‹ Les poëmes dorésChapitre 26 sur 31 · LE REFUS · texte numérisé non relu

LE REFUS

Son miroir semble une peinture - Que quelque vieux maître amoureux Offrit à la race future, | Claire sur un fond ténébreux,

Tant la beauté qui ÿ ÿ reflète À d’orgueil ét d’apaisement, Tant la somptueuse toilette Endort ses plis docilement,

Et tant cette forme savante Paraît d’elle-même aspirer A l’immobilité vivante

Des choses qui doivent durer.

Pendant que cette créature, Rebelle aux destins familiers, Divinise ainsi la nature

De sa chair et de ses colliers,

Le miroir lui montre, dans l’ombre Son mari doucement venu, | Au bord de la portière sombre, Offrir son visage connu.

Elle se retourne sereine, Dans l’amas oblique des plis, Qu'en soulevant la lourde traîne

Son talon disperse, assouplis

Darde sans pitié, sans colère, La clarté de ses grands yeux las Et, d’une voix égale et claire,

Dit : « Non! je ne vous aime pas. »

Février 1875.

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