‹ Les poèmes à tous crinsChapitre 46 sur 56 · ÉVÉQUE DE MONTMARTRE · texte numérisé non relu

ÉVÉQUE DE MONTMARTRE

LORSQUE je m'en irai rejoindre les planètes. Qui tourmentèrent tant le savant Babinet; Lorsque je quitterai garçons de cabinet, Boulevards et journaux, Margotons et Toinettes;

Quand la mort pour me prendre aura mis ses lunettes. Cette profonde joie, où Ton me reconnaît, Car je ne la tiens ni des pots ni des canettes, Tonnera vaillamment dans un dernier sonnet!

Je rêve de dormir sous un tertre robuste,

Sans discours, sans regret, sans médaillon ni buste:

Pour me fermer les yeux tu passeras les ponts.

Ta main, qui me tendit bien souvent la salière, Dans ces grands cabarets où parfois nous soupons. Ta main blanche, ô prélat! coudra ma serpilière.

Juillet iSSo.

RIMES TRUANDES l8f

c4 CcATULLE ^fE^VÈS

Nous vivons en un temps bien singulier, Catulle. Les uns ont proclame qu'il faut aller au Mans, Quand on veut découvrir des sujets de romans; Pour d'autres, l'Idéal n'est visible qu'à Tulle.

Décadent radieux, dédaignant la spatule

Qui servit à pétrir les écrits assommants.

Vous vous plaisez partout, comme les nécromants;

Et votre œuvre s'étend d'Auteuil à la Vistule.

Ah! vous les connaissez, les tempêtes du cœur! Des serments méconnus vous évoquez le chœur, Avec la plume d'or qui ne sied qu'aux poètes.

Et, quand vous cesserez d'écrire ou de conter Vos récits, vagabonds ainsi que des mouettes, Mercure écrasera l'Esprit pour le dompter!

RIMES TRUANDES 187

c4 THLLlTTE-oAUGUSlE VE VILLIE\S VE LlSLE-oiVz^m

Page 1