‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 76 sur 78 · Tindor, — Bon rendement, qualité fine · texte numérisé non relu

Tindor, — Bon rendement, qualité fine

On signale encore les suivantes : More negro. Mon blanco, More Colorado, Mosqueado, Tumatagacan Colorado, Tumatagacan blanco, Bagacagan et Samina; nous donnons ci-dessous un court aperçu de leurs caractères sans pouvoir donner des indications sur un rapprochement possible entre ces variétés et les précédentes :

More negro. — Tige élevée et forte ; couleur du bulbe et du bas de la tige d'un vert noirâtre; racines peu développées, mais résistantes à la sécheresse; fibres grosses et résistantes, d'une blancheur ordinaire.

More blanco. — Atteint une hauteur et un diamètre assez grands ; bulbe et partie inférieure de la tige d'un blanc sale ; racines plus étendues que celles de la variété précédente, sans résistance à la sécheresse. Fibres peu nombreuses, fines, peu résistantes et d'un blanc lustré.

More Colorado, — Tige élevée et forte ; bulbe d'un rouge clair. Variété résistante à la sécheresse; fibres blanches, lustrées, grosses et sans résistance. Développement de racines peu considérable.

Mosqueado. — Moucheté. Bulbe et partie inférieure de la tige d'un blanc jaunâtre semé de taches noirâtres. Développement moins considérable que les viuriétés précédentes. Racines nombreuses et grande résistance à la sécheresse. Fibres abondantes, blanches, peu fines et assez fortes.

Tumatagacan Colorado. — Bulbe et partie inférieure de la tige rouges; tige assez grande ; racines nombreuses ; fibres d'un blanc douteux.

Tumatagacan blanco. — Tige grande et forte; racines nombreuses; fibres d'un blanc douteux.

Bagacagan. — Cette variété est petite, d'un aspect rachitique, avec le bulbe et le commencement de la tige d'un violet sale. Beaucoup de racines et résistante à la sécheresse. Elle donne une quantité assez grande de fibres blanches et fines relativement au développement de la tige, mais elles ont peu de solidité.

Samina. — Tige formée par les pétioles des feuilles alternes. Elle s'élance de telle sorte que ses pétioles ont une tendance à se disposer en spirale. Les feuilles parviennent toutes à la même hauteur. Les racines, quoique peu nombreuses, le sont plus que dans les trois variétés précédentes, sans résistance à la sécheresse. La qualité des fibres est assez belle; elles sont d'un blanc mat, très flexibles et d'une résistance régulière.

Au dire de certains agronomes, la dernière de ces variétés devrait être rapportée au Musa paradisiaca; nous insisterons plus loin sur la valeur des fibres de cette espèce.

Ces diverses variétés se différencient par des caractères de détail, dont l'étude n'a d'ailleurs jamais été faite d'une façon systématique; les produits fournis sont de valeur différente, mais caractères et produits varient probablement suivant les conditions de culture : soins apportés et situation des plantations.

Dans les îles Philippines, la culture de l'abaca n'exige guère de soins. Généralement on nettoie le terrain et on brûle les mauvaises herbes. Les premiers frais sont donc peu élevés et les résultats très satisfaisants. On a cependant démontré, à la ferme gouvernementale de San Ramon, qu'une culture un peu plus soigneuse est, en fin de compte moins coûteuse, et donne plus rapidement un résultat meilleur.

Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut d'abord enlever toute la

végétation du terrain et la laisser sur le sol pendant 3o jours au moinâ, jusqu'à ce qu'elle soit sèche; puis il faut brûler. Cette combustion prépare le sol pour la charrue et détruit aussi une grande quantité de semences qui se sont accumulées et rendraient plus tard la besogne difficile pour le planteur. Le terrain doit alors être hersé une ou deux fois, puis être laissé en repos pendant 3o jours. Au bout de ce temps, il doit être labouré en croix, puis hersé de nouveau; il est alors prêt pour la plantation.

La plantation s'effectuera dans les meilleures conditions en plaçant les pieds à 5 à 8 pieds de distance ; on fera bien de protéger les jeunes pieds contre le vent.

Les plants obtenus de semis ou de rejets — ce dernier mode est le plus usité et a d'ailleurs le grand avantage de hâter la maturité des plants et d'éviter les frais de la création et de l'entretien d'une pépinière — seront choisis de i à i"5o de hauteur; ils seront plantés dans un terrain défriché par le feu et placés à i^So à 3 mètres de distance, suivant la fertilité du sol, dans des trous de 40 centimètres dans les trois sens; en sol pauvre on plantera plus serré ; on fera bien de protéger les jeunes pieds.

Le meilleur moment pour la plantation est le début de la saison pluvieuse.

Les rejets atteignent rapidement 3 mètres environ de haut et de 12 à 18 centimètres de diamètre; si on les laissait croître, ils produiraient des fruits qui, d'après certains auteurs, seraient vénéneux.

Le semis peut naturellement être employé pour la propaj^^ation de cette espèce intéressante; il a réussi au Congo où il a été essayé par J. Gillet. Ce mode de reproduction est plus lent que la multiplication par rejets. Les graines de Musa texUlis demandent, dans les bonnes conditions, de 20 à 25 jours pour geriper.

Si l'on veut faire la culture en grand, on choisira naturellement les meilleures graines.

Il est recommandable de recueillir les fruits avant leur maturité complète et de les faire sécher. Deux jours avant le semis, on enlève les graines du fruit et on les immerge dans Teau pendant 10 à 12 heures. On laisse sécher à l'ombre et on plante en pépinière abritée du soleil et surélevée en trous de 25 millimètres de profondeur et distants de i5 centimètres.

Au bout d'un an, les pieds auront atteint un mètre et on pourra les transporter en place.

Le semis peut aussi se faire comme suit : après plusieurs labours et un arrosage, on sème les graines par deux dans des trous de 2 à 3 centimètres de profondeur et distants de 25 centimètres; on recouvre de terre.

Le semis est fait avant le coucher du soleil ; pendant plusieurs jours on arrose les carrés avant le lever du soleil et, si celui-ci est trop ardent pendant certaines heures de la journée, on abritera le semis.

Le semis devra naturellement se faire avec soin. On sélectionnera les graines en les immergeant dans l'eau ; celles qui restent au fond seront seules usagées pour les semailles. Ces graines demandent i5 à 20 jours et même un mois, suivant les conditions. On a aussi conseillé, pour faciliter la germination, le recouvrage de la planche par de la paille et l'incinération

de celle-ci, procédé qui a été préconisé pour la germination des graines de certaines Euphorbiacées à caoutchouc.

Ce procédé permet Tapport au semis d'une certaine quantité de potasse.

Ce Musa souffre bien peu des intempéries aux Philippines, la régularité du climat fait que bien rarement les plantations ont à souffrir de sécheresse; les plantations se trouvent généralement abritées p*r les forêts ce qui empêche les ouragans d'y causer des dégâts ; la situation sur les collines préserve des inondations et la sève accumulée dans les tiges les met à même de lutter contre les incendies.

Quant aux sauterelles, qui causent souvent de grands dégâts dans les autres cultures des Philippines elles n'attaquent pas les Musa, et les autres insectes, coléoptères ou hémiptères, occasionnent bien rarement de minimes dégâts.

La culture du chanvre des Philippines, quoique facile, exige pourtant certaines conditions. En choisissant un emplacement pour une pareille exploitation, il faut tenir compte des considérations suivantes : la quantité de pluie, l'humidité de l'atmosphère, l'exposition du terrain et la qualité du sol, enfin la protection des plants d'abaca contre les vents et les rayons trop ardents du soleil.

Le chanvre exige une abondante quantité de pluie et beaucoup d'humidité dans l'atmosphère; celle-ci dépend en règle générale de la chute de pluie. La statistique suivante, dressée par M. John W. Gilmore, expert en matières fibreuses, donne une idée de la chute annuelle de pluie et la température moyenne dans les principaux centres de production.

Nombre d'années Température.

