‹ Les poésiesChapitre 110 sur 133 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

« Oh! monsieur, prenez garde aux loups!

Partir si tard! Restez chez nous.

— Mes bras sont forts , la route est claire , De la neige on a la lueur.

J'embrasserai plus tôt ma mère.

Adieu, mes amis, j'ai du cœur.

— Restez chez nous, la table est mise, Le feu flambe dans le foyer.

Vous partirez dès l'aube grise.

Restez, monsieur le cavalier. »

Le cavalier se mit en selle , Chacun eut beau le supplier ; A la clarté d'une chandelle, II" but le coup de Tétrier.

Un pied de neige est sur la glace.

A chacun il serre la main.

La route à travers les bois passe.

On lui héla dans le lointain :

« Oh! monsieur, prenez garde aux loups!

Partir si tard! Restez chez nous... ))

Il fend l'air,* son bruit sourd s'efface ; Et lui se perd dans le brouillard...

Chacun de nous, droit à sa place.

Augura mal de ce départ.

La nuit, sait-on ce qui se passe...

Qu'importe! Il eut un sort fatal.

On n'a jamais rjCtrouvé trace Du cavalier ni du cheval.

Jeunes gens, prenez garde aux loups, Quand vous passerez par chez nous!

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