‹ Les plantes a feuillage coloréChapitre 24 sur 35 · CALADIUM PEINT. (PL · texte numérisé non relu

CALADIUM PEINT. (PL

AROIDEES.

Si les Aroïdées ne brillent pas par leurs fleurs, tout le monde conviendra du moins qu'ell'es sont au premier rang pour la beauté du feuillage. Nos espèces indigènes elles-mêmes, quoique relativement modestes si on les compare à celles des tropiques , ne sont pas dénuées d'intérêt sous ce rapport. L'Arum vulgaire de nos bois, plus connu sous le nom de Gouet et de Pied-de-veau ^ forme des touffes dont le vert foncé donne du relief à nos parterres, dans une saison où riiiver n'a pas encore abdiqué ses droits ; l'Arum d'Italie, presque aussi précoce, montre déjà sur son feuillage un vestige de ces bariolures colorées que nous retrouvons plus variées et plus vives chez les espèces tropicales. Et quoi de plus ornemental et de plus curieux que cet Arum criuitum et ce Dracuncuhis vulgavis de 1 Europe méridionale, dont les énormes spathes, d'un brun luride.

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exhalent, pendant la floraison, une odeur cadavéreuse si prononcée qu'elle attire les mouches de la viande, mais qui rachètent ce défaut par Fampleur de leurs feuilles, ou les bigarrures de leurs tiges? A côté d'eux se présente une toute petite et gracieuse espèce , Vjérisaruîii^ dont la frêle hampe florale se termine par un godet réticulé de pourpre, et elle est assez rustique encore pour braver nos hivers septentrionaux. Ainsi donc, dans cette brillante famille des Aroïdées, la coloration du feuillage, ou d'organes qui se rattachent aux feuilles par leur nature, n'est pas le privilège exclusif des espèces de la zone torride.

11 faut convenir cependant que c'est entre les tropi(|ues, et surtout dans la zone humide et ombreuse qui avoisine l'équaleur, que les Aroïdées se montrent dans tout le luxe de leur coloration. Nous en avons vu des exemples dans les Coladium argjrites^ Bicolor, Cliantiiii^ dans le Dieffenbacliia, le Pothos argyrea ; nous en reverrons de nouveaux exemples dans la suite de cette énumération de feuillages colorés; nous en avons une surtout dans la splendide espèce ici figurée, le Caladium pictum , introduit du Brésil en Europe, en 1850.

Un simple coup dœil jeté sur la figure qui accompagne ce texte suffit pour donner une idée de la plante. Son feuillage, moyen si on le compare avec celui des autres espèces du genre, est irrégulièrement marbré de blanc sur fond vert. Ce que la figure ne dit pas, c'est que les pétioles des feuilles sont souvent teints du plus beau pourpre. Ce beau feuillage persiste presque toute l'année, pour peu qu'on soutienne la chaleur autour de la plante, et qu'on lui donne de l'eau dans la proportion convenable.

Le Caladium pictum a le même tempérament que les espèces cidessus indiquées. Il réussit bien avec une température estivale de 22 à 27" centigrades; en hiver, 16 à 22* lui suffisent. On l'arrose copieusement en été, modérément en hiver ; l'engrais liquide, donné de temps en temps pendant la période de végétation, accroît remarquablement sa vigueur.

Pour les autres particularités de sa culture et sa nuiltiplication. nous renvoyons le lecteur aux articles des Caladium bicolor et Jrgyrites.

HOYA CAKNOSA VAKIEGATA,

HOYA CARNOSA VARIEGATA.

ASCLÉPIADE CHARNUE PANACHÉE. (PL. kit.

— ASCLÉPIADEES. —

Le genre Hoja est représenté aujourd'hui dans les serres par plusieurs espèces qui tiennent un rang distnigué comme plantes grmipantes. Les fleurs sont petites, il est vrai, mais elles compensent ce détaut par leur nombre, la délicatesse de leur structure et souvent par leur brillant coloris. Qui n'a souvent admiré, par exemple, les H. bel la et imperialis ? Celle dont nous avons à parler ici leur cède peu pour la beauté des fleurs, mais, ce qui lui donne surtout du prix, c'est la panachure de son feuillage, qui en fait presque une exception dans le genre.