PROVINCES. sur lesquelles Degrés Jours Chute de pluie,

porte la moyenne, centigrades. de pluie. Pouces.

Albay 6 26-o5 2i8,5 118,42

La Carlota (Negros) .... 10 26-05 154, 3 io3,65

Mamburao (Mindoro) ... 2 >» i47i5 124,65

Zamboanga 2 27-12 110,0 35,44

Ilo-ilo 4 M i52,6 7i»84

Cebu 6 » 161,0 58,88

Tamontaca 2 » 121,4 76,38

Davao 2 » 187,0 79»82

Quant au terrain, il doit présenter une certaine déclivité, car on a remarqué, en effet, que les plants d'abaca se développent beaucoup mieux sur le versant d'une montagne qu'en terrain plat. Le sol de la plantation étant en pente, on obtiendra facilement un excellent drainage, condition indispensable à la vitalité de la jeune plante. Le plant d'abaca ne croîtra pas dans un sol où l'écoulement des eaux est mal compris, l'eau stagnante dans les champs produisant, à bref délai, la moisissure de la fibre; d'autre part, un sol frais où règne continuellement une certaine moiteur convient admirablement au développement des jeunes pousses et produit du très bon chanvre.

Les terrains de formation volcanique sont réputés les meilleurs et ont toujours donné d'excellents résultats. Ces sols sont très résistants et pour ce motif, conviennent fort bien à l'abaca qui, comme toutes les plantes textiles, est très épuisant,

A l'état jeune, la plante demande à être protégée contre les rayons solaires.

L'abaca exige peu de soins pendant son développement; dans les Philippines, une fois par semaine, l'ouvrier chargé de l'entretien et de la récolte passe par la plantation et fait le sarclage utile, taille, coupe, et enlève ce qui doit servir à la préparation de fibres.

Des essais de culture de cette espèce entrepris dans l'Ivoloina (Madagascar) ont donné, dans les conditions suivantes, des résultats assez satisfaisants. Suivant la richesse du sol, l'écartement des plants varie de 2 à 3 mètres ; cette dernière distance paraît la plus favorable pour les sols d'alluvions riches et frais. On y a vu le bananier fleurir entre lo et 20 mois et c'est un peu avant l'apparition du régime que l'on a coupé les tiges pour l'extraction des fibres ; plus tôt' les fibres sont fragiles, plus tard elles sont plus grossières et difficiles à séparer.

Aux Philippines, on coupe généralement l'abaca à trois ans quand il est issu de rejets ; à quatre ans, quand on Ta élevé de graines La séparation de la fibre est la phase importante et difficile de la production du chanvre; elle exige une grande expérience. L'indigène chargé de la récolte coupe le pied arrivé à maturité, au niveau des racines et plante aussitôt un rejet à proximité de l'endroit où le Musa abattu croissait, de sorte qu'en tous temps il y a des plants à différents stades de développement, dans une même plantation. Il enlève ensuite les feuilles et commence immédiatement le travail des pétioles mesurant environ 2"»5o de long; l'écorce externe est enlevée d'abord, puis les faisceaux de fibres qui alternent avec des couches de tissus mous: les fibres atteignant parfois 2 mètres de long, doivent être soigneusement enlevées de la tige en une fois, de crainte qu'elles ne pourrissent. Dans les Philippines, les abacas sont défibrés sur place et les déchets laissés sur le sol forment une couverture améliorante, par les éléments nutritifs qu'elle apporte et par l'obstacle qu'elle met à l'évaporation et au développement des mauvaises herbes. Le travail de séparation, tel qu'il est fait aux Philippines, est très dur; des indigènes accoutumés à ce genre de travail, ne peuvent guère préparer plus de 5o livres par semaine. Les appareils sont en général très primitifs; le type de la machine employé à Gubat, dont nous donnons ci-contre un dessin est constitué par un couteau mousse en fer, pesant environ 4 kilos, reposant sur une plaque de 40 cm. x 5 cm. et de 12 mm. d'épaisseur fixée sur la traverse b. Celle-ci a 2 mètres de long, i,5 cm. de diamètre et repose sur deux montants a à 80 cm. au-dessus du sol. Le couteau est prolongé en arrière de son articulation et relié par une chaîne g à une perche de bambou /de 4,5o m. environ de long, attachée à l'extrémité d'un montant d de i,5o m. de haut et à un piquet e enfoncé plus loin enterre. Le manche du couteau est également relié à une pédale i qui permet de relever le couteau pour passer sous lui les gaines à défibrer.

L'ouvrier prend ces bandes par trois ou quatre, les réunissant et les maintenant de la main gauche ; il les étale sur le billot, le couteau étant levé ; fixe ensuite ce couteau, dont la pression sur le billot est assurée par la force d'un arbalétrier en bambou, et tire à lui par un coup sec. La lame du couteau, déchirant la pulpe des bandes, met à nu les fibres qui restent dans la main de l'opérateur. Si ces fibres ne sont pas suffisamment

Fig. 54, — Machine a défibrer les pétioles de bananier. (Type de M. Proudlock employé à Gubat, Jtiurnal £Agric, tropicale).

ténues, si elles adhèrent encore à du tissu pulpeux, en recommence Topération; il est rare cependant de la voir renouvelée plusieurs fois, à moins qu'on ne veuille obtenir des fibres extrêmement fines.

D'autres machines sont encore employées, nous donnons ci-dessous le dessin de l'une d'elles construite sur le même principe.

Fig. 55. — Machine a défibrer l'ab.\ca.

{Journal <t Agrig. tropicale).

L'opérateur doit déployer une certaine force pour tirer à deux mains la masse de tissus sous le couteau.

Il est certain qu'une machine moins primitive donnerait de bien meilleurs résultats encore, en épargnant une grande main-d'œuvre.

Les fibres sont ensuite mises à sécher sur des traverses de bambou, et réunies en paquets. Des charrettes à deux roues les portent de la plantation à l'entrepôt, où elles sont pressées en balles de i25 kilos. (C'est le poids uniformément adopté aux Philippines pour les balles d'abaca.)

On a signalé un autre procédé de défibrage, mais il semble beaucoup moins usagé.

La tige une fois coupée est pressée entre des cylindres broyeurs, réduite ainsi au volume le plus petit possible et mise à macérer dans de l'eau ordinaire ou. ce qui est préférable, dans un lait de chaux faible; après 24, 48 ou 72 heures, la fibre est lavée à Teau courante pour être débarrassée de Texcès de chaux, mise à sécher au soleil et, finalement, broyée à nouveau ou simplement martelée avec un maillet de bois. L*excès de parenchyme est enlevé et les fibres restent entièrement libres.

Un procédé d'obtention du tissu fibreux, plus long et peu usagé, consiste à racler les fragments des pétioles du bananier avec un marteau en bois, et enfin à rincer à l'eau.

Suivant les régions de culture, le rendement varie de 687 à 967 livres par acre; dans les régions assez sèches, le rendement n'atteint souvent pas la moitié de cette quantité.

A la station de l'Ivoloina (Madagascar), le rendement par une machine très primitive, et avec une main-d'œuvre peu exercée, a été, pour un tronc de 25 kilos, 600 grammes de fibres sèches; pour 10 troncs, pesant de 24 à 26 kilos, on a obtenu 600 à 640 grammes de fibres sèches par tronc.

La récolte enlève naturellement au sol une certaine quantité de matières, dont la dose est relativement faible, mais cela ne veut pas dire que les amendements soient inutiles.

Des analyses de matières sèches ont démontré qu'elles contenaient (bandes nettoyées et chanvre de Manille préparé) :

Azote dans une coupe transversale de la tige . . . Azote dans la bande préparée de la couche interne . Azote dans la bande nettoyée de la couche externe . Azote dans la fibre nettoyée de la couche externe Cendre brute dans une coupe transversale du tronc. Cendre brute dans la bande nettoyée de la couche interne Cendre brute dans la bande nettoyée de la couche externe Cendre brute dans la fibre nettoyée de la couche externe .

traces.

