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D'autre part, LEPINE met en évidence qu une inoculation d'épreuve pratiquée sur un animal récemment immunisé et non suivie de réaction, renforce considérablement, et pour une période prolongée, l'état d'immunité de cet animal vis-à-vis de toutes les souches de typhus exanthématiques, quelle que soit leur orgine. Ceci nous amènera à faire des réserves, ultérieurement, sur les résultats publiés par G. BLanc, au sujet de la longue immunité chez des hommes vaccinés, mais qui ont été éprouvés peu
après leur vaccination à l’aide de typhus murin.
G. BLANC étudia l'immunisation croisée, chez l'homme: il se servit en particulier de quatre souches de typhus murin, isolées à Casablanca, et ca-
ractérisées par leur faible virulence: elles ne donnent
qu'une maladie bénigne à l'homme. Il a étudié l’im-
munité croisée de ces quatre souches de typhus murin
entre elles, et aussi avec des souches de typhus mu-
rin isolées à Toulon, et avec le virus mexicain de Zansser. Les sujets infectés ont été éprouvés de douze jours à cinq ans après leur première atteinte. Dans tous les cas, l’immunité a été absolue. Et les épreuves au moyen de souches historiques, chez ces mêmes
sujets, ont montré la même immunité absolue.
a) Vaccin BLANC.
Devant l'impossibilité, chez l'homme, de déclan-
cher une infection inapparente par doses minimales
AL
de virus pur (BazTazarp), ces auteurs essayèrent de modifier le pouvoir agressif du virus vivant : seule Ja bile permet d'atteindre le résultat cherché.
Le virus bilié inoculé au cobaye, par voie intrapéritonéale, lui donne un typhus murin avec vaginalité; le virus est donc vivant. Inoculé dans la peau, l'animal fait toujours une infection inapparente, et
acquiert l’immunité.
Chez l'homme, l'inoculation de virus bilié, même à forte concentration, injecté par voie intra-musculaire, ne dorine que 20 % de réactions fébriles, alors que le même virus non bilié donne 90 % de réactions. À forte dilution, chez l'Indigène marocain, le virus bilié ne provoque qu'un nombre restreint de réaction (moins de 5 pour 1.000).
La bile agit non pas en tuant le virus, comme le prétendait M'° RoNsE, mais en l'atténuant : des expériences, en effet, montrent que [l’homme a une sensibilité au moins mille fois plus élevée que celle du cobaye: or, le virus bilié infecte le cobaye.
Ce qui change, ce n'est pas la nature du Virus, mais son mode de pénétration et de multiplication: on est en présence d'un phénomène physico-chimique, que l'on ne connaît pas, et que l'on peut désigner sous le terme vague « d'enrobement ».
On pouvait espérer que le virus bilié, s’il donnait
bien une maladie inapparente, devait conférer une
immunité forte et de longue durée.
Des sujets vaccinés, n'ayant pas fait de réaction, ont été éprouvés de douze à deux cents jours après, avec des doses sûrement infectantes de typhus murin. Îls ont tous résisté. A signaler que ces vaccinés faisaient tous, alors, un clocher fébrile, pouvant monter à 40°, d'une durée de 1 à 2 jours, apparaissant 48 heures après l'inoculation d'épreuve. Cette signature du produit virulent serait la réaction locale à l'infection typhique, réaction rapidement jugulée et qui n'est pas suivie, comme chez le sujet réceptif, d'une
maladie fébrile.
La durée de l'immunité, chez les vaccinés, serait la même que celle qui suit l'infection typhique fébrile; nous avons pu la mettre en évidence quatre
ans après la vaccination.
Ce pouvoir préventif s'étend aussi au typhus historique : 10 sujets ayant résisté à l'épreuve au typhus murin ont été éprouvés au typhus historique (1/10 de cerveau de cobaye) : aucun n a réagi. L'immunité est de longue durée : 2 sujets éprouvés cinq ans et cinq mois après la vaccination sont immunisés contre
le typhus historique.