LE DIMANCHE DES RAMEAUX
(( L'aube point, & les cloches tintent Pour le dimanche des Rameaux, Les cieux gris de rose se teintent, Le youT s'étend sur nos coteaux.
Dig, ding, don!., quand on carillonne Pour célébrer le renouveau, C'est le printemps qui vient, & donne Son buis, béni d'un vert nouveau.
Tout resplendit dans la campagne.
Et tout brille au soleil levant.
La brume entoure la montagne, Et tout est senteur sous le vent.
Le bois verdit, le champ verdoie.
Les cloches chantent au lointain; Aujourd'hui c'est un jour de joie.
Jour des Rameaux, quel beau matin !
Déjà la plaine est sillonnée De tous les gens des alentours; Les femmes ont pour la journée Revêtu leurs plus beaux atours.
On voit la foule qui serpente...
On voit du rouge, on voit du bleu.
On voit du blanc de pente en pente ; Tous vont rendre grâce au bon Dieu.
Et le portail de notre église Est tout jonché de grands rameaux, Dont chacun va prendre à sa guise Pour orner chaumes ou châteaux.
Le buis a remplacé le chêne.
Le buis joli, le frais buis vert.
Peut, jusqu'à la saison prochaine, Rappeler le printemps, l'hiver.
Hâtez-vous, voici la grand'messe.
Le carillon marche son train;
Dig, ding, don!.. Moi, rien ne me presse.
L'église touche mon terrain.
Dig, ding, don!.. Alors que j'écoute
Dans les champs ces sons argentins.
L'espoir, tout le long de la route.
Me dit : Bon asi, bons blés, bons vins!
Dig, ding, don!., comme on carillonne...
Quel beau temps il fait aujourd'hui!
Dig, ding, don!., le clocher s'en donne...
Je me réjouis avec lui.
A sa santé!.. Quand tout s'ébranle.
Ne renversons pas mon cruchon...
Sonnez, cloches!.. Tout est en branle; Chantons la mère Godichon!
Ce dig, ding, don. porte à la tête...
C'est étourdissant... le matin...
On peut, un jour de grande fête.
Risquer un pichenet de vin... »
Il dit, reboit, s'assoit à terre ; Puis enfin s'étend de son long ; S'endort ; & sans lâcher son verre, Balbutie encor : Dig, ding, don.