HISTORIQUE
que les piaule* i caoutchouc soient réparties un peu [ace du globe, «luis les limites de la zoneinter- Iropicale, il serubleque, pendant longtemps, les propriétés de substance ne lurent connues et utilisées qu'en riqu< In '"ii i ''''F- ol ',>s Europôena
raient encore, quand Christophe Colomb découvrit le Nouveau-Mond< \i dans la cinquième décade du De
\',m, de Pierre Martyr d'Anghiera, publiée vers 1525, . trouve la première mention du caoutchouc*. \'.< s habitants du Mexique et de leurs coutumes,
Leur italien écrit : h Bien qu'il s'agisse de choses Frivoles, il ne propos de «lire quelques mots <le leurs
jeux, < (n sait qu'ils <>nt des cornets de dés, puisqu'on les sur leurs (ouvertures, mais le jeu qu'ils préfèrent, bitants de nos îles, est avant tout le jeu de paume. rs |)icum fabriquées avec le sue d'une herbe ram-
bres, On dirai! des houblons qui grimpent dans les baies Ils cuisent le suc de ces herbes qui durcit au Ils en font des tas et chacun les façonneà sa fantaisie en leur donnant la forme qu'on veut On prétend que ce sont les de ces herbes qui. une fois cuites, leur donnent du m tout < sais comment ces paumes solides sont
i l'oblig* M. P. i. .in.ii.1, professeur k la Faculté <l<s
idil traducteur du tic Orbe Nota, de Pierre Martyr, >\nt i n?l<|iies-uos des renseignements historiques que nous
wulclmiii I
tellement élastiques que, quand elles touchent la terre, lancées même avec peu de force, elles bondissent en l'air et font des sauts à peine croyables. Les indigènes sont très adroits à cet exercice. Ils reçoivent la paume sur leurs épaules, leurs coudes, leurs têtes, rarement dans leurs mains, parfois sur leurs fesses, quand l'adversaire les envoie quand ils ont le dos tourné. Quand ils jouent à la paume, ils se mettent nus, comme des lutteurs. »
Les indications fournies à Pierre Martyr étaient, du reste, certainement en partie erronées, car toutes les plantes à caoutchouc d'Amérique sont des arbres et non des lianes !.
A cet égard, Sahaguu était mieux renseigné lorsqu'il écrivait en 1529, dans son Histoire générale des choses Je fa Nouvelle- Espar/ ne (publiée seulement en 1729): «... Un autre arbre, qu'on appelle ulequahuitl, est grand, haut et très touffu. II en découle une résine noire, qu'on appelle ulli. Elle est très médicinale et s'emploie contre presque toutes les maladies. C'est un remède pour les yeux, pour les abcès et pour les suppurations. On la prend avec du cacao. Elle est utile pour l'estomac, les intestins, les pourritures intérieures et la constipation. Celle résine devient très élastique. On en fait des pelotes à jouer qui sautent plus que des balles faites avec du vent. » (Trad. Jourdanet).
C'est un arbre aussi que signale Ilerrera dans son Histoire générale des gestes des Castillans dans les Fsles et Terre ferme de l'Océan, de Van 1492 et. 1526, éditée de UîUt à 1615. Cet autre auteur dit, en etîet, au sujet des naturels d'Haïti : « Ils avaient encore d'autres amusements, nolamment celui du jeu de paume, auquel est alfecté un emplacement spécial. Us se formaient en deux groupes opposés, et ils se renvoyaient les balles sans le secours d'une raquetle, par une certaine impulsion de quelque partie de leur corps, qu'ils exécutaient avec beaucoup d'adresse et d'agilité. Les balles étaient faites de la gomme d'un arbre ; très légères sous un grand volume, elles rebondissaient mieux que les balles à air de Castille. »
1. Il est bien peu probable ipi'îl s'agisse d'un Forsteronin.
ne l'ouvrage que publieil en 1613, à Sévi]
il fit-. Augustma Torque-
i qu'il ne t'.mt i ec le dominicain Jaan de
[ucmada, qui vivait il-- 1 :tss ,. | H'.s . .m la le passage sui-
II existe dans ce paya ''' Mexique . un arbri
litl par les Indiens, et qui u pour eux une grande
•<m chaude; s.i hau s feuilles sont rondes <■[ de couleur
Il fournit en ;ib Lui. ! une sorte de liquide qui est blanc
comme du lait, visqueux «*t goramaux, ■•( qui constitue toute ir".
