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RIQUET

Riquet le gai , Riquet le bon , Riquet,le joyeux compagnon, A la joyeuse trogne, Il vendange en Bourgogne!

Riquet, debout sur un coteau, Comme un drapeau sur un château, De loin se faisait reconnaître A son gilet rouge, à sa guêtre Montant au-desstis des genoux ; Grand chapeau, nez rubis dessous.

C'était le dieii du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Aussitôt que passait Riquet, Les vignes prenaient Tair coquet...

Ce que je dis est à la lettre ; Les vignes semblaient le connaître.

Et montraient du raisin bien noir Pour que Riquet vînt les revoir.

C'était le dieu du vin, peut-être , Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Riquet n'aime que la saison Du rouge automne. Il a raison.

Mais, quand il voit l'automne naître, Cela ne Tempéche pas d'être Ami du chaume ^ du salon, Et de s'appeler tout du long :

Riquet!... Le dieu du vin, peut-être...

Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Il avait sept cents vendangeurs Cueillant, taillant, chantant des chœurs.

Aucun n'eût osé se permettre D'aller- s'endormir sous un hêtre , Sous les vignes, un peu partout.

Tant que Riquet était debout.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Et du matin jusques au soir, La vendange allait au pressoir.

Chacun courait à la fenêtre Pour voir au lointain apparaître Sept cents hommes longeant les murs, Chantant, chargés de raisins mûrs.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Oh! tout le monde aimait Riquet, Et ce grand amour s'expliquait ; En tout il était passé maître.

Partout on le voyait paraître ; Aucune noce, en vérité, Où Riquet ne fût invité.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Si Ton avait quelque chagrin , En parlant à Riquet un brin.

Chacun retrouvait le bien-être.

Tout espoir venait à renaître.

Riquet ramenant la gaîté , Riquet ramenait la santé.

C'était le dieu du vin, peut-être., Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Sitôt que le jour finissait.

Alors le souper commençait.

C'est là qu'on voyait disparaître Dans l'immense banquet champêtre Les bœufs, les moutons & les veaux.

Et le vieux vin des grands tonneaux !

Riquet, c'était un dieu, peut-être...

Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon, A la joyeuse trogne , Il /endange en Bourgogne!

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