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Livre IX, chap. I, p

produit du travail (1). L'égalité de droit sera réalisée, seules les qualités naturelles, inhérentes à chaque individu, travail, intelligence, prudence, adresse, continueront à différencier les individus entre eux. Le travail et le capital recevront intégralement leur récompense... La misère et la crainte de la misère disparaîtront. Les hommes ne lutteront plus pour trouver du travail. Les progrès de la science et de l'invention, la diffusion des connaissances apporteront à tous leurs bienfaits (2).

« Des talents aujourd’hui rachés, des vertus inconnues se révèleront et rendront la vie plus riche, plus complète, plus heureuse et plus noble » (3). En un © mot: l'humanité vivra son âge d’or ! |

La doctrine de George eut un succès prodigieux. Des ligues ayant un caractère mystique se fondèrent pour propager les préceptes du Maitre ; de grands esprits se laissèrent séduire (4) : Tolstoi (5) fut parmi eux ; il crut en l'efficacité de l'impôt unique, pour résoudre la question agraire, pour améliorer le

4. Parmi eux Joseph Fels,américain qui, enrichi par la spéculation | foncière, consacra sa vie et sa fortune à F'Idée.

5. Information, 21° année, n° 23, 23 janvier 1919 : La loi de Lenine et la propriété du sol, par H. Laporte.

Art. 1*. — Le droit de propriété sur la terre, le sous-sol, les eaux, les forêts et les forces naturelles est aboli pour toujours dans les limites de la République socialiste fédérative russe. :

Art. 2. — La terre sans rachat d'aucune sorte est attribuée en jouissance à tout le peuple travailleur. Le droit de jouissance sur la

sort des travailleurs et pour conjurer la révolution

sociale.

Esprits mathématiques, Gossen puis Walras, devaient traduire en conséquences réalistes la pensée idéale de Georges.

Walras continua l’œuvre de Gossen (1), qu'il fit

x = terre n'appartient qu’à ceux qui travaillent eux-mêmes, sauf les cas spécialement prévus par la présente loi. .

Art. 3.— Tout matériel agricole privé, animé, ou ‘inanimé, passe sans aucun rachat entre les mains des travailleurs.

Arte 8. — Tout excédent de revenu résultant de la fertilité naturelle des meilleures parcelles et de la meilleure {situation des marchés sera mise) à la disposition des organes du gouvernement des Soviets au profit des besoins sociaux.

La République des Soviets a réalisé par une loi de février 1918 (cidessus citée)cegrand idéal de justice que préconisaient George et Tolstoï. Tolstoï s’est préoccupé de la question agraire russe et la singletax lui a paru la meilleure solution. Certains passages de Résurrection: Le grand péché social sont consacrés’ à la théorie géorgienne. Enfin, de nombreux articles du Maître dela pensée russe viennent apporter sou adhésion à la doctrine de George. Parmi eux, signalons un articles écrit au lendemain de la Révolution russe de 1905, à Jasnaia Poliana, le 0 novembre/18 décembre 1906 et traduit en français par J.-W. B. dans lOpinion du 2 juin 1917, pp 622-624. Dans cet article, Tolstoï adopte complètement les idées et les espoirs de George : à signaler seulement le respect plus grand dont il témoigne pour les droits acquis des propriétaires fonciers el un sens plus développé des réalités actuelles. Mais comme l'imposition totale de la terre avec la suppression de tous les autres impôts et droits serait yuineuse pour

- beaucoup de propriétaires fonciers et d’industriels et que l’introduction de l'impôt unique exige l'évaluation exacte des terres, ce que l’on ne peut faire d’un coup, cette mesure serait introduite peu à peu. D'abord la première année, l'impôt unique porterait sur 10-15-20 ou 30 o/o de toute la rente. L'année suivante sur une autre partie égale, ainsi de suite jusqu'à ce que tous les impôts et droits soient remplacés par l’impôt unique.

1. Dès 1854, un ancien assesseur du Gouvernement à Cologne, nommé Herman-Henri Gossen, publiait à Brunswick un ouvrage intitulé Entwicklung der Gesetze des menschlichen Verkehre und der

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connaître. Comme lui, il était partisan de la pationalisation du sol, mais pour des raisons moins strictement utilitaires. Il invoque souvent le principe de justice. « Si la société était un fait couventionnel et libre, les individus, contractant pour l'établir, pourraient décider d'un partage égal des terres entre eux, mais si elle est un fait naturel et nécessaire, toute aliénation des terres est contraire au droit naturel

parce qu’elle lèse les générations futures » (1). « Le fait de la plus-value de la rentè foncière dans une société progressive étant une fois bien constaté par l'expérience et bien expliqué par le raisonnement, il en résulte qu’abandonner les terres aux individus, au lieu de les réserver à l'Etat, c’est faire profiter à plaisir une classe parasite de l’enrichissement qui

deraus flossenden Regeln fur menschlishes Handeln (Exposition des lois de l'Echange et des Règles de l'Industrie qui s’en déduisent) dans lequel il donnait à la fois-une théorie mathématiqne de 1 a richesse sociale extrêmement avancée el une théorie non moins remarquable de l'attribution des Sfermages de l'Etat.

Voir Walras, Etade d'Economie sociale, Paris. Pichon, 1896 ; Un économiste inconnu, Hermann-Henri Gossen, p. 351-374 et Journal des ÆEconomistes, avril et mai 1885; Walras, op. cit., p. 270-271.

Gossen préconisait la nationalisation par affermage au plus offrant du sol; 1° pour augmenter la productivité des terres. a)La nationalisation devant inciter le fermier à un dur labeur, nécessaire pour récupérer le lourd fermage qu’il paie à l'Etat ; 6) elle lui rend le travail attrayant puisqu'il sera libre de choisir le lieu où son activité se développera; 2° pour réaliser l'égalité des conditions: L'individu apte à la culture peut en effet cultiver le sol sans avoir à faire les avances : de capitaux nécessaires à l'achat d'un coin de terre; 3 pour simplifier les rapports juridiques ; 4° pour couvrir les dépenses publiques avec le prix des fermages et ainsi supprimer l'impôt et son injustice.

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