VHoja carnosa est originaire de 1 Inde. Ses tiges sarmenieuses et grimpantes, autant que la vivacité du coloris de ses feuilles, en lont le rival du Cissiis discolor, auquel on l'associe quelquefois pour la

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décoration des treillis et des colonnettes dans les serres chaudes. Ses fleurs sont en ombelles pendantes, et contiennent toutes une goutte de nectar sucré, destiné à appeler les insectes chargés d'opérer la fécondation.

f.ette belle Asclépiadée ne demande pas une température trèshaute; 18 à 22" centigrades en été, 10 à 15 en hiver, lui suffisent pour acquérir toute sa beauté ; aussi peut-on dire qu'elle appartient à la seiTe tempérée aussi bien, mieux peut-être, qu'à la serre chaude. Elle se plaîi dans un sol léger, siliceux, bien drainé; plus ce sol sera maigre, mieux lespanachures se conserveront. On y aide encore en la tenant dans des pots un peu étroits, où ses racines éprouvent quelque gêne. Un point essentiel est de ne pas arroser avec excès, et surtout de ne donner de l'eau en hiver qu'autant que cela est nécessaire pour conserver la terre légèrement humide. La plante, avec ses feuilles charnues, tient du tempérament des plantes grasses, et, comme elles, elle est sujette à pourrir si les arrosages sont excessifs ou donnés inconsidérément. Pour la voir sous son meilleur jour, on la fait grimper sur un treillis de fil de fer disposé en forme de ballon, qu'elle ne tarde pas à couvrir entièn-ement de ses feuilles.

La multiplication n'offre aucune difficulté : elle se fait à l'aide de rameaux bouturés, et même de simples feuilles. Après les avoir détachés de la plante, on les laisse exposés à l'air pendant un jour ou deux, pour les laisser dégorger un peu de la sève qu'ils contiennent et sécher les plaies faites par l'instrument ; on les plante ensuite dans un pot ou une terrine remplie de terre de bruyère seulement humide, qu'on enfonce dans la tannée chaufTée à 22 ou 23". On arrose peu, tant que les racines ne se sont pas formées , parce que le plus léger excès d'humidité exposerait les boutures à pourrir. Si la chaleur est suffisante, la radification se f\ut promptement et les plantes deviennent dès lors faciles à élever. On les plante à part, chacune dans un pot, dès qu'elles ont acquis un peu de force, et, à partir de ce moment, on les traite comme les sujets adultes.

GRAPTOPHYLLUM PICT U M.

GR VPTOPHYLLUM PICTUM.

&RAPTOPHYLLÉE PEINTE, (pl. «jS. ^

— ACANÏHACÉES. —

Proche parente de \ Aphelandra Leopoldi dont il a été parlé cidessus (Pl. 27), la jolie Acanthacée qui fait le sujet de cet article est déjà une ancienne favorite de nos serres chaudes. Elle y date de 1815, époque où elle nous a été apportée de l'Inde.

C'est un arbuste de 2 à 3 mètres de haut, à feuilles hsses, vertes, portant, sur le milieu de leur lindje, une large macule d'un blanc jauncàtre, où l'imagination complaisante des jardiniers a voulu voir l'effigie d'une figure humaine. Nous n'affirmons pas que la ressemhlancesoit complète, mais, ce que nous nous plaisons à attester, c'est que l'arbuste est distingué v\ très-ornemental. De nièn»e que le

i)0 GRAPTOPIIYLLUIM PICTUM.

Croto/i varieiratum, il niiiie le plein soleil ; ;i mi-ombre, les leinles (le ses feuilles perdraient de leur vivacité.

Connue beaucoup d'autres Acànthacées de l'Inde, celle-ci se contente d'une température de 22 à 25" en été, et de 10 à 15" en hiver. Elle serait vraisemblablement de pleine terre dans les parties chaudes du midi de l'Europe, où nous ne sachons pas que la culture en ait été essayée. Dans les serres, on la cultive en pots ou en caisses, dans un mélange de terre argileuse et de terre de bruyère, auquel on ajoute une lionne dose de fumier de vache décomposé. Pour l'avoir tout à fait belle, il est bon de la tailler, afin d en régulariser la tête, et lui faire prendre une forme touffue.

La multiplication se fait de boutures, prises sur de jeunes liranches, qu'on pique en terre de bruyère et qu'on recouvre d'une cloche. La terre doit être chauffée à 20 ou 22". Les boutures s'enracinent d'ailleurs facilement ; dès qu'elles sont reprises, on les empote dans le compost indiqué ci-dessus, et on les découvre petit à petit, pour les habituer au contact de l'air.

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GALADIUM VSRSOHAPFELTI.

CALADIUM VERSCHAFFFXTII.

CALADIUM DE V E RS CH AFFELT. (Pl- 'iS.)

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