‹ Les Pleurésies Putrides: Conception actuelle de la QuestionChapitre 23 sur 44 · OBSERVATION PERSONNELLE N° IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION PERSONNELLE N° IV

Madame V.., âgée de 32 ans. entre dans le service le 5 jarvier 1927 pour toux et point de côté.

Elle raconte que la maladie qui l'amène actuellement à l'hôpital, remonte à 4 jours : le 1* janvier en effet, à 7 heures du soir, elle a ressenti un point de côté violent à la base gauche du thorax ; en même temps. elle a été prise de quintes de toux violentes douléureuses mais qui ne se sont pas accompagrées d’expectoration. Le 3 janvier, un médecin est appelé qui conseille à la malade de garder le lit et lui donne une potion pour la toux ; le point de côté persiste, mais la toux est devenue grasse ; l’expectoration est mousseuse, aérée; les crachats ne sont ri rouillés ni sanglants.

Le 5 janvier, la malade ne paraît pas fatiguée ; elle

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répond facilement aux questiors posées. L'examen révèle une submatité de la base gauche avec diminution des vibrations et râles sous-crépitants, Rien à droite. Le reste de l'examen est régatif.

La malade nous raconte que depuis l’âge de 13 ans, elle tousse et crache chaque matin ; qu'à l’âge de 26 ans, elle a présenté une affection qualifiée de bronchite chronique pour laquelle elle aurait été alitée pendant 6 mois. Elle ne sait pas si au cours de cette affection, elle a eu de la température ; elle toussait et crachait mais r’a jamais eu d'hémoptysies. À vrai dire, il n’a pas; été attaché à ces antécédents l'importance qu'iis méritaient ainsi que le reste de l'observation le montrera. L’affection aiguë de cette malade fut considérée comme une congestion pulmonaire grippale d'autant plus facilemert que plusieurs autres malades de nos salles étaient hospitalisés pour la même raison.

Les symptômes s’amendaient ; la malade ne crachait presque plus et la température descendait au-dessous de-38°,

Le 10 janvier, nous trouvons à la malade un aspect fatigué et un teint terreux ; d'autre part, la fièvre est montée depuis la veille au soir et atteirt maintenant 39°. Elle se plaint d'un point de côté assez intense et une dyspnée légère est apparue. L'examen du thorax nous montre des signes différents de ceux trouvés les jours précédents : matité des deux tiers inférieurs de l'hémithorax gauche, abolition complète des vibrations, souffle à timbre cavitaire au niveau du tiers moyen du thorax, pectoriloquie aphore et bronchophonie. Une ponction exploratrice est pratiquée et ramène un pus brunâtre d’une odeur extrêmement fétide. L’expectoration r’a aucune odeur actuellement mais la malade nous affirme que la veille au soir elle a eu un crachat d'une très grande fétidité. Une radioscopie est pratiquée immédiatement ; elle montre un épanchement hydro-aérique de la grande cavité ; le niveau liquidien atteint le poirt G de l'ombre cardiaque ; la poche aérienne refoule en haut le poumon qui reste adhérent au

SG

sommet. La malade ne présente pas de troubles articulaires, le ventre est normal, la région appendiculaire nest aucunement douloureuse. Le diagnostic de pleurésie putride, de pyo-pneumothorax par exhalaison est porté.

La malade est transportée immédiatement dans le service de chirurgie où une pleurotomie d'urgence est pratiquée, une grande quantité de liquide sanieux est évacuée. Ce liquide est ensemercé en gélose profonde de Veillon pour la culture des anaérobies.

Les suites opératoires ont été excellentes ; après une température à 40° le soir de l'intervention, la température baïssa en lysis pour atteindre 37°5 en huit Jours.

Pendant les jours qui suivirent, nous fûmes étonnés de ne pas noter la formation de gaz dans nos tubes de Veillon, des cultures poussaient mais ne dégageaient pas de gaz. Quelques jours plus tard nous pouvions identifier ros cultures, composées de staphylocoques et de bacilles ramosus.

Puisque l’on ne trouvait pas de gaz dars les cultures, il ne devait pas s'agir de pyo-pneumothorax par exhalaison. C’est alors que les antécédents que nous avait sigralés la malade, nous permirent de penser qu'il s’agissait peut-être d’une dilatation des bronches.

Quand la température de la malade fut revenue à 37° nous pratiquâmes une injection intra-bronchique de lipiodol à gauche qui nous montra de grosses dilatations moniliformes.

Une réaction de Wassermann pratiquée dans l’intervalle était positive. La présence d'air dans la plèvre au moment de pyothorax était due selon toute vraisemblance à une perforation bronchopleurale minime qui, en même temps qu'elle permettait l’ensemencement de la plèvre, permettait à l'air bronchique d'y pérétrer.

En résumé. — Chez une malade syphilitique présentant des antécédents bronchiques survient en

M. nee

période d’épidémie de grippe une congestion pulmonaire d'apparence banale mais au cours de laquelle se produit brusquement un pyo-pneumothorax que l'injection de lipiodol brorchique permet de rapporter à une dilatation des bronches.

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