PLANCHE XXIII
Cette élégante Primulacée habite, dans les Alpes et les Pyrénées, les pelouses rocailleuses très-humides avoisinant les neiges. De sa souche oblique et radicante partent des feuilles toutes radicales pétiolées et épaisses, à limbe arrondi, entier ou finement crénelé, et, en juillet-août, traversant souvent la mince couche de neige qui recouvre. la plante, une petite hampe terminée par 1-4 fleurs campanulées, bleues ou violacées, très-rarement blanches, penchées et très-délicatement fimbriées,
La terre de bruyère plutôt tourbeuse que siliceuse, fraîche, bien drainée, et une orientation nord conviennent à cette charmante plante, qui exige aussi chez nous, où ses fleurs apparaissent en avril-mai, la culture en pots ou en terrines. Multiplication facile d’éclats.
Le S. montana, Willd., des Pyrénées, a des feuilles plus grandes. On cultive aussi le S. Clust, Gaud, ou pusilla, Baumg. et le S. minima, Hoppe, qui habitent les sommets des Alpes du Tyrol.
Il, HEDYSARUM OBSCURUM L. — SAINFOIN DES ALPES
Cette Légumineuse, qui croît dans les pâturages très-élevés ou dans les débris rocailleux des plus hauts sommets des Alpes dauphinoises, à une souche dure émettant des jets souterrains. Ses tiges sont étalées-dressées, hautes de 15 à 30 centimètres ; elles portent des feuilles alternes imparipennées, à 7-9 paires de folioles elliptiques ou oblongues, et, en juillet-août, de nombreuses fleurs violettes, plus rarement blanches, penchées, et dont la réunion forme une grappe lâche, oblongue.
Un sol léger, sablonneux, frais et additionné d’un peu d’ardoise pilée, convient à ce Sainfoin alpin qu’on peut cultiver en pleine terre. Sa multiplication n’est facile que par semis. Les graines serort semées le plus tôt possible après leur récolte, en pots qu’on hivernera sous châssis, et le plant sera mis en pleine terre quand :ïl se sera suffisamment développé.
GENTIANA ANDREWSII GRISEB. — GENTIANE D'ANDREWS
LLANCHE. XXIY
Cette Gentiane, qui appartient à la section Preumonanthe, est originaire de l'Amérique du Nord, la Caroline, le Canada, etc. Ses tiges sont ascendantes et portent des feuilles ovales-lancéolées moins longues que les radicales, et de belles et grandes fleurs tubuleuses, plissées, divisées au sommet en cinq petites dents conniventes; ces fleurs sont d’un beau bleu, sessiles et fasciculées.
La floraison du G. Andrewst a lieu en juin-juillet. C’est une fort belle espèce, qu'on doit cultiver en pleine terre meuble, légère, profonde, un peu fraîche et reposant sur un épais drainage; la terre de bruyère un peu tourbeuse lui convient. On ne peut guère multiplier cette plante par la division de ses souches non traçantes ; mais on le fait par semis effectués en pots, et le moins longtemps possible après la récolte des graines. Les pots sont hivernés sous châssis froids; le plant est séparé et mis de même en pots, où il sera prudent de le conserver un an ou deux avant de le planter en pleine terre.
Parmi les Gentianes appartenant à cette section, et qu'on voit parfois dans les belles collections, nous rappellerons le G. asclepiadea, L., des prairies humides et très-élevées du Dauphiné. C’est une fort belle plante, exigeant la pleine terre de bruyère un peu tourbeuse, concassée, fraiche et reposant sur un drainage épais.