‹ Les plus beaux discours de Saint-JustChapitre 10 sur 22 · CONTRE BEURNONVILLE · texte numérisé non relu

CONTRE BEURNONVILLE

Allocution prononcée par Saint-Just au club des jacobins

Envoyé en mission dans l'Aisne et dans les Ardennes par le Comité de Salut Public, Saint-Just exerce un contrôle sévère sur les régions visitées. Et ce qu'il voit blesse cruellement son âme républicaine et son intégrité Spartiate.

Partout le désordre, l'incurie, le gaspillage des deniers publics.

Saint-Just n'est pas de ceux qui ferment les yeux et qui se taisent. Il rentre à Paris, bien décidé à réclamer des sanctions impitoyables.

Mais avant de proposer au Comité de défense générale les mesures qui s'imposent pour le salut du pays, il exhale sa généreuse indignation dans la brève harangue qu'on va lire, prononcée le 31 mars à la tribune des Jacobins.

J'annonce à la Société que Beurnonville est un traître. Citoyens, je n'ai pas trouvé un seul homme de bien dans le gouvernement, je n'ai trouvé de bon que le peuple.

Il n'est pas encore temps de démasquer Beurnonville. 11 faut écraser le masque sur sa figure, sans le lever. Dans les villes que j'ai parcourues, je n'ai trouvé ni armes, ni munitions suffisantes. Ennuyé d'écrire à Beurnonville et de ne recevoir aucune réponse, je suis revenu à Paris pour présenter un tableau de notre situation: si je ne puis me faire entendre au Comité de défense générale

et lui faire adopter des mesures vigoureuses et conformes aux circonstances critiques où nous nous trouvons, je reprendrai ma mission, et je me char gérai moi-même de l'exécution des mesures que commande le danger de notre position.

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