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Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1

En publiant, en 1902, Les Plantes tropicales de grande culture, dont nous commençons aujourd'hui une nouvelle édition, considérablement augmentée, nous disions :

« Les pages suivantes, consacrées à Tétude des plantes de grande culture coloniale, et particulièrement à celle de quelques végétaux utiles de l'Afrique tropicale, ne constituent pas un traité.

» Notre but, en publiant ce volume, a été de fournir aux agents coloniaux, et spécialement aux agronomes, un aperçu de l'histoire de certains produits tropicaux, et d'en faire connaître les plantes productrices. »

Ces phrases s'appliquent encore à la pubUcation actuelle, nous poursuivons le même but, car comme nous le disions également :

« Les connaissances relatives aux productions coloniales sont encore peu répandues en Belgique. Il faut chercher à les diffuser; l'enseignement colonial, surtout dans ses rapports avec l'agriculture, est malheureusement rudimentaire chez nous. Tout ce qui intéresse l'agriculture est cependant de première importance pour le futur colon et pour l'agronome colonial, car de l'agriculture dépend la prospérité de toute colonie. On ne peut espérer un développement industriel, surtout dans les régions tropicales, qu'après une longue période agricole. La simple exploitation des richesses végétales n'est pas suffisante, comme on le croit malheureusement trop souvent, pour amener la prospérité durable d'une colonie. Si, pendant des siècles, les végétaux indigènes d'un pays ont suffi amplement aux besoins de ses habitants, ils ne pourront satisfaire pendant longtemps un commerce intensif d'exportation, à moins que, par des moyens artificiels, par la culture, on n'arrive à en augmenter et surtout à en régulariser le rendement. »

Dans les chapitres de ce livre nous n'avons pas très longuement fixé l'attention sur la culture elle-même ; cela nous aurait mené fort loin et nous ne voulions en aucune manière écrire un traité d'agriculture tropicale.

Nous avons tenu à exposer, plus ou moins en détail, les modes de préparation des produits, procédés opératoires dont la connaissance est de grand intérêt pour l'agriculteur et pour le commerçant. Nous avions aussi étudié, d'une manière assez détaillée, la partie botanicjue pure, car nous l'estimons d'importance capitale.

Le planteur tâtonne fréquemment au début de ses cultures, et bien souvent les résultats de plantations, parfois onéreuses, ont été nuls, simplement parce que l'on ne connaissait pas suffisamment la plante mise en culture.

On considère parfois l'étude scientifique des végétaux d'un pays comme sans utilité pratique, et, pour certaines personnes, il n'est pas intéressant d'établir l'inventaire méthodique des ressources végétales d'une région coloniale. Sans entrer dans la discussion de cette manière de voir, souvent réfutée du reste, on peut certifier (jue mieux on connaît les plantes, mieux on pourra déterminer leurs conditions d'existence et, par suite, les méthodes permettant d'arriver à en augmenter le rendement.

Si l'agent, se rendant en Afrique, ou dans tout autre pays tropical, connaît à l'avance les conditions dans lesquelles les plantes, dont il devra faire la culture, se développent le mieux, bien des tâtonnements seront évités ; il en résultera pour lui un considérable gain de temps et un grand bénéfice pour l'exploitation dont il aura la direction.

Pour la rédaction de notre travail, nous avons puisé aux meilleures sources, et nous avons essayé de nous tenir au courant des progrès de l'agronomie tropicale et de la botanique coloniale. Dans ces domaines neufs et difficiles, plus peut-être encore que dans les autres branches de la science botanique, les données modernes vieillissent vite. L'assertion (jui était vraie aujourd'hui, ne l'est souvent plus demain, et si l'on ne suit, avec soin, la marche progressive de la science coloniale, on est rapidement arriéré.

Nous avons, en outre, voulu montrer, particulièrement aux Belges se rendant au Congo, que, malgré les progrès indiscutables réalisés au point de vue des études agronomic^ues, il reste encore immensément à faire dans le très important domaine de l'agriculture congolaise.

Pour faire progresser ragronomie dans les colonies, il faut chercher à élucider tous les problèmes soulevés par la pratique. Dans ce but, le planteur, le chimiste, le zoologiste et le botaniste doivent s'associer. De l'union intime de la Science pure et de la pratique dépend le succès des grandes entreprises coloniales !

Comme Ta dit un jour le professeur D"" Ed. Heckel, de Marseille : « Rien ne peut se faire de durable et de profitable que par la science, c'est une vérité incontestable aujourd'hui. L'heure est venue de l'appliquer à l'exploitation de notre domaine colonial pacifié, et de le faire, non pas comme on y a procédé jusqu'ici, par des eftbrts isolés, mais avec cette méthode d'ensemble dont les grands peuples colonisateurs. Anglais, Hollandais, Allemands, nous ont donné l'exemple. »

Unissons donc dans toutes les études coloniales ces deux facteurs inséparables du progrès : Science et Pratique.

Nous nous estimerions heureux si la lecture de notre livre pouvait redoubler le zèle des agronomes de l'État Indépendant du Congo et si, par leurs observations, ils pouvaient arriver à faire élucider les points d'interrogation que nous avons été amené à placer dans le courant de ce travail.

Nous serons d'ailleurs toujours à leur disposition pour les aider, dans la faible mesure de nos moyens.

Nous ne pouvons terminer ces mots d'introduction sans remercier tous ceux, et ils sont nombreux, qui nous ont mis à même de publier ce volume.

Pour nos recherches sur la flore et les produits utiles du Congo, nous avons toujours trouvé un précieux apj)ui auprès de M. le commandant Ch. Liebrechts, l'éminent Secrétaire général du Département de l'Intérieur de TEtat Indépendant du Congo, l'organisateur de missions et des postes de recherches scientifiques, dont les résultats ont permis de pousser l'étude de cdtte flore tropicale si riche et si variée.

M. H. Droogmans, le savant Secrétaire général du Département des Finances, qui a dans ses attributions le Service de l'Agriculture et dont les études personnelles ont été dirigées vers la géographie économique, nous a permis d'utiliser les renseignements importants réunis par les agents de son administration et en particulier par le personnel du Jardin botanique d'Eala et du Service forestier. Grâce à l'intervention de M. Droogmans et à celle de M. N. Arnold, le

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