Pour se profunM- li- lail «le Yulequahaitl, on applique un coup sur l' tronc de l'arbre, <•! l'on voil la liqueur couler immédiatement de l'incision, comme le sang d'une blessi Les indigènes la recueillent dans des calebasses rondes, de <liiideurs. i uiert plus de con-
.■i s<- prend en m ommeuses auxquelles On
te la forme qui convient a L'usage qu'on veul en faû . qui u ont point de calebasse se barbouillent 11* corps la matière liquide, •< mesure qu'elle sort de l'arbre ; par la ition, elle se convertit en une espèce de membrane qui [sèment, et dont l'épaisseur dépend de celle de la popos de s appliquer aui la peau. On doiu tte membrane encore molle la Corme voulue...
U* nom de lu substance obtenue on confecsballesàjouer, trèsrecherchéesautrefoisa cause de leur Vullï forme aussi des cuirasses ;> l'épreuve [lèches les plus acér* qui s'explique parla moll
itière, jointi Le rois et lea
ient habituellement aussi des chaussures â'aliL ads divertissements consistait a faire marcher l.nlins ave< une sorte «le chaussure pareillement en illi, mais d'une forme qui permettait difficilement de conserver la gaucherie des mouvements et les culbutes de ces pauvres gens excitaient la gai< ts de ri n i 'dateurs. Eniin les Espagnols du Mexique
d'ulli leurs manteaux, afin de les rendre imper-
méahles à la pluie, car il est certain que cette matière résiste merveilleusement à l'eau ; mais elle fond au soleil. »
Nous verrons plus loin que le nom d'uleqnahuitl est celui sous lequel les Mexicains désignent encore aujourd'hui l'arbre que Cervantes appelait, en 171)5, Caslilloa elaslica. CeCastilloa elastica serait donc ainsi le premier arbre à caoutchouc qui ait été signalé en Europe.
Mais, au reste, les divers passsages que nous venons de citer étaient passés complètement inaperçus, et aucun échantillon de la substance dont parlaient Ilerrera et Torquemada n'était parvenu en Europe ; et ce n'est que beaucoup plus tard, en 1736, que le savant français Charles-Marie de La Gondamine, qui, à cette date, faisait partie de la mission chargée de mesurer, dans la région équatoriale de l'Amérique du Sud, un degré du méridien, adressait de Quito à l'Académie des Sciences « quelques rouleaux d'une masse noirâtre et résineuse, connue dans cette ville sous le nom de caoutchouc (cauchuc, suivant l'ortographe espagnole). »>
La note qui accompagnait cet envoi ne fut pas publiée par l'Académie, mais de La Cnndamine la reproduisit dans l'article plus détaillé qui parut en lT.'il . dans les Mémoire* de V Académie des Sciences. Il y était dit :
« II croît dans les forêts de la province d'Esmeraldas un arbre appelé, par les naturels du pays hhéve (les Espagnols écrivent jévê) : il en découle par la seule incision une résine blanche comme du lait: on la reçoit au pied de l'arbre sur des feuilles qu'on étend exprès: on l'expose ensuite au soleil, où elle se durcit et se brunit d'abord extérieurement et ensuite en dedans. On en fait des flambeaux d'un pouce et demi ou deux pouces de diamètre, sur environ deux pieds de long : on les enveloppe d'une double feuille de bananier ou de Itihhao [bijciio) pour la contenir, quand elle est liquide et enflammée. Les flambeaux ainsi préparés s'allument sans mèche, et ne coulent point quand ils sont en place ; ils ont un peu d'odeur, mais qui n'est nullement désagréable : leur lumière est très vive ; et une moitié de flambeau préparé comme j'ai dit dure environ douze heures. J'ai appris, depuis
Quito, que L'arbre <l 'où l'on distille cette n».it :ir le bord de It rivière des Amazones, e(
les Indi i nomment caoutchouc. Ils enooui
de terre, de la forme d'une bouteill isent
ioule quand La résine est durcie Ces bouteilles sont plus
Laienl de verre, et ne sonl point sujettes
us si. n i .. Condamine ajoutai
• première note quelques détails, dont une partie avait été lans un article sur l'Amazone, paru <-n I dans les mêmes Mémoire» Il rappelait, entra autres !
