PLANCHE VI
Primulacée vivace croissant parmi les gazons ou les débris des rochers calcaires dans les Pyrénées, les Alpes, les Vosges et l’'Auvergne, et produisant des rameaux terminés par des rosettes plus ou moins serrées de petites feuilles lancéolées-oblongues, ciliées et blanchâtres-soyeuses. Ses fleurs étoilées, qui se montrent en mai-juin, sont blanches ou carnées, à gorge purpurine; elles forment une petite ombelle des plus gracieuses.
Le genre Androsace est formé presque exclusivement de plantes alpines et vivaces, par leurs tiges tantôt gazonnantes, tantôt tracantes. L'espèce qui nous occupe s'élève à une altitude peu considérable (entre 4,200 et 2,000 m.), mais la plupart des autres ne se renconrent que sur les sommités les plus élevées. C’est l’une des moins délicates, bien que cependant elle exige la culture en pots ou en terrines, comme aussi la terre de bruyère concassée et maintenue dans un constant état de fraicheur. Sa multiplication s’opère par l’éclatage ou même par le couchage, les rosettes de feuilles s’enracinant avec facité. La propagation des Androsaces alpines par semis est possible, mais elle exige des soins particuliers et pour ainsi dire assidus. Les graines seront semées de préférence à l’automne, en pots ou en terrines qu'on fera hiverner sous châssis. Point n’est besoin d'ajouter que la terre qui devra être employée sera toujours celle de bruyère. L'année suivante, lorsque le plant se sera suffisamment développé, il Sera piqué en pot qu’on laissera quelque temps sous châssis ombragé, et qu'on réunira plus tard à la collection proprement dite.
A l'exception de quelques espèces, telles que les À. mbricata Lamk, pubescens, DC., pyrenaica, Lamk et helvetica, Gaud., la plupart des Androsaces s’accommodent des conditions dans lesquelles nous pouvons les placer, mais toutes exigent la culture en pots. Nous
rappellerons, parmi ceux qui sont cultivés dans les belles collections, les A. obtusifolia, AÏ., carnea, L., Huettit, ce dernier, Si curieux par ses tiges feuillées qu'on prendrait pour celles d’un Polytrie, et si joli par ses fleurs rose foncé; A. lactea, L. et enfin l'A. lanuginosa, Wall., plante indienne, à longues tiges radicantes, à feuilles satinées blanchâtres, et à grandes ombelles de fleurs lilas pâle.
11, SAXIFRAGA OPPOSITIFOLIA L. — SAXIFRAGE À FEUILLES OPPOSÉES
Le Saxifraga oppositifolia, qui ne végète que sur les plus hautes montagnes, tantôt sur les rochers humides, tantôt dans les éboulis, croit en touffes plus ou moins denses et régulières, dépassant rarement 3 centimètres de hauteur. Sa souche est ligneuse et émet des tiges étalées, portant des feuilles opposées, oblongues, ciliées el imbriquées sur quatre rangées. Les fleurs sont sessiles, solitaires, grandes et rose satiné passant au violet en vieilhssant. On le trouve, mais très-rarement, à fleurs blanches.
C'est une plante charmante, peu délicate, et résistant même en pleine terre, où ses fleurs apparaissent de décembre à février, tandis que, dans leurs stations naturelles, elles ne se montrent que de juin à août, selon l’allitude.
Le Saxifraga oppositifolia est rangé dans la section Porphyrion, à laquelle appartiennent les S. Hflora, AIl., à fleurs aussi grandes, mais moins foncées, et S. refusa, Gouan, de taille extrêmement réduite.
La terre de bruyère concassée, comme aussi une exposition demi-ombragée, sont d’une absolue nécessité pour ces deux espèces, qu'on devra toujours cultiver en pots. Quant au S. oppositifolia, il se contente de terres de dépotage bien drainée, mais ne prospère, en réalité, qu'à mi-ombre. On le multiplie par le déchirement des rejets effectué à l'automne ou au printemps, ou encore par le bouturage des tiges adultes. Ses larges tapis produiront de l'effet sur les rocailles, surtout pendant leur floraison, qui, il faut le dire cependant, n’est que rarement abondante.