AGAVE
Il y a longtemps déjà que VA . americana a été introduit dans les jardins de la région, où il se comporte d'une manière satifaisante ; VA. salmania peut devenir un rival aussi beau peut-être, mais qui n'en diffère pas beaucoup. Tout autre est Y A. applanata^ qui est aussi raide que VA, americana est souple et contourné. L'^. applanata est, en son genre, une aussi magnifique acquisition que V Opuntia robusta^ Quant aux petits A. filifera et A. heleracantha^ ce sont de fort jolies plantes de petite dimension.
DANS LA RÉGION DE l'oLIVIER IO9
A. salmiana.
Essayé de 1890 à 1902.
Cette superbe plante a beaucoup de rapports avec VA. americana^ mais les feuilles sont d'un vert foncé, plus larges et bordées d'épines plus fortes et plus crochues. Toujours vert.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Je renverrai pour les détails à VA. americana^ dont la résistance est très analogue, bien que VA. saU miana paraisse un peu plus sensible au froid.
Multiplication par drageons.
A. ferox.
Essayé en 1894, et de 1897 à 1902.
Feuilles n'atteignant pas un mètre, à Nice, mais extrêmement larges, d'un vert sombre et bordées d'énormes épines crochues.
RÉSISTANCE incomplète, même avec abri.
Il n'y a guère d'hiver où quelques feuilles n'aient à souffrir, au moins pour les pieds jeunes essayés. C'est à regretter, car la plante a un port réellement curieux, et il est dommage qu*on ne puisse pas la cultiver.
A. scolymus.
Essayé en 1890.
RÉSISTANCE mal connue. Un seul pied, jeune, essayé sans abri pendant l'hiver le plus froid (1890-91) n'a pas résisté. De nouvelles expériences seraient utiles.
A. americana.
Essayé de 1887 à 1902.
Belle plante, atteignant ici 2 mètres de haut et 2 mètres d'envergure. Feuilles dépassant 1 mètre de long, recourbées gracieusement, épaisses, larges d'environ 20 centimètres, d'un vert glauque cendré, terminées par une forte épine. Déjà cultivé dans quelques jardins du pays. Toujours verl.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. La plante ne se ressent aucunement des hivers doux et grandit vite. Les hivers rigoureux ou la neige prolongée gèlent parfois en partie les feuilles recourbées, surtout à la courbure, ou bien les feuilles étalées, tandis que les feuilles érigées
n'ont pas à souffrir ; mais la plante est rapidement remise. Seul, Thiver exceptionnel de 1890-91 a causé la mort de la plupart des pieds de fort ' volume, qui ont fourni l'année suivante une multitude de drageons, car les drageons en terre ne meurent pas.
Multiplication par drageons.
A. striata(i4. americana, var.).
Essayé de 1895 à 1902.
Même port que VA, americana^ dont ce n'est qu'une variété, mais à stries jaunes, étroites et sans ordre, parcourant les feuilles longitudinalement. Toujours verl,
RÉSISTANCE et MULTIPLICATION commc VA. americana.
A. amerioana (var. variegala).
Essayé de 1887 à 1902.
Belle variété, à feuilles largement panachées de jaune sur les bords. La plante est moins forte et moins dressée que le type, à mesure qu'elle est plus panachée, les feuilles très jaunes étant volontiers traînantes et très contournées ; elles sont aussi plus étroites. Toujours verl,
RÉSISTANCE moins grande que le type. Les formes très panachées souffrent souvent du froid et ne viennent bien qu'à bonne exposition. Cette variété ne sera donc cultivée que comme ornement de second ordre, dont on puisse se passer sans que cela nuise trop à l'effet général.
Multiplication par drageons.
A. milleri-plota (-^1. americana^ var.?).
Essayé en 1894.
C'est encore une variété de VA, americana^ mais celle-ci est panachée de jaune au milieu des feuilles.
RÉSISTANCE semble nulle, deux pieds essayés en 1894-95, hiver doux, n'ayant pas résisté.
A. applanata.
Plante à port superbe par la rigidité extrême de ses feuilles, et
entièrement différent de celui des autres espèces. Elle est moins élevée
que TA. americana^ mais un âuj et planté très jeune atteint déjà ici, au bout de six ans, un diamètre de 1 m. AO. Feuilles de ce pied longues de 50 centimètres, extrêmement rigides, abords droits, larges de 7 centimètres à la base, d'un glauque très clair, cendré, terminées par un aiguillon très long et très fort. Toujours vert.
