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santé apparente, elle présenta un état grippal avec fièvre élevée.
Elle entre alors, à Grenoble, à la clinique des Alpes; après une huitaine de jours, on constate qu’il existe à la base pulmonaire droite un épanchement de volume modéré. Une température encore élevée laisse supposer qu’il s’agit d’un épanchement purulent, mais les symptômes, aussi bien fonctionnels que physiques, semblent discrets; toux, expectoration banale, pas de dyspnée notable.
A l'examen on constate : matité de la base droite, s'étendant sur trois travers de doigt; abolition des vibrations vocales à ce niveau. L’auscultation ne donne qu’un seul signe appréciable : l’abolition du murmure vésiculaire. Il n’y a ni souffle, ni égophonie, ni pectoriloquie aphone.
L'examen du cœur, des urines, du foie, de la rate, des réflexes est négatif.
Le 8 janvier 1927, une ponction est pratiquée; on éprouve de notables difficultés pour traverser une plèvre très indurée. On retire 200 ce3 d’un liquide jaunâtre à peine louche.
L'examen microscopique est effectué par M. le Docteur Perrin, directeur du laboratoire central des hôpitaux de Grenoble. I1 a la surprise de constater, au simple étalement entre lame et lamelle, de nombreux éléments volumineux, anguleux, qui s’identifient aisément comme des cristaux de cholestérine. Ils sont très abondants; leur accumulation donne, en certains points, l'aspect d’un pavage irrégulier. La recherche du bacille de Koch à l'examen direct est positive. On
parvient à mettre en évidence quelques bacilles tuberculeux.
Un examen macroscopique attentif du liquide est alors effectué. On constate qu’il existe une multitude de points brillants micacés qui auraient déjà pu faire songer à la présence de cristaux de cholestérine dans l’épanchement. Abandonné, au repos le liquide se décompose en deux couches : une couche supérieure transparente très abondante de coloration jaune citrin et un sédiment boueux trouble plus foncé. Il contient la plupart des cristaux. Par agitation, les deux couches tendent à se mélanger; les cristaux s'élèvent dans le liquide en formant des trainées à reflets soyeux, moirés.
Examen des crachats négatif pour le bacille de Koch.
Une amélioration assez rapide survient après la ponction; la température tombe; la malade peut quitter la clinique.
Elle est revue un mois après (15 février 1927) : son état général s’est beaucoup amélioré; elle tousse encore un peu, mais sans expectorer. L’examen montre qu’il existe encore un peu de liquide dans la plèvre droite.