LE SOUVENIR
L'hi/er, lorsque le vent pleure sur les tombeaux; Ou Tété, sous la brise, alcjrs que nos pensées Ont des ailes d'azur & volent, balancées, Du brin d'herbe à la fleur, de la fleur sur les eaux.. Ou bien quand un clocher sonne au loin la prière. Le souvenir, lueur qui brille la dernière, Tamise du passé la cendre en poudre d'or. ' A nos yeux éblouis apparaissent encor.
Comme un essaim léger bourdonne un soir de fête , Les beaux jours disparus, les choses qu'on regrette. Ceux-là qui nous aimaient... Et ces foules, hélas! Chantent autour du cœur, volent autour des pas.
Souvenir ! joie en deuil , & reflet d'une flamme ; Escorte du rêveur, mirage de son âme; Trésor, nimbe vermeil, mystérieux pouvoir.
Parfum de la tristesse, & rose sur le noir...
Car* ainsi qu'une fleur a toujours son arôme , Chaque doux souvenir a toujours son parfum.
Tel un tombeau fleuri : sous la brise il embaume , Et ne contient pas moins les restes de quelqu'un !