ACTE TROISIÈME
LE DOCTEUR. — Tenez ! Lisez ! (Il lui tend un papier) Ah ! Je l'avais prévu ! Je ne vouleiis rien dire, mais ces gens-là sont rancuniers !
EMMANUEL. — Je ne peux pas lire. Merci. (Il lui repasse le papier) Ça ne m'intéresse pas.
LE DOCTEUR. — C'est pourtant clair ! Le vingt-huit à midi, vous êtes cité devant la Huitième Correctionnelle. Affaire Faculté de Paris contre Emmanuel. Conclusion lamentable et prévue d'une histoire stupide.
EMMANUEL. — Ce n'est que cela ? J'ai le vingt-huit à midi un projet plus brillant.
LE DOCTEUR. — Dans l'eau, puisque vous êtes cité...
EMMANUEL. — Je saurai pourvoir aux deux.
LE DOCTEUR. — Vraiment ? Quel est ce projet ?
EMMANUEL. — Docteur, d'abord égayezvous ! Correctionnelle ne veut pas dire Nouvelle- Calédonie, et même au cas de la Nouvelle- Calédonie, puisque nous ferons un voyage de noces...
LE DOCTEUR. - Un voyage ?...
EMMANUEL. — C'est vrai. Je m'explique mal. Je vais épouser votre fille !
LE DOCTEUR. — Eh quoi ? Êtes-vous d'accord ?
EMMANUEL. — Comme si le mariage était réglé depuis le premier jour du monde.
LE DOCTEUR. — Ah ! ma petite Eve! Ton frère a beau dire : il n'y a encore que ton papa qui te connaît !