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pluies et qu'il la rend petit à petit au terrain lorsque celui-ci en manque. Mais il a de grands inconvénients qui font qu’il n’est guère recommandable autrement qu'au point de vue décoratif et pittoresque. En effet, ses nombreuses fissures et ses innombrables trous se remplissent petit à petit d'herbes de toutes espèces qu'on ne peut détruire, parce que, pour les arra- Cher avec leurs racines, il faudrait enlever le tuf; la mousse s’y met aussi très facilement. Il faut encore remarquer que le temps le noircit, et qu'au bout de peu d'années une grotte en tuf prend un aspect sombre et noirâtre qui n'égaye plus le paysage. On a fait des rochers artificiels en scories de coke agglomérées, mais <e système peu naturel n’est excusable que dans les pays où la pierre manque.
En général, ce qu’il faut chercher à obtenir lorsqu'on établit une rocaille, c’est une construction se rapprochant le plus possible de la nature. On peut utiliser dans ce but les pentes de terrain, les talus, les bords des massifs, les murs et les diverses sinuosités du sol dans les grands parcs.
Le cimentage d’une rocaille doit se faire de manière qu'on n'aperçoive pas le ciment; c’est une habitude qu’on acquiert par l'expérience.
on Le meilleur moment pour procéder à ces travaux est le printemps et l’automne jusqu'aux premiers jours de novembre, mais si l’on retardait trop et que le gel surprit une rocaille fraichement construite on verrait celle-ci se fendre: et le ciment se désagréger.
Quelques amateurs ont reproduit en rochers:
artificiels les montagnes du pays qu'ils habitent. Nous avons à Genève des monts Salèves.
en miniature dans certains jardins; on rencontre aussi la chaîne de Pithons et d’autres montagnes encore. Au Jardin Botanique d'Innsbrück, les rocailles forment huit groupes différents et sont disposées de facon à représenter, par leur forme et leur composition géologique, les huit massifs du Tyrol. La nature de leurs roches correspondant à celle des montagnes qu'elles représentent, on conçoit qu'il soit. facile d’y cultiver la même flore. Cette disposition offre un grand avantage dans les jardins scientifiques exposés au public. Celui-ci peut, de prime abord, se faire une idée de:
la distribution géographique et géologique des plantes.
Les personnes qui voudraient construire elles-mêmes des rocailles feront bien de consulter l'ouvrage de M. Robinson, déjà mentionné
NAT 7 ici et intitulé Alpine flowers (*). Cependant, étant donnée l'importance du bon établissement d’un rocher au point de vue des cultures, je crois devoir recommander aux personnes qui n’ont pas la pratique de la chose de s’adresser à un cons- tructeur spécial. Elles ont tout à gagner en portant leur attention sur ce point, car le manque de réussite des cultures alpines provient généralement des défectuosités d’une rocaille mai faite.