‹ Les plantes exotiques ornementalesChapitre 20 sur 70 · EUCALYPTUS · texte numérisé non relu

EUCALYPTUS

11 y a trente ans, l'Eucalyptus globulus était un objet de curiosité. Quelques personnes de la locsjité s'en procurèrent, et, les sujets étant

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bientôt devenus trop grands pour la culture en pots, on s'en débarrassa en les mettant en pleine terre. Comme il se rencontra justement une série d'hivers très doux, les sujets devinrent en peu de temps de véritables arbres. Ces circonstances m'engagèrent à tenter l'introduction systématique de V Eucalyptus. Déjà, les expériences faites dans l'Ouest avaient montré qu'il existait des espèces plus résistantes que VE. glo^ bulus ; il était donc à espérer que les essais révéleraient des espèces pouvant résister complètement aux hivers de la région de l'Olivier.

La méthode que je suivis était bien simple. Je choisis dans les catalogues des marchands grainiers toutes les espèces qui étaient indiquées comme d'une rusticité relative, ou qui étaient originaires des montagnes de Yan-Diémen, je les semai, et je les essayai ensuite dehors, en grand nombre, en y joignant VE. globulus^ qui pouvait me renseigner sur la rigueur des hivers, et me servir de point de comparaison.

Les résultats furent tout différents de ce que j'avais supposé. D'abord, mon critérium disparut tout de suite ; tous les E. globulus de la région périrent pendant le grand hiver 1890-91, quelque grands qu'ils fussent, et, depuis lors, cette espèce s'est montrée rebelle à toute culture, les hivers étant constamment trop froids. Ensuite, un certains nombre d'espèces se maintinrent, pendant des périodes plus ou moin longues, alors que VE, globulus mourait chaque hiver. Il est donc établi indiscutablement que VE. globulus est un des types les moins résistants au froid, et que ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher une espèce capable de vivre dans la région.

Passons par-dessus les nombreux E ucalgpt us qui, comme VE. globulus, ont leur rameaux presque toujours gelés. Nous rencontrons alors deux espèces, VE. occidenlalis et VE. red-gum, trop peu résistantes, qui ont presque toujours leurs feuilles séchées, mais dont souvent les rameaux restent vivants. Au-dessus, se trouvent les E. roslrata et E. resinifera^ qui conservent en général non seulement leurs rameaux, mais même une partie de leurs feuilles vertes. Ces deux espèces, très semblables entre elles, sont fort au-dessus, comme résistance, de toutes les espèces précédentes, et elles sont devenues de grands arbres, pendant les années où VE. globulus était constamment gelé jusqu'à terre.

Au-dessus encore, se trouve VE. polyanlhemos^ qui ne perd que très

DANS LA RKCION DE l'OLIMKH l\i)

rarement ses feuilles, et qui n'a subi des dégâts importants que dans le grand hiver 1890-91 . Celui-là peut ôtre considéré comme acquis pour la région, car il ne faiblit que dans les années où faiblissent également des Lauriers roses^ dont la culture est générale dans les jardins du pays.

Une place à part doit être réservée à VE, urnigera, le seul qui n'ait pas eu ses feuilles gelées par le plus grand hiver. Cette espèce, qui semble être la plus résistante de toutes, n'a malheureusement pas les mêmes qualités ornementales que les autres ; il semble aussi qu'elle soit difficile sur le terrain, et qu'elle craigne la sécheresse. Ces réserves m'empêchent de lui assigner la première place, où YE. polyanthemos promet de la remplacer avantageusement.

E. alplna.

Essayé de 1890 à 1892.

RÉSISTANCE nulle, sans abri.

E. amygdalina.

Essayé de 1886 à 1888.

RÉSISTANCE presque nulle, sans abri. Gèle facilement, et, s'il repousse, ne tarde pas à mourir.

E. calophylla.

Essayé de 1890 à 1892.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Trois pieds, essayés pendant des hivers froids, sont morts.

