OPUNTIA
h^ Opuntia n'était connu dans le pays que par VO. ficus-indica, cultivé rarement dans les jardins. Cette espèce si vigoureuse, que j'ai vue acquérir de grandes dimensions, n'est malheureusement pas assez résistante pourjpouvoir être conservée longtemps, mais elle peut être remplacée par d'autres plus belles, qui sont beaucoup moins sensibles au froid. C'est ainsi que Ton pourra tirer un très bel ornement des 0. coccinellifera^ 0. crassa^ et surtout du magniiique 0, robusla^ dont les raquettes cendrées atteignent des dimensions énormes ; VO, arborescens donnera une superbe plante en forme de cierge ramifié, et VO. decipiens^ moins robuste, fournira une plante traînante, rameuse et couverte d'épines. Enfin, lesO. vulgaris eiO.rafinesquiana^ qui peuvent être cultivés partout, fourniront un curieux ornement pour les petites rocailles.
O. coccinellifera.
Essayé de 1889 à 1902.
Articles dressés, de 10 X 25 à 15 X /40centimètres,en raquettes ovalesallongées, d'un vert cendré, peu épaisses ; sans aiguillons.
DVNS LA RKGïON DE l. OUVIKR i>3
Cette plante m'a été fournie sous trois noms dillérents : O. coccinellifera^ O. dillenii et 0. maxima. Ces divers sujets m'ont paru absolument semblables, et m'ont semblé appartenir, d'après la description de Labouret, à VO. coccinellifera,
La culture de cette espèce peut être conseillée, car la plante ne souffre que rarement, et elle acquiert un beau développement. Toujours verte,
RÉSISTANCE incomplète, sans abri. Les hivers moyens n'ont aucune action fâcheuse. Les hivers très rigoureux, comme celui de 1899-1900, gèlent une partie des rameaux. Quant au grand hiver 1890-91, il a gelé le jeune pied qui était seul dehors à cette époque.
Culture. — Il est préférable de ne mettre aucun abri, pour éviter la pourriture.
Multiplication par boutures.
O. leucotricha.
Essayé de 1892 à 1902.
Articles en raquettes ovales, de 15X20 sur 12X'l5 centimètres, d'un vert un peu clair, très épineux, épais. Aiguillons très nombreux, blancs, de 1 à 2 centimètres sur les jeunes pousses, mais s'allongeant ensuite jusqu'à 8 centimètres, très minces, souples, finissant par former une chevelure blanche.
RÉSISTANCE partielle, sans abri. Souvent gelé l'hiver; cependant, un pied a repoussé vigoureusement après l'hiver rigoureux de 1899-1900. Malgré cela, on ne peut conseiller cette espèce qu'en orangerie, où elle produit un joli effet.
O. tuberculosa?
Essayé de 1894 à 1902.
La plante qui m'a été fournie sous ce nom se rapproche à la fois de YO, nigricans^ de l'O. monacantha et de VO. caracasana^ sans que je puisse trouver dans Labouret une description cadrant complètement avec ses caractères.
Articles en raquettes, divariqués, ovales-allongés, de 8 X 20 à 15 X 40 centimètres, vert franc, très épineux, épais. Aréoles tubereulées.
fauves. Aiguillons blancs, un ou deux, mais très forts, atteignant jusqu'à 7 centimètres.
Cette plante peut être utilisée comme ornement, mais surtout pour couvrir le sol, car la plante monte peu et a de grandes tendances à s'appuyer sur le sol, malgré la grandeur de ses articles, ce qui la rend certainement moins intéressante. Toujours verte.
RÉSISTANCE presque complète, avec et sans abri. N'a pas eu à subir le grand hiver de 1890-91, mais a traversé sans grand dommage celui de 1899-1900, pendant lequel quelques articles ont seulement été tachés.
Multiplication par boutures.
O. monacantha.
Essayé de 1892 à 1901.
Articles en raquettes, très longs, de SX'IO centimètres, très comprimés, d'un vert clair, brillant, avec grands aiguillons de 2 à 4 centimètres, solitaires ou par deux, d'un effet décoratif.
RÉSISTANCE partielle, avec ou sans abri. Sèche souvent jusqu'au sol pendant les hivers moyens, puis repousse. Mort complètement pendant l'hiver rigoureux de 1899-1900. Ne peut être conseillé qu'en orangerie, où il est très décoratif.
O. flcus-indica.
Essayé de 1886 à 1891.
Une plante qui m'a paru être de la même espèce m'a été fournie sous le nom d'O. spalhulala.
Articles en forme de raquettes, ovales allongés, de 10 X 25 à 15 X 'i^ centimètres, vert franc, peu épineux, épais et presque sans aiguillons.
RÉSISTANCE incomplète, sans abri. Dans une série d'hivers très doux, j'en ai vu un pied devenir superbe, atteindre 1 m. 50 de haut sur 2 mètres d'envergure, tivec AO raquettes, mais tous les pieds sont morts en 1890-91, et, depuis lors, il n'a plus été possible d'en conserver plus de deux ans, la plupart étant même gelés tout de suite. Il est donc impossible, malheureusement, de tirer parti de cette plante, comme sa croissance rapide le faisait espérer. Elle est, du reste, avantageusement remplacée par
DANS LA RÉGION DE l'oLIVIER Sj
rO. robusta^ qui a traversé, sans être atteint, les hivers auxquels succombait VO, ficuS'indica.