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SÉRUM DE CONVALESCENT

NicozLe, le premier, prouva que le sérum d'individus ayant guéri du typhus présente des propriétés neutralisantes à l'égard du virus exanthématique.

Il montra également que le pouvoir protecteur du sérum humain atteint son maximum dans les jours qui suivent la défervescence et quil commence à fléchir dès la 4° semaine, bien qu'il persiste habitu. ellement très longtemps. Cela fut confirmé par les travaux de WEIL et BREINL.

Fxpérimentalement, le sérum de convalescent exerce une action protectrice sur l'infection du cobaye (NicoLLe et ConsEiL), mais à condition d’être in- :

jecté peu après le matériel virulent (Daær et ScHna- BEL). ù

Ces notions générales ont conduit à essayer le sérum de convalescent, soit comme prophylaxie, soit

comme traitement du typhus.

A. Rôle prophylactique.

Il a été utilisé par NicozLE et Consrir. dès 1910.

il a rendu, depuis, les plus grands services.

Des individus en imminence de typhus à la suite d'une contamination certaine (personnel médical traitant, personnel de laboratoire piqués par un pou infecté), ont été protégés par une injection de sérum de convalescent (une fois 20 cc., ou deux fois 10 cc.).

C’est une méthode précieuse, mais :

— Elle ne peut être appliquée que dans les cas où il s'agit d'arrêter une infection certaine en incubation :

— Ilest difficile d'obtenir un bon sérum préventif:

La séro-protection ainsi obtenue est de courte durée.

Un seul échec de la méthode a été publié par DEcourT et SALLARD en 1930 : ils ont trouvé que des inoculations prophylactiques répétées avec ce sérum n avaient pu protéger cinq médecins et infirmiers, qui eurent des attaques sévères de la maladie, dont une

mortelle.

B. Rôle thérapeutique.

Les premiers, LEGRAIN de Bougie, en 1805, et RayNAUD d'Alger, en 1806, publient des résultats encourageants du traitement du typhus par le sérum de convalescent: il existe à la suite de ces injections une amélioration nette de l'état général sans, cepen-

dant, raccourcissement de la durée de la maladie.

Depuis ces deux auteurs, le sérum de convalescent a été très souvent employé, avec des résultats très variables: la majorité des publications donnent des résultats décevants : une telle thérapeutique ne semble pas arrêter l’évolution de la maladie ni en diminuer sensiblement la oravité. Ft NicozE pouvait dire : « J'ai démontré par des expériences nombreuses, et ceux qui m'ont suivi ont confirmé mes conclusions : le sérum des malades convalescents de typhus ne présente pas de propriétés curatives vis-

à-vis de la maladie. »

Mais il est souvent extrêmement difficile d’appré-

DE

cier la valeur d’une séro-thérapie, en particulier de

la séro-thérapie du typhus.

Quelques publications font l'éloge de cette thérapeutique; G. Moxvoisin, en 1910, rapporte le résultat de l'application de ce traitement chez les malades du camp de prisonniers de Wittenberg ( 1915): malgré des conditions hygiéniques déplorables, l'absence de médicaments, une trentaine de typhiques traités par ee sérum présentèrent un abaiïissement marqué de la température, une diminution de la fréquence du pouls, une amélioration notable de l’état général; et pourtant il injectait seulement 1 à 2 cc. de sérum de convalescent par voie intra-veineuse (le maximum injecté a été 8 cc.) :

Ce moyen thérapeutique est toujours employé : nous avons pu connaître, en particulier, les résultats

d'essais très intéressants faits actuellement à Alser.

Il existe à l’Institut Pasteur d'Alger un service de sérum de convalescent dirigé par le D' Bécurr; ce Service, extrêmement perfectionné, permet d’avoir un stock important de sérum de convalescent, et d'en mettre d'importantes quantités à la disposition des médecins traitants. De nombreux malades ont pu être ainsi traités dans toutes l'Algérie, et surtout dans le Service des contagieux d'Alger, dirigé. par le D' LEMAIRE, qui publia les résultats obtenus.

Les quantités injectées sont importantes : 100, 200

ETS

centimètres cubes, et souvent plus ; diverses voies d'inttoduction ont été essayées : voie sous-cutanée intra-musculaire, intra-veineuse (après avoir toujours vérifié, dans ce dernier cas, si le sérum injecté n'agglutinait pas les hématies du sujet receveur). Le sérum est injecté le plus précocement possible, à des doses relativement massives d'emblée, qui peuvent

être répétées les jours suivants s il y a lieu.

Il semble que, dans ces conditions, le sérum, s'il est injecté assez précocement, a un rôle favorable sur l’évolution de la maladie. L'effet le plus souvent observé est le rétablissement de la diurèse, avec abaissement du taux de l’urée sanguine; mais s'agitil, là, d'une action due au sérum ou au rôle proprement spécifique du sérum anti-exanthématique. On note également, assez souvent, une amélioration de la symptomatologie générale et fonctionnelle, mais sans modification sensible de la courbe fébrile, ni réduction de la durée de la maladie. Cependant, dans quelques cas on remarque une amorce de la défervescence qui suit immédiatement les injections de sérum, sans raccourcissement de la courbe, qui

présente alors une chûte en fysis plus accentuée.

Dans l’ensemble, donc, les résultats du traitement par sérum de convalescent sont assez décevants. Les meilleurs résultats publiés sont ceux de P. Duranp, qui injecte par voie rachidienne environ 25 cc. de

sérum de convalescent. Il publia, en 1032, douze cas

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