Pour une production de rooo kilogrammes de fibres, on travaille environ i2,5oo à 16,000 kilogrammes de bandes humides, correspondant à une quantité de 3, 000 kilogrammes environ de matière sèche dans laquelle il y a environ 10 kilogrammes d'azote.

En travaillant les tiges dans les plantations, toute la quantité d'azote des troncs peut revenir à la terre. Comme beaucoup de terrains sont généralement vite épuisés en azote, il faudra choisir pour fumer les plantations de bananiers des engrais azotés. Le sang séché, le phosphate d'ammoniaque auront surtout une bonne influence.

Il semble bon. a])rès la quatrième année, de retourner toute la plantation et de planter à nouveau. On peut alors mettre les nouveaux pieds entre les rangs de la plantation précédente.

Si, à la suite de plantations successives, le terrain est fatigué, le meilleur

Abaca de San Ramon.

Abaca de Paete

moyen de lui rendre sa vigueur sera de faire, pendant une année, une culture de légumineuses, qui le rendra propre à une nouvelle culture de bananiers.

Des expériences ont été faites aux Philippines dans le but de déterminer : le pourcentage de fibres sèches et le pourcentage de déchet, la valeur fertilisante de cette dernière matière et sa valeur dans la fabrication du papier. Deux différentes sortes de fibres ont été employées pour ces expériences : la première provenant de la ferme du Gouvernement de San Ramôn; la seconde, de la ville de Paete dans la province Laguna.

Poids de tiges livres.

Poids de fibres ....

Poids de résidu (humide)

Poids de fibres (humide)

Poids de résidu (sec) . .

Poids de fibres (sèches)

Pourcentage de fibres sèches dans la tige . . . p. c Pourcentage de résidu sec dans la tige

Le faible pourcentage de fibre sèche, comparé au poids total de la tige, doit faire choisir une machine facile à transporter d'un endroit à l'autre. Des échantillons de tiges entières, de fibre sèche et de déchets, envoyés pour analyse aux laboratoires du Gouvernement, ont donné les résultats suivants :

Pour cent.

No I. — Tiges d' abaca : —

Total d*azote 0,043

Total d'acide phosphorique 0,1087

Potasse KaO 0,239

Chaux CaO 0,047

No 2. — Tiges d'abaca :

Humidité 87,10

Matière sèche 12,90

No 3. — Fibre d'abaca :

Total d'azote o,225

Total PaOs indéterminé.

Potasse K2O 0,713

Chaux 0,16

No 4. — Résidus d'abaca :

Total d'azote o,52

Total P2O5 0,461

Potasse K2O ... 0,661

Chaux 0.238

Xo 5. — Résidus d'abaca :

Humidité 17,88

Matière sèche 82,22

Fibre brute en matière sèche 42,14

Cellulose 38,89

La qualité de la fibre dépend en grande partie du collecteur indigène, de l'état de maturité et du temps au moment de la coupe du stipe ; coupé avant maturité ou trop tard, il donne des fibres de moins bonne qualité. Le collecteur doit soigner l'extraction et faire sécher la fibre en une fois, car si la iibre repose un certain temps avant d'être séchée, elle perd sa belle couleur et un peu de sa résistance. Le chanvre des Philippines est classé d'après sa finesse, sa couleur, sa longueur et sa résistance. Cette dernière dépend en grande partie de l'âge.

Les importateurs et les manufacturiers des États-Unis se plaignent de la grande quantité de fibres de qualité inférieure exportée par les Philippines. Cette infériorité amène l'emploi croissant du sisal et d'autres fibres. Si l'on ne parvient pas à régulariser la production, il en résultera une diminution de demandes et des prix moins élevés.

Les méthodes employées pour l'extraction des fibres sont imparfaites, mais, comme il ne semble guère possible de réglementer le défibrage par des lois ou de le soumettre au contrôle du Gouvernement, le seul moyen d'obtenir une fibre uniforme paraît résider dans l'introduction de machines à défibrer. Aussi la demande pour les défibreuses a-t-elle déjà sensiblement augmenté.

Par les procédés indigènes, la perte en fibre est de 20 à 5o p. c, mais une partie de ce résidu peut être utilisé comme matière première pour la fabrication du papier. L'indigène, travaillant en moyenne 16 heures par semaine, produit de 20 à 40 kilogrammes de chanvre, en moyenne 3o kilos. La récolte se fait pendant tout le courant de l'année, mais, pendant la période pluvieuse, la dessiccation est plus difficile; en général, toutes les semaines, le producteur réunit sa récolte de fibres et la porte chez un commerçant.

Le rendement en fibres avec les gaines de toutes les espèces de Musa sera encore augmenté si, au lieu des procédés primitifs de séparation, tels ceux employés par les indigènes, on fait usage de procédés plus modernes, si l'on travaille avec des défibreuses semblables à celles inventées, dans ces derniers temps, par Faico, dans lesquelles tout le travail se fait à la fois : on introduit la gaine pour retirer des fibres, des machines spéciales les battent, les peignent et les brossent.

Le Gouvernement s'est, dans ces dernières années, occupé de la très importante question de l'amélioration du chanvre philippin, et M. le D^ Lawson Scribnei, du Bureau d'Agriculture, a préconisé les mesures suivantes, qui pourraient avoir le plus grand effet sur l'amélioration des cultures :

I® Essai dans chaque district producteur de couteaux à décortiquer; nous ajouterions dans chaque station d'essai de régime tropical, et comparaison des résultats obtenus au point de vue qualité et quantité;

2° Octroi d'une prime d'encouragement pour les inventions, perfectionnements, etc., apportés aux machines décortiqueuses ;

3® Inspection des exportations par des agents du Gouvernement ;

4** Prohibition des appareils déclarés défectueux et destruction des

produits obtenus par les procédés déclarés inaptes à produire une bonne fibre commerciale.

Après extraction, les fibres sont mises en balles après avoir été classées suivant grosseur, couleur et longueur et, parfois, d'après leur force de tension. D'après certaines observations, il serait avantageux de laver les fibres avant dessiccation, cela éviterait la moisissure si préjudiciable.

Cette mise en balles se fait à la main ou à la vapeur. Par les presses à la main, qui demandent une trentaine de travailleurs, on obtient de i5o à 200 balles de 2 picols, soit environ 120 kilos; à Taide de presses actionnées par la vapeur, on pourrait aisément produire de 200 à 3oo balles par jour.

Sur la place de Manille, les fibres sont, généralement, classées en cinq groupes : Superior, Carriente. Segunda, Colorado et Orillo. La qualité Superior est très résistante, bien blanche, longue, souple, soyeuse au toucher et brillante.

La culture du Musa textilis vaut, sans conteste, la peine d'être entreprise, si les circonstances le permettent.

Un tableau des frais de plantation a été indiqué comme suit par M. Edwards. Dans les frais de première année sont compris Tachât du terrain et les installations; le salaire des indigènes est compté à fr. 1.2S à 1.90 par tête et par jour.

Frais Recettes

Première année, environ fr. 23,5oo. » —

Deuxième année 17,700. » —

Troisième année 16,345. » 8,25o. »

Ouatrième année i7,i52.5o 24,760 »

Cinquième année i7,25o. » 4i,25o. »

Sixième année i2,625. » 57,75o. »

Septième année 11, SyS. » 73,25o. »

Huitième année ......... io,i25 » 82,5oo. w

Le rendement d'une culture d'abaca peut se continuer pendant 10 à i5 ans sans renouvellement de la plantation.

Les fibres les plus fines proviennent de la zone intérieure des tiges de Musa bien mûrs, et si elles sont soigneusement nettoyées et séchées, on les emploie pour faire des étoffes et on les mélange à de la soie pour en fabriquer une sorte de mousseline indienne. Très souvent, on fabrique avec les fibres plus épaisses des tissus grossiers pour vêtements, des filets de pêche, etc., pour lesquels elles conviennent particulièrement.

La valeur de ce chanvre est variable. On a connu des prix de 60 livres sterling par tonne, tombés à 14 livres sterling. Dans ces derniers temps, le prix a fluctué constamment par suite de la guerre et de la situation politique des Philippines. Le taux normal par tonne est de 25 à 3o livres.

