‹ Les plaintes d'AcanteChapitre 68 sur 185 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

CHANSON

Belle Philis, escriuez moy

Afin de m’aprendre pourquoy

Mes soins vous mettent en cholere ;

Car ie ne puis me figurer

Ce que i’ay fait pour vous desplaire,

6 N’ayant fait que vous adorer.

XXXV. Les Amours. — L’Ame insensible. — 8. tout le Monde. XXXVI. Les Amours. — Svr la colere de Philis. Stances. (Vers i 50 seulement.) — 1-2. Belle Philis obligez moy

De me faire sçauoir pourquoy

CHANSON

Sans doute c’est ma passion Qui cause cette auersion Que m’exprime vostre silence :

Voyez quel estrange succez !

On me hait auec violence Pour ce que i’ayme auec excez.

O Dieux ! quelle iniuste rigueur !

Pour vous auoir donné mon cœur, l’ay donc mérité vostre haine :

Et i’ay failly pour vous offrir Ce que la beauté d’vne Reine Auroit eu peine à s’aquerir.

Après vn favorable acueil

Mes deuoirs treuuent trop d’orgueil

En des grâces toutes diuines.

O belle cause de mes pleurs !

Que de Serpens & que d’espines Estoient cachez dessous des fleurs.

Deslors que les Astres ialoux Firent naistre vostre couroux,

La mort fut toute mon enuie ;

Et i’ay conceu depuis ce iour Le mesme desdain pour ma vie Que vous auez pour mon amour.

Depuis, en acusant vos lois le cherche le plus fort des Bois Et le bord des Estangs paisibles.

Où pour adoucir mon tourment Te parle aux choses insensibles De vostre peu de sentiment.

Philis, ie vais tout de ce pas Faire cesser par mon trespas Cette cruelle inquiétude,

Si dans vn moment la pitié Ne force vostre ingratitude De ceder à mon amitié.

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