SCÈNE IX EMMANUEL, ANTOINETTE
EMMANUEL, apùelant. — Antoinette... vouiezvous me donner mon complet moderne, mon enfant ?
ANTOINETTE, très humble. — Oui. Monsieur.
(Pendant quelle va le chercher dans un coin de latelier.)
EMMANUEL. — Et... et... au fait pourquoi changer ?... Antoinette, donnez-moi simplement mon manteau de voyage pour recouvrir les restes d'une époque disparue... (Il le met) Bon. Chapeau : Bien. Canne : Merci. Antoinette, je m'en vais. La vie, voyez-vous, est bizarre. Je sens s'agiter
mon tme, comme si j'allais vers quelque chose de nouveau et de définitif... Connaissez-vous la fille de ce docteur ?
ANTOINETTE. — Monsieur, je ne connais que son fils, que j'ai rencontré dans l'escalier.
EMMANUEL. — Ah !... Et il est bien ce jeune homme ?
ANTOINETTE. — Mais oui. Monsieur.
EMMANUEL. — Donc, si sa sœur lui ressemble, elle n'est pas mal. Antoinette, je pars. Je vais par la ville voir un peu comme on vit. Surveillez mon chez moi. Si un raseur sonne, faites entrer, servez le thé, et dites carrément que je suis là ! Et s'il vient des voleurs... n'hésitez pas : tuez-les.
ANTOINETTE. - Ah 1 Monsieur...
EMMANUEL, avec solennité. — Antoinette, je vous en prie !
RIDEAU