LES DELIRES
SONNET
le suis prest à mourir, voicy mon dernier iour ; le ne voy plus Philis, & le Ciel que i’implore Pour comble de mal-heurs veut adiouster encore La chaleur de la heure à celle de l’Amour.
Alors que le Soleil préparé son retour.
Et que les prez sont pleins des larmes de l’Aurore, Quelque fois en dormant ie me trouue au séjour Où vient de s’en aller la Beauté que i’adore.
Surpris en la voyant par ceste douce erreur,
Moy qui n’apperçois plus que des obiects d’horreur. Et dont les tristes yeux ne s’ouurent plus qu’aux larmes,
le croy que du trespas i’ay ressenty l’effort.
Et que tant de beautez, de grâces, & de charmes Sont les félicitez qu’on trouue apres la mort.
LES SONGES FVNESTES