auxquels lesOmaguas emploient cette résine dans
ntre ' du continent de l'Amérique méridionale, us
qui mit été loris étendus par l«'s Indiens du Para, on les
Portugais mil donné •• l'arbre qui produit I'- caoutchouc le nom
de boin seringue [p*o >/<• xiring* parce qu'ils font de cette
•nuques, a l'imitation des Omaguas résout tic
allons .nus. ■ I ■ - !.. ligure d'une poire, auxquels on
ite une canule. On moult- encore au Para cette malien en
différentes formes on en rail 'les figures d'animaux,
boules creui de compartimenta en creux
n relief, qu'on y imprime quand la matière est encore molle,
Un créole de Para fils d'une mère française de Cayenne, où il
me suivit en iT'ii. <. avait apporté un grand nombre de ces
ilhi L'attention des habitants sur
cherche de l'arbre qui produit cette résine. Ce! arbre,
jusqi tail inconnu dans la colonie, ou il vient d'être
i comme ou va le dire. »
Cette dernière phrase de l'article il'1 de La Condamine fait
< un second mémoire que le savant français adres-
méme Lemps que Le sien, .1 L'Académie, et dont l'au-
1 un ingénieur fronçais, ancien capitaine établi à la
1 1 nommé Fresi
1 qui Avaient, dit on, jadis la coutume d'oplali
1 nlif deux (ilnuchi - n. .m de têtes /
imail . Iialntent, bu point «1« ■ reneontre <l<-s frontières de
■ riiloiiis compris entre le .liiLiliv et le Pul
Ce Fresneau — qui était, raconte-t-on, d'une laideur telle qu'elle était la principale cause qui l'avait amené à quitter la France, et que, même en Guyane, il fuyait les hommes et recherchait la solitude des forêts, pour échapper aux railleries — avaitr remarqué ces divers objets que les Portugais ou les Indiens du Para apportaient, de temps à autre, à Cayenne ; et ces ouvrages « m'avaient, écrit-il, donné beaucoup de curiosité de connaître l'arbre dont on tirait cette résine : on prétendait qu'il ne se trouvait que sur la rivière des Amazones ; mais le terrain de Cayenne étant limitrophe, peuplé des mêmes animaux, et fertile en mêmes productions que les bords de l'Amazone, je ne doutais point qu'avec d'exactes recherches on ne parvint a découvrir cet arbre dans l'intérieur de notre colonie. »
Ces recherches restèrent cependant assez longtemps infructueuses, jusqu'au jour où le hasard mit l'ingénieur français en contact avec des Indiens Nouragues, fugitifs des missions portugaises de Ma va ea ré. Lorsque Fresneau se fut assuré que ces Indiens connaissaient le ]>ao jrir'nuja des Portugais, il les pria de lui faire, avec de la terre glaise, un modèle du fruit de l'arbre. Lui-même relit ensuite quelques modèles analogues et les distribua aux nègres chasseurs les plus intelligents. « J'en envoyai aussi h Aprouaguc, à la Comté et à Oyapock ; peu de temps après, j'eus la satisfaction d'apprendre que le sieur Mérigot. demeurant à Aprouague, y avait découvert un pied de l'arbre dont je lui avais donné le fruit modelé. » Fresneau piirlit aussitôt à Aprouague, où il put constater que les observations de Mérigot étaient exactes; et, quelques jours plus tard, il trouvait un grand nombre des mêmes arbreschpz les Coussaris, sur les rives du Mataruni.
Le mémoire dans lequel Fresneau expose les faits (pie nous venons de résumer se termine par la description de l'espèce que Fuset-Aublet, en 1702, nommait Ilcvca. yuyunonsi/t.
Quant aux arbres signalés dès 17W> par de La Condainine, il nous semble — c'est une remarque que nous sommes le premier à faire mais que nous croyons juste — qu'ils n'appartenaient pas, comme on le «lit toujours, si une seule espèce, mais à deux espèces bien distinctes.
tflSTORIi 7
Il tau! ooter, en effet, que de Li Condamine \it [arbre lu hhévé (Luis l.i province d'Esmeraldas, c'est-à-dire sur de Ni Cordillère, et que ce lui sans i s botaniques qu'il n'a pas qu'il admit <ju te même arbre qui, sur l>- vers
..I appelé par les Portugais du l'ara ptto xiring*.