Il y a envion 800,000 à 1,000,000 de balles de ce chanvre produites et expédiées annuellement de l'île. Les États-Unis fonctionnent comme centre de ce commerce pour l'Amérique du Sud, Cuba et le Canada, et

l'Angleterre comme centre pour TEurope et l'Asie occidentale, TAngleterre prenant environ le double de la part prise par les États-Unis.

Aux Philippines les fibres sont réunies en balles faites à la main où à la presse à vapeur ; elles pèsent environ 28 livres.

D'après certaines statistiques, l'exportation du chanvre de Manille s'est chiffrée à :

1818 41,000 kilogs. 1900 72,38o,56o kilogs.

1860 3o,ooo,ooo » 1902. . . . 75,800,228 »

1880 5o,ooo.ooo )) 1903 137,752,000 »

Même dans les années de plus forte production, Manille ne pouvait satisfaire la demande, on peut donc juger de quelle importance peuvent être la culture et l'exploitation de ce produit. Aussi le chanvre de Manille est-il fréquemment mélangé de « chanvre sisal », produit de V Agave sisalana.

Ce dernier, du Yucatan et des plateaux mexicains, est également résistant aux intempéries, très fort, mais il n'a pas la souplesse des fibres du Musa textilis et se brise facilement. On peut déceler la présence de cette dernière fibre par l'examen microscopique, par des essais de résistance; la fibre de sisal supporte seulement la moitié de la charge de celle du vrai Musa textilis, et la résistance à la pourriture est bien moins grande chez le sisal que chez l'abaca. En outre, la combustion de Tabaca laisse une cendre d'un gris noirâtre, celle du sisal une cendre d'un gris blanchâtre.

En dehors de son pays d'origine, la culture du Musa textilis, n'a pas encore été faite avec succès; ce bananier a été introduite Madras en 1877, à Calcutta, à Bornéo, dans l'Amérique du Nord, en Indo-Chine et en Nouvelle-Calédonie, mais dans aucun de ces pays, on n'a réussi à tirer de cette plante un produit commercial ; cependant, cette situation changera probablement, des essais récents font bien augurer de l'avenir. • La demande pour la fibre est croissante, soit pour la fabrication de toiles à voiles, soit pour les cordages, où la fibre de ce Musa ne peut être remplacée. Elle est, dans l'Amérique du Nord, très employée comme ligature pour la récolte du blé.

Les propriétés qui donnent à cette fibre une valeur spéciale, pour cet usage, sont sa souplesse et sa grande résistance aux agents extérieurs.

Mais le Musa textilis n'est pas la seule des espèces du genre dont les fibres aient de la valeur. On signale encore, comme source de fibres, le Musa hasjoo Sieb. et Zucc, de l'archipel de Liu-Kiu et cultivé dans le sud du Japon. M. le professeur Warburg a signalé récemment des fibres originaires des Carolines (district de Ponape) et provenant d'un Musa nouveau. Musa Tikap Warb., dont les fruits ne sont pas comestibles.

Des expériences installées à Cologne, sur la résistance de cette fibre, ont prouvé qu*elle est d'environ un cinquième moins résistante que le du chanvre de Manille et un peu moins résistante que le chanvre de Nouvelle-Zélande Ce bananier est très voisin du Musa texHîis, mais non identique. Nous en donnons ci -dessous la description :

Musa Tikap Warb. (i).

La feuille très jeune ressemble beaucoup à celle du bananier comestible, à l'état adulte elle mesure environ i mètre de long- et 3o centimètres de large, le pétiole mesure environ I cm. de diamètre, les nervures latérales sont distantes les unes des autres de i cm. environ. Inflorescence constituée comme celle des autres bananiers ; mains à deux rangées de fleurs et garanties par des bractées coriaces, aiguës, atteignant 12 cm. de long et peut-être plus, caduques avant maturité. Fleurs de la base du régime femelles, contenant des staminodes réduits ; fleurs de la partie supérieure mâles, renfermant un style avec stigmate, mais pas d'ovaire. Fleurs mâleft développées mesurant environ 5 cm. de long et 6 mm. de large, portées sur un pédicelle de i cm. environ. Enveloppe florale formée par une sorte de tube extérieur fendu antérieurement et mesurant 5 cm. de long, tube étalé, de i cm. de long et terminé en 5 lobes de i à 2 mm. de long ; à pointe terminale plus ou moins contournée; les deuxième et quatrième lobes plus réduits que les autres, parfois même très réduits, à acumen contourné très petit. Étamines au nombre de 5, linéaires, de i,5 mm. de large, à filet de 5 mm., à anthère biloculaire de 3 cm. de long^. Style de 3,5 cm. de long et environ i mm. de large, terminé par un stigmate de 3 mm. de long sur 2 mm. de large. Fleurs femelles plus robustes, à ovaire triloculaire. à côtes obtuses, de 4,5 à 5 cm. de long et de 7 à 8 mm. de large, loge à deux rangées longitudinales de graines attachées au centre de l'ovaire ; envelopjje florale un peu plus courte que dans la fleur mâle, de 4.5 cm. de long et étalée, de i,5 cm. de large, à lobes terminaux un peu plus allongés, , atteignant 4 mm. de long; pétale interne mesurant 2,5 à 3 cm. et z2-i3 mm. de large, émarginé légèrement au sommet et parfois aussi muni dans l'émarginure d'un acumen aigu. Style de 4 cm. de long, 2 mm. de large, astigmate de 5 sur 5 mm. Staminodes au nombre de 5.2 un peu plus grands, de 6 mm. de long, et 3 plus petits de 5 mm., aplatis, de i mm. de large et terminés en pointe courte. Fruits mûrs plus petits que les plus petites bananes comestibles, mesurant de 7 à 8 cm. de long, sur 2 cm. de large sans pédicelle. à angles peu marques et se rétrécissant à la base en un pédicelle de i,5cm de long et 8 mm de large et possédant au sommet une sorte de bec court de 7 mm. de long, trace de la corolle tombée. Ils contiennent une moelle grisâtre et des graines anguleuses, de 5 à 6 mm de diamètre et d'un brun noirâtre, à hile arrondi, anguleux, de 2 mm. de diamètre.

Le Musa texHlis des Philippines se distingue de cette nouvelle espèce par Tenveloppe florale interne de la fleur mâle aiguë et, comparativement, beaucoup plus longue, par le fruit plus petit et fortement recourbé, à pétiole nettement marqué et différencié brusquement, par une moelle peu abondante et par ses graines plus petites.

Dans Ces dernières années l'attention a encore été attirée vivement sur l'extraction de la fibre des plantains ordinaires : Musa sapientumy paradisiaca et Cavendishii, qui se rencontrent dans toutes les régions tropicales, cultivés sous d'innombrables variétés pour leurs fruits comestibles.

La valeur de la fibre du plantain avait déjà été signalée, car les indi-

(1) In Tropenpflanz^y, 1903, p. 34 c. fig.

gènes des Indes l'emploient depuis fort longtemps pour fabriquer des cordages, des nattes et du papier. Mais à la suite de recherches effectuées sur la résistance de cette fibre, cette extraction très simple avait été abandonnée, la valeur de cette fibre étant indiscutablement moindre que celle de Tabaca.

M. Morris avait insisté sur l'exploitation des fibres des tiges fruitières de Musa, que Ton doit couper après enlèvement des régimes.

Il est certain que la fibre de Musa à fruits est moins résistante que celle de Tabaca.

Une corde de fibres de Musa sapitntum de 8 centimètres de diamètre a supporté à Madras, en i85o, à l'état sec, 2,33o livres; par contre le chanvre de Manille a supporté 4,669 livres et le chanvre ordinaire 3,885 livres.

Mais, malgré cette moindre résistance, la fibre du plantain vaut l'extraction; il y a là une industrie à développer, car cette fibre peut obtenir une bonne valeur commerciale. Si elle ne peut être employée pour le tissage, elle pourra servir, avec le plus grand profit, pour la fabrication du papier, une industrie pour laquelle les matières premières diminuent fortement.

