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La guerre actuelle, crise économique sans précédent dans l’histoire, affectant à la fois-la production, la circulation et la consommation, devait avoir ses répercussions sur la valeur du sol urbain, répercussions que l’on pressent plutôt qu’on ne les constate, les travaux stat'stiques ayant été, pour de multiples raisons, fort négligés depuis 1914. Aussi ne doit-on accorder qu’un crédit limité aux chiffres fournis (1).
L'unité du phénomène de plus-value semble ici loin d’être réalisée : la valeur du sol urbain varie suivant les époques ou les localités envisagées.
Dans les premiers mois de la guerre, jusque vers le mois de décembre 1914, il apparaît cepen- -dant que la moins-value a été à peu près générale : la mobilisation, causant une brusque restriction de la demande des logements, les mesures moratoires, suspendant les obligations pécuniaires des locataires, expliquent suffisamment le mouvement. Des cas particuliers de plus-values sont toutefois signalés à Bordeaux et sur la côte sud-est : les habitations, recherchées par une nombreuse population en exode, font prime. Des appartements, loués en juillet 1914 à 1.200 et à 1.900 francs sont offerts dès la fin août à 2.000 francs el à 2.800 francs.
En 1915, bien que l’activité économique reste
x. Les renseignements fournis l’ont été par une société immobilière qui nous a prié de lui conserver l’anonymat. Quand nos chiffres dériveront d’une source différente, nous le signalerons en note.
encore fortement limitée, dans certains centres, vers lesquels l'industrie de guerre s’est portée : Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, Bourges, par exemple, l'offre de logements devient insuffisante el des plusvalues se manifestent. A Toulouse, les locaux d'habitation sont en. plus-value de 100 à 300 0/0. À Paris, par suite de la proximité du front de bataille, dans des cités nombreuses ‘qui sont restées stationnaires,la moins-value se manifeste avec une intensité sensible : aucune statistique officielle ne la constale, mais la preuve en est donnée par la lecture de multiples contrats privés. À Paris, de nombreux propriétaires consentent à leurs locataires des réductions de loyer s’élevant parfois jusqu'à 50 0/0. Un apparte-. ment de 3.000 francs, situé dans une rue peu fréquentée du XVIe arrondissement, est laissé à dispoasilion moyennant 1.500 francs, à condition que le preneur, bien que mobilisé, ne se prévale pas des moratoires. Les réductions de 10, 20, 25 o/o sont fréquentes. A l'étranger, il en est de même : au Canada, la valeur du sol est en décroissance,
En Suisse, à Zurich plus particulièrement éprouvé par la mobilisation de la puissante colonie allemande, on enregistre des moins-values,
Valeur locative totale Valeur locative (3) par habitation (4)