E. citriodora.

Essayé en 1888.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Le seul pied essayé est mort.

Culture. — Intéressant à conserver en orangerie, à cause de l'odeur pénétrante de ses feuilles. L'espèce est grêle et peu encombrante. Les horticulteurs ne donnent pas toujours la véritable espèce, à forte odeur de citron.

E. cocclfera.

EssAYÉdel887àl893.

RÉSISTANCE parait presque nulle, tous les pieds essayés étant morts.

soit tout de suite, soit au bout de deux à cinq ans ; mais je ne considère pas l'expérience comme définitive pour cette espèce, car VE, coccifera passe pour une espèce assez résistante, et cependant je n'en ai jamais obtenu par semis que des pieds grêles qui n'ont jamais été en bon état, môme en orangerie. 11 y a peut-être là une question de sol, ou peut-être les graines n'étaient-elles pas de l'espèce essayée avec succès sur les côtes de TOcéan. En tous cas, je n'ai jamais pu planter dehors que des sujets très petits et semblant souffrir de la sécheresse.

E. colossa.

Essayé de 1888 à 1892 et de 1895 à 1896.

RÉSISTANCE nulle, sans abri.

E. coriacea.

Essayé en 1890.

RÉSISTANCE parait nulle, sans abri. Deux pieds essayés pendant un hiver froid sont morts, mais ils étaient déjà un peu secs en été.

E. cornuta.

Essayé en 1888.

RÉSISTANCE nulle. Deux pieds essayés sont morts.

E. corynocalyz.

Essayé de 1888 à 1892.

RÉSISTANCE nulle, sans abri.

E. globulus.

Essayé de 1886 à 1892 et de 1898 à 1902.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Les sujets qui repoussent parfois du pied ne tardent pas à mourir.

E. gunnii.

Essayé de 1886 à 1893.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Gèle chaque année jusqu'à terre, et meurt, soit tout de suite, soit au bout d'un ou deux hivers.

E. melanozylon.

Essayé de 1886 à 1891.

RÉSISTANCE presque nulle, sans abri. Le seul pied essayé a gelé et repoussé successivement, toujours très petit, et a fini par mourir.

E. melliodora.

Essayé de 1886 à 1902.

RÉSISTANCE presque nulle, sans abri. Gelé chaque année, meurt, soit tout de suite, soit au bout d'un ou deux hivers. Un pied, parmi un grand nombre, s'est montré plus solide, et vit depuis onze ans, formant chaque année un petit rejeton sans aucune valeur.

E. obliqua.

Essayé de 1889 à 1891 .

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Deux pieds essayés sont morts.

E. ocddentalis.

Essayé de 1888 à 1902.

RÉSISTANCE à peu près nulle, sans abri. Gelé chaque année, meurt soit tout de suite, soit au bout d'un ou deux hivers. Un pied, parmi un grand nombre, s'est montré plus solide, et vit dehors depuis onze ans. Profitant de quelques hivers doux, il était devenu fort, mesurant 4 mètres de haut, avec un tronc de 8 centimètres de diamètre ; mais l'hiver rigoureux de 1899-1900 l'a fortement éprouvé, en le gelant en grande partie. Rabattu à 1 mètre au-dessus de terre, il a repoussé vigoureusement ; il atteignait déjà près de 3 mètres l'année suivante, mais ses feuilles ont séché l'hiver d'après, très doux cependant, tandis que celles des E. resiniferay roslraia et polyantkemos restaient vertes. Sa résistance est donc nettement plus faible que celle de ces espèces, même pour un pied exceptionnellement vigoureux et résistant.

E. plperlta.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Le seul pied essayé est mort.

E. polyantbemos.

Essayé de 1886 à 1902,

\*2 PLANTES EXOTIQIKS A CULTIVER

Bel arbre à croissance moyenne, à feuilles de Peuplier, d'un vert cendré ; cette forme de feuilles le distingue nettement de tous les autres Eucalyptus et lui donne un aspect particulier. Bel ornement, et seul Eucalyptus que je puisse conseiller. Feuilles persistantes.

