XXXIV
L’HVMEVR INGRATE
Par la malignité d’vne Estoile inconnue Dont le pouuoir s’aplique à me tiranniser.
En adorant Philis ie m’en fay mespriser 4 Et plus mon feu s’acroist, plus le sien diminue.
S’il faut qu’à s’augmenter sa froideur continue A l’enuy de l’ardeur qui me vint embraser, le ne croy pas iamais en auoir vn baiser,
8 Ny luy voir seulement vne main toute nue.
Après tant de souspirs & de pleurs respandus Après tant de loisirs & de pas despandus
11 Voila ce que remporte vne amour si fidelle.
Et son ingrate humeur me réduit à tel point Que mon dernier secret, pour me faire aymer d’elle 14 C’est de faire semblant que ie ne l’ayme point.