M. O. Warburg a émis l'idée qu'il y aurait peut-être intérêt à laisser pour un pied de banane à fruit, un rejet à couper avant maturité pour la fibre; il conseille même d'essayer l'emploi du véritable Musatexiilis comme plante d'ombrage pour le cacaoyer, en particulier au Camerouu.

Au Bengale, le commerce de fibres de Musa pourrait être développé très fortement, car dans l'Hymalaya oriental, à des altitudes de 2,000 à 4,000 pieds, on rencontre un plantain ou Musa indigène, capable de fournir une très belle qualité de fibres. On peut encore citer comme Musa à fibre le Musa malaccensis, de la Péninsule malaise, au sujet duquel des expériences ont été faites dans le temps.

Sans parler de culture spéciale, les tiges des Musa à fruits comestibles, rejetées après fructification pourraient, comme l'avait suggéré M. Morris, faire l'objet d'une industrie rémunératrice par l'extraction de leurs fibres. Les Musa fructifient, comme on le sait, une seule fois : après fructification, la tige coupée est rejetée; des milliers de tiges perdues de cette façon pourraient chaque année être rassemblées et servir pour l'obtention de fibres.

Mais comme le fait remarquer M. Cousin, il faut déterminer, vu la grande valeur des tiges du bananier comme amendement, si le prix de la tige brute permettra au planteur de réaliser un bénéfice.

Dans certaines régions, surtout dans des zones sèches, la perte en humus pourrait diminuer assez notablement la force de production des bananiers. Cette question mérite donc d'être étudiée avec soin, elle a de l'importance pour toutes les régions tropicales et pourrait en acquérir beaucoup en Afrique où la banane est très cultivée.

La séparation des fibres a été essayée par fermentation dans des bacs cimentés, mais sans grand résultat; pour obtenir de belles fibres, il faut employer une machine.

Les fibres de Musa à fruits comestibles, types et variétés, montrent une très grande différence dans leur valeur et leur résistance. Dans certains cas, en effet, on n'a pas pu distinguer des échantillons de fibre de Manilla-

hemp obtenues aux Indes, des fibres obtenues de variétés de Musa comestibles ordinaires. La fibre obtenue de diverses tiges d'une même variété montre également une grande variation dans la résistance, variation due à Tâge des tiges et aux conditions de culture. Des tiges jeunes, coupées avant maturité, produisent en général une fibre faible, comme, du reste, les tiges mûres s'étant développées dans l'ombre ou sous un ombrage partiel. On doit en conclure que la tige produit la meilleure fibre : i» vers le moment où l'inflorescence apparaît ; 2° quand elle a été cultivée en plein soleil. Mais cette question demande à être réétudiée avec soin.

De la fibre de Musa envoyée de TArcot à MM. Ide et Christie, les ftlateurs bien connus de Londres, a été évaluée à 25-35 livres la tonne; cette fibre provenait de tiges rejetées après récolte des fruits. Des estimations faites à Londres dans le temps avaient été moins belles. Parfois même des fibres de plantain de la Jamaïque avaient été estimées 1 2 livres la tonne seulement. Une tige de grandeur moyenne, coupée après fructification, pourrait donner environ i 3/4 livre de fibres longues, lustrées, prêtes à la vente. Une tige de M. paradisiaca de i™2o à i"*5o de haut pouiTait, a-t-on prétendu, donner 2 à 3 livres de fibres. Un adulte peut, après huit jours d'apprentissage, travailler huit tiges par jour, avec la machine primitive décrite plus haut, si on lui donne un aide pour diviser les gaines en bandes de 6 mm. environ de diamètre et sécher les fibres brutes.

A la Jamaïque, où dans le temps de nombreux essais d'extraction ont été tentés, après séparation de la fibre brute on conseillait de la faire bouillir dans un mélange de carbonate de soude et de chaux vive afin de séparer les matières étrangères.

D'après M. Vencataraman Anjar, qui s'est beaucoup occupé de cette question aux Indes, il y aurait lieu de planter les bananiers sur un grand espace et d'établir des factoreries capables de produire de la fibre en grandes quantités. Il est difficile de réunir des matériaux de provenances différentes, car le produit résultant peut être considérablement diminué de valeur, tandis que, dans le cas de plantations spéciales, on connaît la variété cultivée et on peut par suite garantir les fibres obtenues, La culture du bananier pour l'extraction des fibres peut donc être faite avec avantage, car la demande restera encore très forte, les fibres ne pouvant pas être fournies en quantités par les autres textiles. Les fibres de bananier possèdent aussi cet avantage quelles peuvent être converties, comme nous l'avons rappelé plus haut, en excellente pâte à papier.

Des essais d'extraction des fibres des Musa comestibles de Java ont également été faits, avec certain succès, par M. van der Ploeg, de la Haye ; il paraît donc bien prouvé qu'il y a pour le planteur une source de revenus sur laquelle on n'a pas encore suffisamment attiré l'attention.

A l'École des Arts de Trevandrum (Indes Anglaises), on a essayé 29 variétés de plantains indigènes dans le pays; 12 d'entre elles ont produit la meilleure fibre pour le tissage de tissus fins, et les autres des fibres pour la confection de tissus grossiers ou de cordes; les fibres étaient soyeuses et luisantes. La plupart des teintures indigènes teignent rapide-

ment la fibre; le lavage avec de la soude et du savon, comme on le pratique souvent,donnerait une plus grande flexibilité au tissu et augmenterait même sa force. Cette fibre possède, d'après les auteurs de ces essais, de grands avantages sur d'autres fibres textiles; elle ressemble beaucoup à la soie, grâce au luisant du fil, qui se conserve même après teinture, cuisson ou lavage; en outre, elle ne doit pas être filée, car elle est prête à être employée dès son extraction.

La fibre, légèrement battue avant le tissage, avec un maillet de bois poli, devient plus luisante et plus flexible; elle s'aplatit au lieu de rester ronde et acquiert ainsi une plus grande valeur. Le tissu fait avec ce fil est plus fin et plus serré.

Les premiers essais de tissage furent faits en mélangeant le fil de trame de coton; le tissu obtenu était bon. 11 avait conservé son éclat soyeux, sa finesse et sa solidité. Le prix de ce tissu n'excède pas celui des tissus de coton, car la moitié environ de la matière du tissu est représentée par de la fibre de plantain qui était perdue. 11 y a bénéfice tangible pour les acheteurs comme pour les tisserands en introduisant cette fibre dans le tissage ; les premiers ont pour le même prix un plus beau tissu et les seconds obtiennent la fibre à meilleur compte que le coton. Cette fibre est environ trois fois plus légère que le coton et elle coûte trois fois moins.

Si l'on emploie la fibre comme trame et comme chaîne, le tissu a un tout autre aspect, les Hindous le considèrent suffisamment beau pour lemplacer la soie, et tissent des dentelles et des châles d'une extraordinaire finesse. Ils emploient les plus grosses fibres pour faire des cordages et ils s'en servent aussi pour faire des lacets de souliers.

I^ grosse fibre pourra être employée dans la manufacture de grosses étofies, de rideaux, de tapis, etc.; toutes les variétés de fibres de plantain pourront, paraît-il, remplacer avantageusement le coton pour les dentelles et les broderies.

Récemment encore, des échantillons de fibres de Musa sapientum var. Rastali et de M. malaccensis ont été envoyés à l'Impérial Institute; tout en étant inférieures aux chanvres de Manille, ces deux fibres peuvent indiscutablement être employées, celles de la dernière espèce sont supérieures; les fibres du M. sapientum étaient estimées à 28 livres la tonne, celles du M. malaccensis valaient 35 livres. Ces valeurs sont suffisantes pour permettre une exploitation.