Les détails que je vais donner sur la résistance au froid ne concernent que r^. polyanthemos type, reconnaissable à la forme de ses feuilles. Un marchand grainier m'a fourni un jour des graines donnant des sujets à feuilles lancéolées qui n'avaient aucunement les caractères de résistance de l'espèce dont je m'occupe ici.

RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Plus résistant que VE, restai fera. Les feuilles restent vertes pendant les hivers moyens, et les arbres ne souffrent pas. Pendant l'hiver rigoureux 1899-1900, beaucoup de feuilles ont été séchées sur les pieds vieux, et les plantes les plus jeunes ont été gelées jusqu'à terre ; elles ont repoussé l'année suivante, de la souche. Enfin, le grand hiver 1890-91 a fait périr la moitié des sujets, alors très jeunes ; les autres ont gelé jusqu'à terre, et ont repris au printemps, pour continuer à croître ensuite.

Bien que cette espèce ne paraisse pas croître avec la rapidité de r^*. resini fera j yen possède de grands sujets, dont l'un avait 7 mètres de haut en 1898. Etêté pour l'empêcher de devenir trop grêle, il avait, en 1900, un tronc de 15 centimètres de diamètre.

Culture. — Ne paraît pas difficile sur le choix du terrain, et se transplante facilement.

Multiplication de semis.

E. red-grum.

Essaye do 1886 à 1902.

RÉSISTANCE incomplète, quoique bien au-dessus de celle de VE, globulus. Perd toujours toutes ses feuilles, très souvent ses rameaux, ot fréquemment sa tige. Tous les sujets sont morts en 1890-91. Depuis lors, il s'est trouvé, dans le nombre, quelques pieds qui ont donné une bonne végétation, tout en perdant leurs feuilles et souvent leurs rameaux. L'un deux, devenu très grand, a été gelé en 1899-1900 ; il a fallu le couper à 2 mètres au-dessus du sol, mais, depuis lors, il est en mauvais état ; le tronc avait 14 centimètres de diamètre.

Multiplication par semis.

DANS LA RÉGION DE l'OLIVIER /|3

E. reslnlfera.

Essayé de 1886 à 1902.

Bel arbre, à grandes feuilles lancéolées et à croissance rapide. Bel ornement, malheureusement peu sur. Feuilles persistantes.

RÉSISTANCE incomplète, au-dessus de celle de 1'^. rostrata^ et audessous de celle de VE, polyanthemos. Les jeunes pieds paraissent résister sensiblement mieux que ceux de VE. rostrata^ei sont rarement gelés jusqu'au sol. Certains ont survécu à l'hiver 1890-91. Les feuilles tantôt se conservent toutes vertes, tantôt sèchent en plus ou moins grand nombre. Les rameaux sont rarement ^elés ; ils l'ont cependant été en 1899-1000, mais ils ont repoussé vigoureusement sur toute la longueur du tronc, qui avait 15 centimètres de diamètre.

Multiplication par semis.

E. risdonl.

Essayé en 1886.

RÉSISTANCE nulle. Les deux pieds essayés sont morts.

E. rostrata.

Essayé de 1886 à 1890 et de 1895 à 1902.

Bel arbre, à feuilles lancéolées et à croissance rapide, difficile à distinguer de VE. resinifera. Bel ornement, malheureusement peu sûr. Feuilles persistantes.

