LXIX
LES TRAVAVX INVTILES
le perds pour trop aimer l’vsage du sommeil, le gouste peu de ioye auec beaucoup de peine :
Aux desseins que je fais ie seme sur l’arene Et mon espoir se fond comme neige au Soleil.
Tousiours de ma raison i’abhorre le Conseil Pour suiure obstinément la voix d’vne Sereyne :
Et blessé dans le cœur d’vne atteinte inhumaine De crainte d’en guérir, i’en oste l’appareil.
LES AMOVRS DV S'' TRISTAN
Ma crainte & mes désirs aux atteintes pressantes Sont de mesme que THydre aux testes renaissantes S’acharnans sur mon Ame auecque cruauté.
Mais vne amour si rare et si bien tesmoignée Touche si peu l’esprit d’vne ingrate Beauté,
Que mon trauail ressemble aux toilles d’Araignée.