M. Baker, de l'w United Fruit Company », estime la production de fibres du Musa comestible à 1,8 p. c. du poids de la plante, et sa valeur comme variant entre 5o à 100 dollars la tonne; il obtient 9,000 tonnes comme chiffre de production en fibres pour 20,000 acres ùe bananiers, soit 22.5o à 45 dollars par acre. Ce rendement serait, d'après lui, rentable si l'on trouve un emploi au suc acre de la plante. Cependant, même sans cet emploi, on parviendra probablement à exploiter économiq ement la fibre du bananier.

Des essais faits avec les fibres du Musa Ensett d'Abyssinie, qui se rapproche, des M . Arnoldiana et Gilletii, ont donné à la Jamaïque des résultats moins favorables, au point de vue de la valeur et de la qualité des fibres.

que ceux faits avec le M. Sapienium et ses variétés; mais, par contre, des essais tentés en Erythrée, le pays d'origine du M, EnseU, ont fait attirer l'attention sur ce Musa, dont les fibres seraient belles et posséderaient tous les caractères de celles de Manille, y compris la solidité.

Dans le pays des Gallas, on cultive assez abondamment ce Musa; on extrait de la hampe florale un amidon qui, mieux préparé, pourrait entrer dans le commerce comme sagou; les indigènes ne récoltent pas encore les fibres.

M. Morris a obtenu à la Jamaïque avec le M. Ensete les résultats suivants : il renferme en fibres environ i,i6 p. c. du poids brut de la tige; cette fibre, parfois faible et colorée, ne possède pas le lustre de la fibre du plantain; elle a atteint à Londres une valeur de 12 à 14 livres la tonne seulement. Néanmoins, c'est là un revenu qui peut être parfois de certaine importance, surtout quand il est fourni par une plante indigène qui n'exige aucun soin de culture.

Ces expériences mériteraient d'être reprises au Congo avec les diverses variétés indigènes et cultivées dans le pays.

Récemment, on a attiré en France l'attention sur la valeur textile des fibres de certains Afwsa indigènes en Cochinchine.Les fibres de cette origine sont, d'après les études de M. Lutz, plus fines, moins lignifiées que celles de l'abaca, leur résistance serait environ les deux tiers de celle de l'abaca. On peut les employer avec succès dans la corderie et dans la fabrication de papiers de luxe; elles donneraient, en effet, un papier comparable aux papiers du Japon de bonne qualité.

Des essais d'introduction du Musa textilis ont été faits dans divers pays sans grand succès : en 1822, la plante fut introduite à Calcutta; en 1859, à Madras; dans les deux cas, le résultat ne fut pas satisfaisant. En 1873, le Musa textilis fut introduit dans les îles Andaman; trois ans plus tard, il en existait 48 jeunes pieds; en 1879, les pieds les plus développés furent coupés et produisirent 43 livres de fibres qui furent soumises à la Société d'Agriculture et d'Horticulture des Indes; l'examen de ces fibres conduisit à un rapport favorable, et l'on considéra cette culture comme capable de donner un bon rendement; mais elle ne fit guère de progrès, car les exportations de fibres atteignirent seulement :

1898 à 1899 i,o32 livres.

Aux Philippines, par contre, cette industrie a acquis une très grande importance; le chanvre de Manille est surtout devenu un produit de valeur pour l'exportation depuis i85o.

C'est en 1818 que furent exportées des Philippines les premières fibres (l'abaca.

— \WJ —

D.' 1818 à i85o. les exportations comportèrent en balles de 126 kilos :

1818 223 balles.

1822 Ii92«S »

En i85o, l'exportation comportait 8,56i tonnes.

Ces chiffres ne concordent pas totalement avec ceux publiés par divers auteurs, certains d'entre eux accusant, pour 1902, par exemple, 75,800,228 kilos seulement.

Malheureusement, depuis peu les exportations de fibres d'abaca des Philippines semblent diminuer.

Le relevé comparatif des quantités de balles exportées par Manille, durant les trois ])remiers trimestres de 1904, 1906 et 1906, donne :

1904 iqo5 1906

Manilla . . . . 594.880 balles. 528,090 balles. 421,000 balles fi). Cuba 100,427 » 148,337 » 107,548 n

Totaux . . 6{)5,3o7 balles. 676,427 balles. 528,548 balles.

11 y a donc eu, en 1906, pendant neuf mois, une diminution de I47»879 balles par ra])port à 1905, et, en 1905, une diminution de 166,759 balles par rapport à 1904.

La récolte totale de 1906 n'est pas évaluée à plus de 75o,ooo balles, celle de 1905 s'est élevée à 900,000 balles. Par contre, les prix ont augmenté comme le montrent les statistiques ci-dessous, compris par tonne de 1,000 kilos :

Albay . 755 francs. 846 francs.

Leyte 912 » 1042 »

Daet 542 » 880 »

Nueva Caceres et Catanduanes . . . 797 » gso »

Sorsogon 044 » 1042 »

(i) Ces balles pèsent environ 126 kilos.

A titre d'exemple de répartition du produit aux différents marchés, on

peut citer Texporlation de janvier à juillet 1900, qui s'est répartie comme suit d'après les statistiques officielles des Philippines :

États-Tnis ...... 12,007 tonnes anglaises. 1,685,985 dollars.

Angleterre 27,213 » 4,424,398

France 26 »> 4,000 »

Espagne 433 » 100,112 »

Chine 734 »» io6,{)9i »

Hong-Kong 7.74^) >» 1,264,160 »

Japon 354 » g4.545 »•

Indes Anglaises . . . 683 » 108,423 «

Egypte 1,766 .» iK7,83o »

Australie . . . i,625 » 281,110 >»

Musa Africains

Les espèces de Musa sont probablement nombreuses dans la région congolaise, comme sans doute dans toute l'Afrique tropicale, mais elles sont malheureusement encore fort mal connues au point de vue botanique. Leur étude est d'ailleurs assez difficile, on possède rarement des matériaux complets et en bon état, permettant une détermination scientifique rigoureuse. Les collecteurs n'aiment pas à préparer ces plantes, et des matériaux botaniques des espèces le plus communément cultivées manquent encore dans la plupart des herbiers.

Durant un voyage autour du Congo. M. Ém. Laurent avait cru reconnaître, dans des Mitsa du Haut Congo, le Mtisa Emete, et avait rencontré dans le Bas-Congo un autre bananier, qu'il avait pris ])our une forme naine du bananier d'Abyssinie. Jusqu'à ce jour, nous n'avons reçu aucun échantillon botanitiue nous permettant daffirmer la présence au Congo de la plante d'Abyssinie, et il semble assez probable que cette espèce, dont la valeur ornementale est universellement reconnue, n'existe pas dans le centre africain. Par contre, nous connaissons actuellement, de provenance congolaise, deux bananiers fétiches ou « Makondo-Nkissi », constituant deux espèces voisines du Musa Eusete, mais très différentes par des caractères végétatifs et floraux.

On ne peut considérer ces Musa comme introduits ; il existe bien sûrement dans l'État du Congo des bananiers indigènes, et même au Katanga, où l'on a nié leur existence, le noir cultivant fort peu cette plante, la « Mission scientifique », dirigée par le capitaine Ch. Lemaire, en a rencontré quelques pieds dans des conditions fort probables d'indigénat. Malheureusement, les dessins de'l'album de la « Mission » ne nous ont pas permis de préciser même la section à laquelle ces plantes appartiennent ; il est à supposer, d'après les documents rapportés, qu'il s'agit là aussi d'une espèce nouvelle, non comestible, peut-être de certaine valeur ornementale.

On a dit aussi que le bananier n'existait pas dans le Nord de l'État; cependant dans la région des Bangalas, dans la Dua, M. Fr. Thonner a

— :ni --

rencontré presc^ue partout des bananiers cultivés. En outre, M. le docteur G Schweinfurth a eu roccasion de voir des représentants de ce genre dans le pays des Niams-Niams; une espèce, récoltée par lui dans ces régions, appartient également au groupe du Musa Ensete et a été dédiée à cet explorateur africain par K. Scluimann et M. O. Warburg, sous le nom de Musa Schu^einfurthii ,

Le professeur K. Schuniann a publié dans « Das Pflanzenreich » une monographie de la famille des Musacées, et y admet 42 espèces de Musa réparties en trois sous-genres. Parmi ces 42 espèces, 8 sont indiquées en Afrique tropicale, 3 dans des ré<^ions avoisinant le Congo, mais aucune de ces espèces n'a été signalée d'une façon certanie dans l'Etat Indépendant du Congo.

