‹ Les Plus-Values: Base d'ImpositionChapitre 29 sur 272 · Annuaire statistique de Belgique, x91r, p · texte numérisé non relu

Annuaire statistique de Belgique, x91r, p

Co

traires, elle n’a pas en tout cas ni l'intensité, ni la continuité automatique que souvent on lui prêétait.

Comparativement à la plus-value urbaine, elle apparaît moins dégagée de l'effort individuel, nettement plus faible et tout aussi irrégulière. Cependant elle a une extension géographique plus grande que celle-ci : En effet le sol urbain est utilisé pour luimême, et n’est susceptible que très relativement d’une concurrence externe, la valeur s'établit donc en fonction des besoins locaux et sans tenir compte des disponibilités qui sont hors de l’axe de développement immédiat de la cité. Par contre, la terre de culture n’est pas recherchée en elle-même, mais pour les produits qu’elle fournit. Or, pour la généralité de ceux-ci, le marché n’est pas régional, mais national ou même mondial, aussi y a-l-il tendance à une uniformisation, toutes choses égales du reste, du mouvement des plus-values foncières dans le monde. L'activité industrielle qui règne à Londres n’a aucune raison d'entraîner la hausse des terrains à Paris ; mais, au contraire, la cherté du blé en France, qui suscite un taux de capitalisation plus élevé de la. terre, fait de notre pays un centre d'attraction pour le marché mondial, opère par cela même une raréfaction de la denrée dans les autres centres, et provoque ainsi indirectement une augmentation de la valeur des terres étrangères. Les statistiques précédemment cilées, apportent confirmation de ce fait :

bot

on a pu en effet constater que partout en Angleterre, en France et en Belgique la valeur du sol rural qui s’élait accrue synchroniquement de 1850 à 1895, a depuis cette date synchroniquément décru,

Les influences de la guerre sur la valeur des terres agricoles sont certaines, mais restent inconmues, l'Administration ne s'étant livrée à aucune évaluation officielle et les particuliers gardant soigneusement le secret de leurs bénéfices.

Des très raré$ renseignements qui ont pu être recueillis sur la matière, il semble apparaître qu’en 1914 et 1915, par suite de la pénurie de main-d'œuvre et des réquisitions militaires, la terre a subi une forte dépréciation.

Lorsque la vie économique reprit en 1916, entrainant par suite de la raréfaction de tous les produits une hausse générale des prix (1), les revenus fonciers, par ce fait même, s’amplifièrent. L'Etat, devenu le seul intermédiaire entre la Production et la Consommation, accentua le mouvement en consentant par une laxation très large une prime à la culture (2). En Seine- et: Marne, un domaine qui rapportail en moyenne 50.000 francs par an, procurait à son propriétaire en 1917 un revenu de 100.000 fr. Dans l'Hérault, un vignoble qui, en temps normal,

Page 1