‹ Les poésiesChapitre 113 sur 133 · RONDE-BALLADE · texte numérisé non relu

RONDE-BALLADE

La belle à la rivière Laissa tomber son anneau d*or.

Et le batelier Pierre, La voyant pleurer sur le bord.

Lui dit : n Mademoiselle,

Pourquoi pleurer ainsi?

— Mon anneau d'or, dit-elle.

Vient de tomber ici.

— Ne pleurez pas, la belle : Je vous aime, & le trouverai.

— Ppur cela, répond-elle.

Oh ! que je vous embrasserai ! »

Alors jetant sa veste ,

Sa veste sur le bord ,

Il plonge, & longtemps reste

A chercher Tanneau d'or.

Quand il revint sur l'onde, Il dit : « Ne désespérez pas;-

La rivière est profonde.

Et votre bague, un peu plus bas. »

Pierre, au pied d'une roche.

Ayant trouvé l'anneau.

A des algues l'accroche , En remontant sur Teau.

L'anneau retombe... Et Pierre, Le cœur plein d'espoir , dit encor ,

A la belle en prière :

« Vous aurez votre bague d'or. »

Il refouille l'abîme,

Mais efforts superflus!

De son amour victime,

Pierre ne revint plus.

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