RÉSISTANCE incomplète, avec et sans abri. Supporte sans souffrir, sans abri, les hivers doux et moyens, mais est gelé pendant les hivers rigoureux^ au moins si les pieds sont jeunes ; plus tard, ils deviennent plus résistants. Les jeunes pieds ne semblent pas se trouver bien de la couverture d'un paillon, sous lequel ils pourrissent facilement.
Malgré ces restrictions, je conseille vivement la culture de cette magnifique espèce, qui fournira presque toujours un bel ornement, si l'on a soin de ne pas la planter trop jeune.
Multiplication par graines ou drageons, mais drageonne très peu.
A. vivipara.
Essayé de 1891 à 1895.
RÉSISTANCE mal connue. Deux pieds de cette belle espèce, essayés successivement pendant des hivers rigoureux, ont pourri en partie et n'ont pas tardé à mourir.
A. lisbaudi.
Essayé en 1890.
RÉSISTANCE mal connue. Un seul pied, essaye sans abri pendant le grand hiver de 1890-91, n'a pas résisté.
A. longifolia.
RÉSISTANCE mal connue. Un seul pied, essayé sans abri pendant le grand hiver de 1890-91, n'a pas résisté.
A. fllifera.
Essayé de 1891 à 1902.
Petite plante intéressante, qui n'a encore atteint ici qu'un diamètre de 60 centimètres. Feuilles très nombreuses, de 20 centimètres de long
sur 3 centimètres de large, avec quelques longs poils blancs sur les bords. Toujours ver le.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Souffre parfois, dans les hivers les plus rigoureux.
Multiplication par drageons, mais drageonne très peu.
A. heteraoantha.
Essayé de 1894 à 1902.
Petite plante intéressante, qui n'a encore atteint ici que 50 centimètres de diamètre. Feuilles très nombreuses, de 20 centimètres sur 3 centimètres, bordées d'épines recourbées, souvent teintées d'une bande plus claire au milieu (var. unioittata). Toujours verte.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Souffre parfois, dans les hivers les plus rigoureux.
Multiplication par drageons, qui poussent nombreux.
A. yucoadfolia.
Essayé en 1893.
RÉSISTANCE probablement nulle. Un seul pied, essayé sans abri pendant un hiver moyen, n'a pas résisté, malgré un bon empaillage.
BESGHORNERIA
B. argyrophylla.
Essayé de 1890 à 1902.
Plante à feuillage ornemental, glauque, ressemblant en plus petit a celui des Agaves, mais herbacé. Très bonne pour Tornementation des pelouses. Peut être conseillée.
RÉSISTANCE incomplète. La plante, empaillée en automne, perd seulement ses feuilles extérieures ; les autres s'étiolent et reverdissent au printemps. Végétation extrêmement vigoureuse, floraison très fréquente, sur plusieurs hampes à la fois.
Culture. — Empailler la plante en automne.
Multiplication par éclats.
DAxNS LA RÉGION DE L^OLIVIEft ll3
LILIAGEES
Cette famille est très importante pour Tornement, car elle comprend les Yucca^ les Aloe, les Dracœna et les Dasylirion. Je mettrai d'abord de côté les Aloe^ dont les représentants résistants ne valent pas la peine de la culture. Les trois autres genres, au contraire, fournissent des plantes d'ornement de premier ordre.
En 1899-1900, les plantes de cette famille ont eu à souffrir d'un dégât qui n'est pas commun. Après une forte chute de neige, qui avait couvert les têtes des plantes, il est tombé du verglas qui a fait bloc avec la neige, et puis une seconde neige par-dessus. Le poids étant considérable, toutes les feuilles étalées, qui étaient ainsi tenues, se sont cassées ensemble, près de leur naissance, mais en restant attachées à la plante par la moitié inférieure de leur épaisseur. La neige fondue, ces feuilles sont ainsi restées pendantes, laissant un espace vide entre les feuilles supérieures, érigées, et les feuilles plus vieilles, déjà pendantes. Cet espace vide n'a pas été long à combler, et il n'était plus guère visible à la fin de l'été chez les Dracœna et les Dasylirion^ mais il n'en est pas de même du Yucca aloifolia, où le dégât est encore visible au bout de deux ans, à cause de la rigidité des feuilles. De plus chez ce Yucca^ les feuilles, étant légèrement canaliculisées, ont été forcées par la cassure, en sorte qu'il s'est formé en outre une fente longitudinale. Enfin la rigidité même de ces feuilles leur a fait conserver l'eau de fusion de la glace, de sorte qu'elles ont été en partie gelées et desséchées. Ainsi, dans cet hiver de 1899-1900, ce sont les Yucca aloifolia qui ont le plus souffert. Plusieurs d'entre eux, du reste, ont eu la tête brisée par le poids de la neige.
