‹ Les plaintes d'AcanteChapitre 76 sur 185 · MONSIEVR LE COMTE DE NANÇAY · texte numérisé non relu

MONSIEVR LE COMTE DE NANÇAY

Monsievr,

C’est auec beaucoup de raison que ie vous offre ces > Vers d’amour, puis qu’il y en a vne partie que vous auez treuuez dignes de conseruer en vostre mémoire; & d’autres que vos propres passions ont fait produire ; puis i’ose dire que vous honorez de vostre estime depuis vn assez long-temps celuy qui les a composez. S’il vous plaist ro que vostre nom les deffende, Monsievr, ils n’auront point à craindre en allant par le monde, les Monstres que leurs pareils y rencontrent : L’Enuie n^aura garde de les oser attaquer, les voyant marcher sous la protection des Vertus, et des Grâces qui vous accompagnent : Elle 15 est auiourd’huy trop bien persuadée de la grandeur de vostre mérité, pour ne porter pas de respect aux choses que vous auoüez. Si vostre modestie me permettoit de représenter icy vos excellentes qualitez, ie ferois voir comme vous auez passé pour vne Merueille de la Nature dès 20 vostre plus tendre ieunesse ; soit par f esclat d’vn Esprit qui sçait démesler en vn moment les choses les plus difficiles ; soit par les effets d’vne mémoire sans pareille, soit par vne grâce à vous expliquer, qu’on n’obtient guere bien du Ciel. le dirois combien cette noble audace

Lettres Meslées du Sieur de Tristan (1642). Epistres Dedicatoires. — A Monsievr le Comte de Nançat, Pour vn recueil de Vers, intitulé les Amours.

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