INTERIEUR
Nous nous écîons mis en mén^.
Tous deux nous aimions^ & contents ^ Comme en un petit ermitage Nous vivions aux hasards du temps.
Tout brillait là comme une glace ; £t^ comme dans un reposoir^ Chaque objet était à sa place; Luxe qu'on peut toujours avoir.
Dans cette modeste demeure Perdue au fond d'un grand jardin, .
Une horloge en bois sonnait l'heure, Fixée au réveille-matin.
En foule alors par la fenêtre Entraient rayons, senteurs ou vent.
Quand on ouvrait, trop tard peut-être.
Les volets au soleil levant.
De grands lilas pleins de feuillage Semblaient cacher ce nid exprès.
L'amitié formait l'entourage.
Et le reste venait après.
Le reste!... c'était la cuisine, Hélas! souvent en désarroi...
Mais toujours faisant bonne mine ; Tous les jours nous dînions, je croi.
Et quelle joie & quel miracle D'aller chez Comte! & dans Tété...
D'assister au petit spectacle y D'où l'on revenait enchanté.
Le bonheur est encor la chose Que l'on rencontre en n'ayant rien ; Mais rarement pour cette cause Qu'il faut savoir se trouver bien.
Au jour le jour vivant sans cesse , ^ Ainsi que de gais moineaux francs, Je n'ai jamais vu la tristesse En ce logis, pendant trois ans.
Après la troisième année (Heur & malheur vont tour à tour), Elle entra, la tristesse, un jour Dans ma demeure abandonnée!...