MELANCOLIE
I3ii jour vient où la foi chancelle, où l'esprit doute ; Où Vardste se dit : est-ce mal, est-ce bien?
Il se demande alors s'il a fait fausse route, Et si l'art rayonnant est quelque chose ou rien.
Rien, il ne le croit pas; mais il courbe la tête; ' Épuisé de la lutte, il s'abandonne au sort... Il se résigne & dit : « Tempête sur tempête.
Ma barque va sombrer, à quoi sert mon effort?
Chaque orage, en passant, emporte de ma voile; Pour la raccommoder je n'ai plus'de morceaux ; Mon cœur n'a plus d'espoir, mon ciel n'a plus d'étoile. Comme une lampe pâle éclairant des. tombeaux.
Mon âme triste attend que le jour veuille naître. Vous, qui croyez au jour d'un éclat tout nouveau. Quand donc cet œil de feu viendra-t-il m'apparaître. Et plonger ses cils d'or jusque dans mon caveau?
Au hasard ballotté de chimère en chimère, J*aî cherché vainement un sort plus fortuné ; Mon collier d'espérance, hélas! est égrené... Le fil seul m'est resté, les perles sont à terre.
Comme parmi des loups un imprudent mouton^ Mordu, meurtri par eux, en fuyant leurs colères Aux ronces des sentiers laisse de sa toison, J'ai laissé des lambeaux de mon cœur aux misères. »