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En raison de l’habituelle faiblesse de l’état général des malades, l'intervention est pratiquée sous anesthésie locale. L'anesthésie générale en effet serait non seulement dangereuse pour ces malades aflaiblis et qui peuvent présenter sous leur pleurésie un élément pulmonaire important (gangrène, bronchectasie, tuberculose) mais elle serait encore hors de proportion avec l'intervention à pratiquer.

Cette intervention consistera en une pleurotomie ; celle-ci suivant certains auteurs sera une pleurotomie a minima, à faible ouverture, simple incision intercostale sans résection costale permettant le passage d'un drain pour l'évacuation du pus. Cette pleuro-

tomie sera quelquefois faite à drainage dit fermé sui-.

vant le procédé de Grégoire, Delbet ou plus récemment de Coquelet. D'année en année la pleurotomie simple est préférée à la pleurotomie avec résection costale. Elle sera employée chez les malades très fatigués et qui ne pourraient pas supporter le choc beaucoup plus grave d’une pleurotomie avec résection costale.

Quand l'état général du malade le permet, ce qui est Île cas le plus fréquent, il est préférable de faire une pleurotomie large avec résection costale, cette pleurotomie permettra des lavages faciles, et surtout une évacuation complète des membranes et des débris

sphacélés.

Ces pleurotomies seront faites après repérage radiologique ; celui-ci se fera soit sans lipiodol par simple repérage externe qui sera facilité lorsque le niveau

liquide de l'épanchement pourra être amené au niveau dùü cul-de-sac diaphragmatique en faisant pencher le malade du côté opposé.

Quand il s'agira d’une pleurésie putride sans épanchement gazeux, il sera préférable de recourir au repérage lipiodolé qui consistera à trouver le point déclive par une injection intra-pleurale de lipiodol. Pour plus de facilité un index métallique pourra être fixé sur la peau du malade au niveau du lipiodol, ce qui rendra plus aisée l'intervention au point déclive.

Ce repérage du point déclive sera surtout utile dans les pleurésies putrides enkystées axillaires ou interlobaires.

Après l'intervention le drain sera laissé en place, il sera utilisé pour pratiquer les lavages de la plèvre. Ceux-ci seront pratiqués avec différentes substances dont le véritable intérêt sera une action mécanique. Les liquides les plus souvent employés sont : l'eau physiologique, l'acide borique, les hypochlorites, le permanganate de potasse, l’optochine.

Les suites de l'opération sont variables avec l'état générai du malade et avec les conditions pulmonaires locales. Il est évident que si la fistule pleuro-pulmopaire est minime, la guérison sera rapide le plus souvent, Si au contraire il s’agit d'une perforation large, la guérison sera plus difficile ; l'on pourra parfois voir persister une fistule interminable, intarrissable. Quelquefois même une intervention itérative devra être faite pour supprimer ou drainer largement le foyer pulmonaire, facteur de la pleurésie putride.

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