qu’il devait prendre : se retrancher au dehors, ou engager le combat.
Ainsi en Suspens, il sortit de la ville sur les 7 heures du matin, avec toutes ses troupes disponibles, consistant en 3,140 hommes de pied, non compris les officiers. Chaque
déploya à l’endroit des Buttes-à-Ne dominant où Montcalm avait rangé son armée eñ bataille, le même aussi sur lequel s'alignent les défenses des quatre tours Martello.
Nous allons prendre de lui-même la formation de sa ligne de bataille disposée en dix bataillons, comme suit : Sa droite était formée du 15ième, Ambherst, 58ième, Anstruthers, 60ième, 2ième bataillon du Royal-American, et 48ième, Webb, sous le Commandement du colonel Burton. La gauche comprenait le 43ième, Kennedy, 47ième, Lascelles, 78ième, Highlanders, et 28ième, Bragg, sous le colonel Fraser.
veu, sur le même terrain
Le 85ième, Otway, et le 3ième bataillon du Royal- American Composaient la réserve, sous le colonel Young.
Le flanc droit était couvert par l'infanterie légère du major Dalling, uche par la COMpPagnie des volontaires du Capitaine McDonald et les ranger: ie Hazen.
Une forte artillerie de 20 canons et 2 obusiers (%) était posée en front, donnant à chacun de $es bataillons le service de deux pièces. Elle était commandée Par le major Godwin, assisté de l'ingénieur McKellar.
Ainsi rangée cette petite armée s’étendait de la cime du Cap au chemin Saint-Jean, et Pour paraître plus nombreuse la ligne n'était que sur deux de hauteur,
En face d'elle, à un mille précis de distance, et à cent verges au delà du Terrain des courses qui les Séparait, on distinguait, sur l'éminence, près du bois de Sillery, les aVant-postes de Lévis OCCupant la redoute an sommet.
ancé pour faire une reconnaissance, vit is OCCu pés à décharger et nettoyer leurs a pluie de l’avant-nuit : i] aperçut aussi des défilant en colonnes par le chemin a sortie du bois. Le moment lui parut ant qu'il put se former.
t-être, étaient frais, dispos gré ce qu’en dit le sergent Johnston ; il avait l'avantage du terrain, et Comptait sur son artillerie, tandis que Lévis n’en Montrait point. I] Pensait du reste n'avoir affaire qu'à des milices et des re nées, mal nourries, mal vêtues, mal arm le moment, trop lassées Retournant sur-le succès certain, il fit i lentement. éserve, cent hommes à la redoute sur le Champ de COurses, pour couvrir
(*) Johnstone, qui avait vu ces pièces, dit que c'était celles de la batterie du : ! ñ : “ Palais que Ramezay avait refustes à Montcali,
paul men armements en eninnenneien rene
sa retraite en cas de besoin. Il était alors sur le terrain même où Wolfe s'était rangé en bataille Continuant sa marche en inclinant tant soit peu à droïte, et avant de dépasser le terrain des courses, lorsqu'il fat parvenu à une portée de mousquet de l'avant-garde, il ouvrit l'attaque sur le moulin de Dumont à sa droite.
De son côté le chevalier de Lévis, qui était persuadé que son adversaire se tiendrait sur la défensive et se bornerait à se retrancher, avait résolu d'employer cette journée du 28 au débarquement des vivres et de son matériel de campagne au Foulon, et principalement au repos de ses troupes.
Lui aussi était sorti à bonne heure le matin avec Bourlamaque et son état-major pour reconnaître la position et où il en était avec l'ennemi. Il s’'aperçut bien vite du dessein de Murray de marcher à lui, et donna ordre aussitôt au chevalier Montreuil de faire avancer immédiatement toutes les brigades, et du coup prit ses dispositions pour porter l’action sur les hauteurs du centre où il était.
En attendant, son avant-garde continua d'occuper les deux redoutes à sa droite et le moulin de Dumont à ganche, ainsi que le terrain intermédiaire qui s’arrondit doucement
en élévation; car les détachements laissés la veill: nur Burton dans le moulin et dans la plus haute redon:: :3.5. vis, s'étaient retirés dans la nuit, et 25 cavaliers à nied
occupaient la redoute où cinq compagnies de grenadiers s'étaient portées au point du jour et cinq autres aussi dans le moulin.
Jetons, comme Lévis, un conp d’œil sur le terrain où il va déployer ses forces.
À cent pas devant lui sur sa droite est le Champ de courses et le reste uni du plateau s'étend en face de sa gauche.
Dans le penchant de Marchmont, le long du cap, des pins, formant un bois clair, (de même que ceux qu'on y voit aujourd’hui), devaient protéger sa droite, et une autre redoute touchant à ce bois devait l'appuyer aussi. Elle couvrait en même temps l’Anse-du-Foulon pour protéger le débarquement. (Voir le plan).
Ce même bois (alors appelé de Sillery et aujourd’hui disparu) se continuait, mais plus épais, vers Sainte-Foye, et la ligne de centre de Lévis allait se trouver à peu de distance de sa lisière, “ d'où cette lisière se prolongeait en se retirant fort en écharpe ” jusqu'auprès de la maison de La Fontaine Par où les troupes devaient déboucher. Cette maison était située près de l’'escarpement du coteau Sainte-Geneviève. et séparée de celle de Dumont Par un terrain uni de 500 vers'es de longueur.
En recevant l’ordre de marcher, la droite qui se trouvait repliée à l'entrée du bois sur le chemin de Sainte-Foye, pour attendre la gauche, se mit à avancer en colonne sur la lisière du bois, et les deux brigades, l’une Royal-Roussillon et Guienne, l’autre La Reine et Languedoc, et peut-être une troisième, celle de Berry, avaient eu le temps de se former près de: deux redoutes avant que le feu eût été commencé et avant que l'ennemi, rangé en bataille, se fût avancé pour charger.
Mais la gauche qui continuait de filer en colonne avait offert, comme on l’a vu, l’occasion favorable d’être attaquée avant qu'elle put se former. C'est alors que Murray, exalté et entrainé à cette vue et voulant profiter de cet avantage, avait lancé sur la maison et le moulin de Dumont l'infanterie légère de Dalling et dirigé en même temps le plus gros feu de son artillerie sur les colonnes en marche, qui étaient celles de Berry et de la Marine. lesquelles, exposées à un feu plongeant de Mousqueterie et de mitraille, éprouvèrent des pertes fort sensibles, principalement le Berry.
Les grenadiers résistèrent avec Courage, autour et dans le moulin, contre le nombre, les balles et les boulets, mais farent forcés de l’évacuer et de retraiter avant l’arrivée de leurs troupes.
Sur l’autre aile les avant-postes qui défendaient les deux redoutes, vivement attaqués par les rangers de Hazen et
les volontaires de McDonald, furent aussi repoussés et les redoutes enlevées.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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