Outre le Yucca aloifolia uariegata^ d'un si bel aspect, je citerai les Y. glaucescens et Y. pendula^ et, dans un autre genre, le magnifique y. treculeana. Les Liliacées fournissent encore le Dracœna indivisa^ qui devient grand comme un arbre, et les charmants Dasylirion gracile et D. longifolium^ qui fournissent des motifs décoratifs extrêmement gracieux.
IK| PLANTES EXOTIQUES A CLLTÎVEli
TUGGA
Y. aloifoUa.
Essayé de 1886 à 1902.
Belle plante de 3 mètres de haut, très ornementale, bonne à cultiver, surtout la variété à feuilles larges, qu'il faut préférer. Feuilles rigides, épaisses, très piquantes. Vaste panîcule florale. Toujours verte,
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Dans le grand hiver 1890-91, il y a eu quelques feuilles séchées, et en 1899-1900, la neige et le verglas ont brisé quelques rameaux et même cassé des feuilles, par leur poids. Quelques feuilles ont été aussi grillées par le froid pendant ces hivers.
Y. aloifolia (var. variegata).
Essayé de 1890 à 1902.
Magnifique variété, beaucoup plus belle encore que le type, dont elle diffère par la couleur de ses feuilles panachées de jaune sur les bords. Les horticulteurs m'ont aussi fourni, sous les noms de Y. tricolor et de y, quadricolor des sujets sur lesquels leurs yeux exercés distinguaient trois et même quatre couleurs, et dont les prix croissaient en proportions. Toujours vert,
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Je dois signaler cependant que, plus souvent que pour le type, et notamment au cours des deux grands hivers de 1890-91 et de 1899-1900, quelques feuilles ont été tachées ou gelées. Gomme il arrive presque toujours, la variété panachée est un peu moins résistante que le type.
Multiplication par boutures.
Y. baocata.
Essayé de 1890 à 1902.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. N'a souffert qu'une fois, pendant le grand hiver de 1890-91, où les feuilles ont été toutes gelées.
Y. californica.
Essayé de 1890 à 1893.
RÉSISTANCE partielle, sans abri. Les feuilles sont gelées par les grands froids.
' li
Y. draconis.
RÉSISTANCE mal connue. Le seul pied essayé a été mis en terre au moment du grand hiver de 1890-91 et a succombé.
Y. filamentosa.
Essayé de 1886 à 1902.
Petite espèce acaule, sans intérêt. Toujours vert,
RÉSISTANCE complète, sans abri.
Y. glaucescens.
Essayé de 1891 à 1902.
Belle plante, d'un port ornemental, à feuilles larges, retombantes, rappelant celles du Y. pendula^ mais peut être encore plus belles. Toujours verte.
RÉSISTANCE complète^ sans abri.
Y. gloriosa.
Essayé de 1889 à 1902.
Je ne puis pas bien juger du développement de cette espèce, car elle est surtout remarquable par son immense panicule florale, et je n'ai jamais été présent lorsque la floraison s'est produite. Toujours vert.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Les feuilles sont assez souvent tachées, jaunies ou cassées. La neige de 1899-1900 a causé quelques dégâts.
Y. pendula.
Essayé de 1886 à 1902.
Belle et grande plante de 2 mètres de haut, à feuilles larges, minces, retombant gracieusement. Belles panicules florales. Toujours verte.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Quelques feuilles seulement sont séchées pendant les grands hivers ; la neige et le verglas en ont cassé un assez grand nombre en 1899-1900.
Il6 PLANTES EXOTIQUES A CULTIVER
Y. smethiana.
Essayé en 1890.
RÉSISTANCE mal connue. Un seul pied a été essayé pendant le grand hiver 1890-91 et n'a pas résisté.
Y. smithii.
Essayé de 1891 à 1902.
Plante très étroite, de vilain aspect.
RÉSISTANCE partielle, sans abri. Feuilles très souvent tachées, ou même complètement violettes ou rouges, d'autres fois presque toutes sèches.
Y. treculeana.
Essayé de 1886 à 1902.
Superbe plante, à port magnifique. Elle dépasse ici 2 m. 50 de hauteur et 2 métros de largeur. Grandes et larges feuilles, extrêmement raides et fortes, creusées en forme de canal. Magnifiques panicules florales. Toujours verte,
RÉSISTANCE complète, sans abri. La neige et le verglas de 1899-1900, ne lui ont fait subir aucun dommage.