DEVANT LA BARRIERE BLANCHE
Tout se détruit, s'use ou se tue...
Est-ce le mal, est-ce le bien?
A comprendre je -m'évertue, Mais je n'y puis comprendre rien.
Pour la capitale du monde.
Surtout pour les riches dîneurs, Trois cents bœufs, couverts de sueurs.
Passaient sur le chemin de ronde..
Ils s'en allaient à l'abattoir.
Debout à l'angle d'un trottoir.
Je voyais, comme en un nuage D'où sourdaient des mugissements.
S'avancer les grands bœufs fumants.
Cornes en l'air, naseaux en nage.
Six gardiens les menaient au trot; Six bouchers remplissaient leur tâche; Pour eux, six fouets n'étaient pas trop:
Les six fouets frappaient sans relâche ; Six chiens mordaient les bœufs aussi.
Venant du marché de Poissy.
Mais alors devant la barrière.
Les plus fatigués, en arriére,
Faisaient entendre aux alentours Leurs beuglements tristes 8l sourds- Armé d'un lourd bâton de chêne.
Par plaisir, suivait un gamin Qui frappait, le long du chemin.
Les jarrets des boeufs hors d*haleine; Quand ces bœufs, conduits à la mort, .
Comme pressentant Tagonie, Semblaient, dans un dernier effort.
Humer leur dernier jour de vie l
De ces animaux condamnés Je pensais au sort pitoyable ; Alors j'ai JUutqué sur le nez De ce féroce petit diable Quelques coups, mais intelligents; Pour lui démontrer, de la sorte.
Comme pour tout le monde importe Le droit des bétes & des gens.