SCÈNE VII EMMANUEL, puis JACQUELINE
EMMANUEL. — Personne ! C'est fort ! Je l'ai entendue parler. Elle me fuit domc?... C'est intolérable ! Cette fois, je ne bouge plus... avant d'être fiancé. Car je vais être fiancé : je n'ai plus le choix. Histoire terrible et charmante. Qu'elle soit blonde, brune, belle, laide, elle va m'enchanter ! (Prenant le téléphoT\e) Allô ! Allô ! Donnez-moi le cinquième. Est-ce vous, Antoinette ?... Je ne rentrerai pas dîner... Non... sûrement pas. (Il raccroche) Tout est hasard, miis tout s'enchaîne. Un thé servi... par terre, m'amène à passer un exa-
men, qui me conduit ici... où m'attendent mes fiançailles ! Par où va-t-elle entrer ? Cette porte me plaît, donc elle viendra par l'autre... à moins que ce ne soit par la troisième... Est-elle grande ?... Petite ?... (Jacqueline entre) Oh ! elle est toute petite!... Qui est cette enfant-là?... Bonjour, petite fille!
JACQUELINE. — Bonzour, Monsieur.
EMMANUEL. — Vous cherchez quelque chose ?
JACQUELINE. — Ma poupée... Ze la vois.
EMMANUEL. — Vous étiez donc déjà venue ? Vous êtes une petite amie ?... S avez- vous où est Mademoiselle Denis ?
JACQUELINE, riant. — Ah ! voui !
EMMANUEL. — Où donc ?
JACQUELINE. — C'est moi.
EMMANUEL. — Hein ?
JACQUELINE. — Monsieur, vous êtes drôle.
EMMANUEL. — Pourquoi ?
JACQUELINE. — Vous faites des grimaces.
Voulez-vous jouer avec moi ?
EMMANUEL. — Jouer ?... Oui, je veux bien jouer. (Il s'assied) Dites-moi, petite fille ?
JACQUELINE. ~ Voui. Monsieur.
EMMANUEL. — Vous avez l'air mignonne et intelligente. Pourquoi racontez-vous que vous êtes Mademoiselle Denis ?
JACQUELINE. — Mais c'est moi.
(Un temps.)
EMMANUEL. — Petite fille...
JACQUELINE. - Voui, Monsieur.