RÉSISTANCE incomplète, sans abri, au-dessus de VE^ red-gum et audessous de r^*. resinifera. Les jeunes pieds sont gelés facilement, et meurent en peu de temps, s'ils rencontrent un hiver rigoureux. Si l'on a la chance de rencontrer d'abord deux hivers doux consécutifs, les arbres deviennent beaucoup plus résistants. Ceux de 1895 se sont bien comportés jusqu'à ce jour, donnant, au bout de trois ans de plantation, des arbres atteignant 6 mètres de haut, avec un tronc de 8 centimètres de diamètre. Les feuilles tantôt se conservent toutes vertes, tantôt sont sécbées en plus ou moins grand nombre. En 1899-1900, les rameaux, même forts, ont été gelés, et les troncs ont dû être coupés à 1 m. 50. Enfin, pendant le grand hiver de 1890-91, tous les sujets alors jeunes avaient péri.

Multiplication par semis.

E. rubra.

Essayé de 1890 à 1894.

RÉSISTANCE presque nulle, sans abri. Un pied est mort, un autre a gelé chaque année, pour repousser ensuite, et a fini par mourir.

E. stuartlana.

Essayé en 1886.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. Les deux pieds essayés sont morts.

E. urnlgera.

Essayé de 1888 à 1902.

Espèce à croissance beaucoup plus lente que les autres^ à port étroit, pyramidal, à feuilles peu fournies, petites, lancéolées, presque ovales, d'un vert gai. Cette espèce est peut-être la plus solide, mais est certainement beaucoup moins belle que les autres. Si je m'appesantis quelque peu sur elle, c'est à cause de sa grande résistance au froid, mais je pense que ses qualités ornementales sont trop faibles pour faire passer par-dessus les difficultés de sa culture. Feuilles persistantes.

RÉSISTANCE presque complète, sans abri, au moins aussi grande que celle de V E , polyanthemos. Les jeunes pieds sont morts dans le grand hiver 1 890-91 ; d'autres jeunes pieds ont eu la plupart de leurs feuilles séchées pendant l'hiver rigoureux 1899-1900. En dehors de ces deux hivers, les feuilles sont toujours restées vertes ou parfois tachetées, mais jamais sèches.

Un pied plus fort, de 2 mètres de haut, est le seul de tous les Eucalyptus qui ait conservé toutes les feuilles vertes pendant le grand hiver de 1890-91, et qui ne se soit aucunement ressenti de cet hiver exceptionnel. En 1892, ce sujet avait h mètres de haut ; il est mort l'année suivante, après avoir séché pendant l'été. Un autre pied, planté à la même place, est mort de même, après avoir atteint 6 mètres de hauteur en six ans. L'examen des racines et du sol a montré que ces arbres n'avaient pas pu pivoter, ayant rencontré le rocher à moins de 80 centimètres de la surface.

Culture. — Semble un peu difficile à la reprise. Du reste, il est probable que le terrain d'expérience est trop sec pour cette espèce, car elle souffre et sèche assez souvent en été.

Multiplication par semis.

DANS LA RÉGION DE L*OLIVlER 4^

E. viminalis.

Essayé de 1886 à 1889.

RÉSISTANCE nulle, sans abri. 11 est possible que les nombreux pieds essayés aient succombé à la sécheresse du sol plutôt qu'au froid, car cette espèce aime les lieux inondés.

E. [species?)

Essayé de 1891 à 1902.

Le pied unique dont il est question ici est venu dans un semis d'E. polyanthemos^ auquel il se trouvait mêlé. Je n'en connais pas encore le nom, mais il ressemble à un Saule, avec les feuilles semblables à celles de VE, viminalis. Je crois devoir le citer, bien que sans nom, pour faire remarquer qu'il y a une espèce à feuilles étroites capable de résister assez bien dans ce pays. Feuilles persistantes.

RÉSISTANCE partielle, sans abri. Les feuilles restent parfois vertes l'hiver; d'autres fois, elles sèchent. L'arbre avait 6 mètres de haut en 1898, avec un tronc de 14 centimètres de diamètre. L'hiver vigoureux de 1899-1900 a gelé l'arbre en grande partie. Rabattu à 1 mètre audessus du sol, il a produit de nombreux rameaux, et avait déjà 3 mètres de haut l'année suivante. Il continue à prospérer.

GALLISTEMON

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