Les espèces indiquées en Afrique par K. Schumann sont :

Musa ventricosa Welw. — An«;ola.

Musa Schtvcinfurthii K. Schiiin. et W'arb. — Niam-Xiam.

Musa flephantoimn K. Schum. et Warb. — Kameroun.

Musa Ensete Ginel. — Abyssinie.

Musa lUichanani Haker. — Nvassa.

Musa prolwscidea Oliver. — Afrique orientale allemande.

Musa Livingstoniana Kîrk. — Afri<iue tropicale orientale.

Musa paradisiaca L.

— siibsp. sapieittum (L.j O. K.

— — var. uiui^uiiiea Welw. — An-^ola.

A côté de ces types et de ceux décrits plus loin, nous tenons à signaler une forme curieuse d'un bananier à fruits comestibles, que nous avons reçu à diverses reprises du Bas-Congo, d'où il nous a été envoyé par M. J. Gillet, S. J., de la mission de Hergeyck- Saint- Ignace (Kisantu).

Dans tous les bananiers, même dans celui dont M. Hunger a publié la description à laquelle nous avons fait allusion plus haut, les fleurs se trouvent disposées à Taisselle de bractées plus ou moins grandes et parfois colorées, et les fruits auxquels elles donnent naissance sont disposés par groupe plus ou moins distants, mais toujours différenciés. Dans les divers régimes de ce Musa du Bas-Congo, rien de semblable, les fleurs se trouvent disposées le long de l'axe, en forme de tire-bouchon, serrées les unes contre les autres, sans la moindre interruption, depuis la base du régime jusqu'au sommet. Les fleurs sont situées sur deux rangs, d'une façon alternante. Cette inflorescence en forme de tire-bouchon, d'un aspect si curieux, se trouve garantie par une bractée qui, elle aussi, est continue de la base au sommet du régime. Cette bractée, plusieurs fois plus longue (jue les fleurs, se détruit par fragments au fur et à mesure de la matuiation des fruits qui se trouvent ainsi mis à nu. Ces fruits sont du type de la banane comestible, trigones, et mesurent une vingtaine de centimètres de long et 43 millimètres de diamètre, lis sont donc notablement plus grands que ceux du type décrit par M. Ifunger, et peuvent être classés parmi les gros fruits observés dans l'Afrique occidentale; d'après les renseignements qui nous ont été communiqués, ils seraient très bons à manj^er.

Cette variété se reproduit très régulièrement, semble-t-il, par rejets. Par son port, le bananier, dont nous venons de décrire la disposition bizarre des fleurs et des fruits, est à comparer au bananier comestible ordinaire.

Si Ton considérait seulement les caractères de l'inflorescence, on pourrait être amené à créer un genre nouveau dont les caractères bouleverseraient même toutes les données acquises sur la morphologie de la famille des Musacées. Malheureusement, quand on étudie les fleurs de plus près, on reconnaît qu'elles sont anomales, toutes sont irrégulières, et la plante doit donc être considérée comme un cas pathologique; une anomalie plus

Fi«4. 56. — Musa Arnoldiana I)i: W'ild. — Dans la hroi'sse i>r 1îas-CoN(;o.

ou moins analogue se présente dans d'autres groupes végétaux, mais nous ne connaissons aucune plante (|ui présente cette modification avec une telle régularité.

Les fleurs ont fréquemment une ou plusieurs étamines transformées en fleurs plus ou moins complètes et, dans celles-ci, les étamines à leur tour sont encore parfois prolifères. Les fleurs ont un périanthe divisé en quatre à cinc] lanières, libres entre elles juscju'à l'ovaire, et les étamines très irrégulièrement dévelo])pées, parfois deux à trois encore normales, d'autres plus ou moins avortées, et une ou deux toujours transformées en fleurs.

Nous n'avons pu dénombrer tous les fruits d'une de ces infrutescences, ils sont certainement nombreux; dans une partie de l'inflorescence dont la bractée était déjà détachée, (]ui ne représente certes pas la moitié de la longueur définitive du régime, nous avons compté soixante-douze fruits jeunes.

On ne connaît pas l'origine de cette curieuse variété, elle se reproduit très facilement, parait-il, dans les cultures de la Mission de Heigeyck- Saint- Ignace, et existe peut-être dans d'autres parties de rAfricjue où elle aurait intérêt à être recherchée.

Il nous a paru utile de signaler cette forme curieuse, car, si elle est constante, elle mérite d'être notée avec soin par les botanistes et pourrait, peut-être, être propagée .])ar la culture pour ses fruits très gros et très nombreux.

Fig. 57. — Musa GilU'tii De Wild. (Kisaml).

Plante fleurie.

Notre correspondant J. (jillet a eu l'occasion de récolter, dans la petite région qu'il explore avec tant de soins, divers bananiers, dont deux nous sont parvenus en échantillons assez complets pour être déterminés, ce sont des espèces nouvelles. Nous les avons décrits, le premier sous le nom de Musa Gilletii, 1 ' second sous le nom de Musa Arnoldiana. Ultérieurement nous avons ajouté le Musa Laureutii, rapporté par Hm. Laurent de son dernier voyage au Congo. Ces trois espèces sont donc à ajouter à la liste précédente, et nous aurons à examiner plus loin

certaines particularités de leur développement. Outre les espèces énuinérées ci-dessus, il faudrait, pour avoir un tableau complet des Mtisa que l'on rencontre sur la terre africaine, tenir compte de ceux introduits par la culture; ils sont certainement nombreux et J. (lillet en a lui-même introduit un certain nombre dans les plantations delà mission de Hergeyck- Saint-I:gnace, où tous p^araissent bien se dével(jpper.

Nous serions très heureux de pouvoir étudier des fleurs et des fruits des diverses formes cultivées au Congo, et de recevoir sur la culture elle-même des renseignements, car à côté de plantes introduites, l'indigène cultive fort probalement des espèces endémiques dont le port rap])elle celui des bananiers cultivés ordinairement.

On ne peut assez attirer l'attention de tous ceux qui sont à même de récolter au Congo des échantillons de ces plantes, car leur étude botanique et industrielle est à peine ébauchée. C^omme on l'a démontré et comme nous l'avons rappelé plus haut, les fibres de la plupart des bananiers peuvent être utilisées industriellement pour la préparation de cordes ou de tissus; nous reviendrons plus loin sur les usages de ces plantes.

Il y a là une série de questions qui méritent de tenter les agents de riitat et des Compagnies, et nous serons heureux de h s aider dans leurs recherches en déterminant spécifiquement les bananiers de leurs récoltes.

A litre d/ document, nous donnons ci-dessous la description des bananiers fétiches indigènes du Congo et des figures de deux d'entre eux :

Musa Qilletii De Wild.

