‹ Les plaisanteries de Nasr-Eddin HodjaChapitre 61 sur 99 · LXXIV. — Repas chez Timour-lenk (Tamerlan · texte numérisé non relu

LXXIV. — Repas chez Timour-lenk (Tamerlan

Timour-lenk (voir note 8) avait fait inviter le Hodja a un repas, pour obtenir ses prieres. Le Hodja monte sur son ane et prend avec lui son mollah {disciple favori) . Apeine est-il arrive que Timour-lenk l'inviteas'asseoir etlui indique un siege. En s'asseyant le Hodja remarque que Timour cachait ses pieds sous un coussin ; il fourre egalement ses pieds sous un coin du coussin. Timour etait indigne, a part lui, de le voir se comporter ainsi en sa presence. — Quelle difference, s'ecrie-t-il enrin, y a-t-il pour la stupidite entre toi et ton ane? — Mon padischah, fit le Hodja,

ce coussin n'est-il pas la pour que nous nous en servions? — Timour, encore plus irrite, allait vraisemblablement maltraiterle Hodja, quandon servit. lis commencaient a peine a manger que Timour eternue sur le Hodja. — Mon padischah, fit celui-ci, n'avez-vous pas de honte d'en user ainsi? — On ne s'en formalise point dans notre pays. — II parlait encore que le Hodja laisse echapper un vent. — Et cela, fit Timour, n'est-ce pas honteux?

— On ne le considere pas ainsi dans notre pays, replique le Hodja. Une fois les mets manges etles sorbets bus, chacun se retire.

En allant a la maison le mollah interroge son maitre : — Pourquoi, effendi, as-tu done laisse echapper un vent en presence de Timour? — Quand le pretre fait une faute legere (pisse), les fideles en font une lourde.

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