10 xiringa du l'ara est évidemmeut VHcvea brasilien-
le Mueller d'Àrgovie Mus. comme rimis os croyons pas
qu'on n'ait jamais trouve. a .un une époque, (1rs représi ■niants
du genre fleoea a l'ouesl de la Cordillère, Vhhévë de la province d'Esmeraldaa était plutôt le Caatilloa elMitù
toit] ee qui demeure bien établi, c'est que les mières plantes caoutchoutifères connues furent les (lusfillna
iméricàin
Le a asiatiques ne furent signalées que («lus tard.
La première le lut en 17Ô8 dans Pile 'lu Prince-de-Galles,
ou de Poulo-Penang, pai an médecin anglais, .laines rlowison.
tait une Liane dont In substance étail employée, de temps
DSsi i ■■iii.ii ' 1 1 it ■ r i|ne, nulle | tari, < 1 ;t i > -. ses mémoires,
i Condamine ne dit qu'on employait ailleurs que dans lit province
• m d'bbévé I i li litre exact «le In note de Fresneau wriplion de r arbre teringu' ommi par te» Porli
■ le$ habitant» rf* la province d" E$m$ratda*. au nord*
■ dr Quito ; caoulch chez tea Wa
- teudraù Imettre que le non tVhétix qui
il surtout appliqué :m\ flecea, s'appliquait, en réalité,
il primitivement au ('aatiUoii etaatica El ce serait a la suite dell
faite par do La Condamine entre les arbn utchouc du
in de l'Amazone qu'Aublel donna le nom
il //<<>■) .i un genre il arbres qui a étaient [tas les h< i
Il esi 1res possible également, au surplus, que L'arbre que les Indiens mimaient caurlun- lii! aussi le <l;miiltn.i l'luxlica, puisqu'il esi lurd'bui qi lillnn se retrouve dons le bassin île l'Ams-
eommis d'erreur en disant
■ndamme que l'arbi - élait le même que
l'Esmeraldas. Ç'esl de La Coadamine qui, ne
plusieurs espèces de plantes ;'i raoul-
bre du Para, ■ t, par suite,
erl par Fresneau eu tîuyane — arbres qu'il n'avait vus
étaient - arbre qu'il connaissait.
immémorial, par les indigènes. Howison fit lui-même des gants, des bottes, des vêtements imperméables. La plante, que le médecin anglais appelait une « vigne à gomme élastique », fut nommée Urceola elastica par Roxburg. Ce dernier, de son côté, découvrit, en 1810, dans I'Assam, dans les forêts des bords du Brahmapoutre, l'arbre qu'il décrivit en 1832 sous le nom de Ficus elastica.
Jusqu'en 1860 environ, l'Amérique et l'Asie furent ainsi les seules contrées d'exportation dn caoutchouc.
Poiret avait bien, dès 1817, mentionné à Madagascar le Vahea yummifera Poir., mais le produit de cette espèce africaine n'apparut dans le commerce — et encore en bien minime quantité — qu'après l'Exposition de 1851 ; et enfin, quoique, en 1853, une factorerie française fût déjà établie sur les bords du Congo, et que, d'après le Catalogue des Colonies françaises à VExjtmition de 186$, on recueillît déjà, à cette époque, au Gabon, beaucoup de caoutchouc, il y a à peine une vingtaine d'années que des exportations importantes sont faites de la ente occidentale d'Afrique.
LK CAO! TCIKH C
Le caoutchouc est essentiellement Formé d'un hydrocarbure qui ;i la composition empirique des terpènes il1" 1111')", mais auquel -^ i < ■ 1 1 1 toujours s'ajouter, comme impureté, un dérivé de ce même hydro< lortion <!<• ce pro-
ituit d'addition varie d'un caoutchouc à l'autre, mais sa solubilité ne parait pas différer de celle du caoutchouc proprement dit : et, d'ailleurs, sa présence ne semble pas influer sensiblesur les allures chimiques de l'ensemble. Telle est la définition qu'adonnée récemmenl M. Cari Otto n-r. qui a modifié, en même temps, la théorie qui jusqu'alors a\ ait cours sur la solubilité du caoutchouc.
On admettait, en effet, depuis les observations, déjà
tenues, de Payen, que tout caoutchouc était un mélange de
deuxsub l'une soluble, l'autre insoluble., ei que ce qu'on
pou tenté de considérer comme une dissolution
-qu'on traite la gomme pur la benzine, l'éther, etc.),
lit, en réalité, que le résultat d'une interposition de la
substance dite adhesîve dans 1rs mailles de la