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Les planches des Heures

e Musée PLANTIN-MORETUS a conservé quarante-six petites planches gravées sur cuivre et destinées à illustrer une édition d’un livre d’Heures, édition qui n’a jamais paru.

Tout ce que nous connaissons au sujet de l’origine des vignettes qui devaient l’orner se réduit aux quelques annotations dans les registres de la maison plantinienne, que nous faisons suivre.

Dans le Journal de l’imprimerie de l’année 1588, Jean Moretus inscrivit :

« 1588. 30 Janvier. Ledit payé à Martin de Vos paintre à compte de paintures et taillure de six pièces taillées par Crispin à sçavoir six taillées par ledit Crispin et dix figures de celles que mon père a faict paindre nouvellement in-i6° pour les Heures val. in ns. flo'". 51.

« is88. 8 May. Ledit payé à Crispinus van de Passe la somme de quatre 11. de gros pour les quatre dernières petites figures qu’il a livrées ce jourd’hui à mon père val. in ns. flor. 24. »

Les mêmes paiements se trouvent inscrits au Livre de Caisse de Plantin au mois de Janvier et de Mai 1588.

Crispin van de Passe fournit à Plantin peu d’autres travaux que celui dont il est question dans les articles de son compte que nous venons de citer. En Mai 1588, il exécuta encore une gravure de Saint Brunon.

Plantin fit paraître en 1588 deux éditions des Offices de la Vierge, dans aucune des deux les vignettes de Crispin van de Passe ne figurent ; elles n’ont été utilisées dans aucune autre publication. L’auteur de V Œuvre gravi des van de Passe, ouvrage fort consciencieusement fait, ne les mentionne pas. Avant ce jour, elles n’ont donc jamais été imprimées.

Comme l’atteste la note du Journal de l’imprimerie plantinienne du 30 Janvier 1588, les dessins des gravures avaient été fournis à Crispin van de Passe par Martin de Vos. Ces dessins faits à la plume et lavés au bistre existent encore et appartiennent au Musée Plantin-Moretus.

Dans le plus ancien inventaire des cuivres gravés que possèdent les archives du Musée Plantin- Moretus, la série est décrite de la manière suivante :

« 36 Passio Domini de l’invention de M. de Voss et taille de Crispiaen van de Passe à 1 1 fl. la » pièce vale A. 39^- —

« 10 du Breviere in-S» de mesme invention et taille à mesme prix vale fl. iio.— »

Cette désignation des sujets et de la destination des planches e.st incorrecte. Il y a en réalité 36 planches consacrées à la Passion, si on y comprend les trois dernières ; La Descente du St-Esprit, le Couronnement de la Vierge et la loussaint ; 9 des 10 autres traitent des épisodes de la vie du Christ ou de la Vierge antérieurs à la Passion ; la dernière a pour sujet le roi David Mais si cette dernière se trouve toujours parmi les planches du Brévaire, on ne peut admettre que les neuf autres forment une série complète d’illustrations de ce livre liturgique.

Dans un second inventaire, dressé au 16= siècle comme le premier, elles sont désignées sous les titres ;

« 10 figures neufves pour les Heures in-iô".

« 36 Passion de Nostre Seigneur M. de Voss inventor. «

Les 46 planches ne sont point destinées à deux ouvrages différents ; elles forment une seule suite qui aurait pu être employée dans une édition des Heures et ne cadrerait avec aucun autre ouvrage liturgique ; c’est pourquoi nous n’avons pas adopté le double titre fourni par les inventaires anciens, mais gardé celui que Plantin employa dans son Journal.

Les rédacteurs des inventaires postérieurs ne connaissaient plus les auteurs des planches ni leur destination ; au XVIH siècle, ils les désignent sous des rubriques générales et les englobent dans les collections plus nombreuses telles que « Vie de Notre Dame » ou « Vie du Christ. »

MAX ROOSES.

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