Plante de i,5o à 2,5o mètres de haut, non stolonifère, plus ou moins reuHée à la base, parcourant son cycle d'évolution en trois ans ; la première année, la plante reste basse et a peu de feuilles; la seconde année, elle commence à s'élever tout en restant feuillue depuis la base ; la troisième année, il se forme à l'extrémité de la tige qui se recourbe une panicule florale. A la base de la tige se forme un tubercule beaucoup plus volumineux dans les plantes cultivées en pleine terre que dans celles tenues en pot; ce tubercule s'aperçoit déjà dans les ])lantules de quelques mois ; dans des pieds d'un an, il peut atteindre 3o mm. de large sur 20 mm. de haut Les feuilles inférieures sont elliptiques-lancéolées, à pétiole engainant et à nervure médiane très lar/L^e et prononcée; elles mesurent i^5o de long et possèdent un limbe Iranshuivle ; les supérieures mesurent do 5oà4r»cm. de long, celles les plus rapprochées de l'inflorescence u'altcignanl que 20 cm. environ et passant insensiblement aux bractées, celles-ci étant presque réduites au pétiole et à la nervure médiane ; feuilles et bractées sont terminées par un prolongement fin se contournant irrégulièrement. L'épi florifère assez courtcment pédoncule, recourbé, mesurant 48 cm. de long, pédoncule non compris, est formé de nombreuses bractées persistantes dont les 10 à 12 inférieures seules entourent des fleurs fertiles ; les fleurs situées à l'aisselle des bractées supérieures sont mâles. Les bractées simt ovales-lancéolées, plus ou moins allongées, mesurent de 4,5 à 9 cm. de large et de 17 à 25 cm. de long, plus ou moins aiguës au sommet. Les fleurs sont disposées sur deux rangs, au nombre de dix ou onze, six ou cinq sur le rang interne, cinq sur le rang externe. Péri^one à deux lèvres, la plus petite entourée à la base par la plus grande ; cette }>remière tridcntée au sommet et longuement mucronée, de i cm de long environ, non compris le ]irolongement, la ])lus longue canaliculée. trilobée au sommet, de 2 à .< cm. de lonj^, à lobes atteignant parfois 4 mm. de long, subobtus ou subaigus au sommet. Étamines au nombre de 6, aussi longues que le

lobe externe du j)éri^t)nr, une d'entre elles souvent plus ou moins avortée, à filets grêles, à anthères biloculaires de 12 mm. environ de long-, obtuses au sommet, tixées au sommet du filet, soudées sur tt)utc leur longueur avec le lonnectif ; grains de pollen globuleux ou »iubgl(>buleux. à paroi externe épaisse, ])résentant de distance en distani:e des globules. Ovaire infère, triloculaire. à ovules nombreux, bisériés. à style allongé, aussi long (jue les étamines ou les dépassant légèrement, terminé en un stigmate claviforme, irrégulièrement lobule. PVuit oblong. anguleux, subpyriformo, rétréci à la base en une sorte de pédicelle, glabre, grisâtre extérieurement, irrégulièrement mamelonné j)ar suite de la proéminence

Fig. 5s. — Musa GilUtti I)i-: Wild. Kisantij.

l'i.ANTK KLl.lRIE.

des graines, couronné par la base persistante des lobes du périgone renfermant, environ 23 graines, et mesurant 5,5 cm. de long sur 2.5 cm. de large vers le sommet. Graines logées dans une pulpe devenant pulvérulente, blanche à l'état sec, ovoïdes anguleuses ]iar pression mutuelle, de 8 mm. environ de haut et de g-io mm. environ de large, cicatrice d'attache de ^ mm environ de diamètre, d'un beau noir brillant, lisses, munies au sommet d'une petite dépression ponctiforme entourée d'un rebord légèrement saillant.

es c c

OQ U w

Fig. (io. — Hasi; d'tn stipi: dII Mush GilUtii semé en mai 1900

KT RELEVÉ EN I9OI. CuLTIVÈ EN POT.

Musa Arnoldiana D<f ly/Id.

Plante de 4"'5o de hauteur en moyenne, non stolunifère. plus <ni in«»ins lentU'e à la base, à troni de plus de i mètre de diamètre à la base, l'euilles grandes, de 2"'40 de long, de 70 em. environ de large, coriaces, à ente rouge, à limbe vert, nervures parallèles très serrées, toutes les vingt nervures environ une nervure plus forte, à pétiole vert tacheté de brun-noir, à gaines d'un brun noirâtre à l'état sec; pendant la saison sèche, la plante perd la plus grande partie de ses feuilles. Inflorescences d'au moins 40 cm. de

Fig. in. — Musii Anuddiitiiii I)f. Wild.

rransplaniè à la Misai(»n «le llerf^ovck Saint- Ignare. }

ong. à bractées vertes et persistantes, ovales-allongées, celles de la base de 40 cm. environ de long, d'au moins 10 cm. de large ; fleurs disposées sur deux rangs au nombre de 8 à 14, de 3 à 7 sur le rang interne et de 5 à 7 sur le rang externe; périgone à deux lèvres, la plus petite entourée à la base par la plus grande ; cette première tridentée et longuement mucronée, d'environ i5 mm. de K»ng, non compris le prolongement, la plus large eanaliculée, trilobée au sommet, de 4 cm. de long, plus ou moins fortement lobée suivant l'âge, lobes souvent très allongés, divisions atteignant parfois presque l'ovaire et s'enroulant par la dessiccation. Htamines au nombre de 5 environ, aussi longues que le lobe externe du périgone, à filets grêles do 17 mm. environ tle long, à anthères bil«HUlaires de 20 mm. de long, obtuses au sommet, fixées à l'extrémité du filet et soudées sur

toute leur longueur avec le conncctif; grains de pollen gros, brunâtres, glolnileiix ou subglobuleux, à paroi externe épaisse, munie de distance en dislance de globules réfringents. Ovaire infère de 3,5 cm. environ de long, triloculaire, à ovules nombreux, à style aussi long que les étamincs ou les dépassant légèrement, de 4,5 cm. de long, terminé en un stigmate claviforme, généralement trilobé, à lobes subglobuleux, peu différenciés. Fruit obovoidal, anguleux et bosselé, strié Idngitudinalement. rétréci vers la base en une sorte de pédicelle, mesurant 9 cm. de long sur 3,5 cm. de large inon mùr); graines non mûres de plus de 10 mm. de haut et i5 mm. de large, d'un blanc jaunâtre, lisses.

Fig. 62. — iNFLOkEsciiNCE DU M usti Ar/ioldiii/td De Wild. (Fleuri à Kisantu, Bergeyck Saint-Ignace.)

Musa Laurentii De Wild,

Feuilles à nervure verte. Bractées atteignant 36 cm. de long et 11 à 12 cm. de large. Fleurs disposées sur deux rangs, au nombre de 18 à 23, de 9 à i3 sur le rang interne, de 9 à 10 sur le rang externe. Périgone à deux lèvres, la plus petite entourée à la base par la plus grande, cette première arrondie au sommet, échancrée, munie dans l'échancrure d'un long mucron, d'environ 14- i5 mm. de long, non com}>ris lo ])rolongement de 6 mm. environ de long; la plus grande, canaliculée, trilobée au sommet, de 3-4 cm. de

Fig. h3. — Musa ArnoUiana Dk Wild.

Divers :)tades de développement. Germination des graines et coupe longitudinale du ttipe.

long, plus ou moins fortement lobée suivant l'âge. Etamines au nombre de 5, à filets grêles, atteignant 2,5 cm. de long, anthères biloculaires de i5 à 2.S mm. de long. Ovaire infère de i,5 cm., à style plus court que le filet des etamines. Fruits ovoïdes de 9 à i2 cm. de long et de 4 cm. environ d'épaisseur, plus ou moins polygonaux, surmontés par les débris du périgone; graines polygonales par pression réciproque, de i3 à i5 mn^. de large sur 12 mm. de haut.

Fig. 64. -— SoucHK DIT Mtisa Arnoldiana De Wilh.

A {jaiiclic, la base entière, à droite, la coupe lonj^itudinale, le plateau porte îles racines sur toute sa surf;ue inférieure.

(Plante d'un an, cultivée en plein air.)

La découverte de ces diverses espèces, toutes du sous-genre Physocaulis, doit faire modifier un peu la clef analytique proposée par le professeur Schumann; nous proposerons de la libeller comme suit, en nous basant à la fois sur les caractères tirés des fleurs et des fruits.

l'HYSOCArLIS Jiaker.

A. Sépale libre entier.

a) Sépale libre non apiculé et cuspidé, inflorescence pendante.

i» Graines grosses, renflées, anguleuses M. venir icosa.

20 Graines deux-trois fois plus petites, subglobuleuscs . . M. Schveinfiirthii.

b) Sépale libre apiculé ou cuspidé, inflorescence dressée, graines

petites, subglobuleuscs M . rUphiifitorum.

li. Sépale libre trilobé.

a) Graines lisses.

I" Inllorescences relativement courtes.

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