‹ Les poésiesChapitre 96 sur 133 · NOUVELLE-ORLÉANS · texte numérisé non relu

NOUVELLE-ORLÉANS

AU POETE PLACIDE CANONGt.

Villes, encouragez plutôt que de proscrire rVos fils harmonieux. L'un chante avec sa lyre. L'autre avec ses écrits, l'autre avec son pinceau; L'autre avec sa voix pure, ou son geste, ou son rire. La Vénus accroupie est un chant du ciseau.

Donnez à vos enfants au moins le temjps de naître. Chez vous, nulle grandeur ne peut-elle apparaître? Faut-il des inspirés anéantir la voix?

S'ils ont l'ordre de Dieu, quand Dieu seul est leur maître, Laissez donc là vos clous, vos ronces & vos croix!

A travers l'océan aux vagues en délire.

Toutes voiles au vent, lorsque passe un navire Refoulant sur ses flancs les flots en bondissant. Il brave & leur furie & leurs chocs , il soupire , S'incline, se relève... & domptant, franchissant La tempête qui hurle avec rage & folie , Il entre dans le port, prend son rang ; il oublie. . . Mais souvent ses grands mâts sont brisés en passant :

C'est ainsi du génie au milieu de la foule.

Du contraire heurté comme par une houle,

Il est plus attaqué que ne l'est un bandit !

En vain la calomnie autour de lui se roule ;

En vain Tacerbe injure autour de lui bondit ;

En vain surgit encor l'ignorance ameutée ;

En vain d'amers chagrins sa vie est tourmentée ;

Dieu lui dit : Marche! Il marche. On l'accable. Il grandit!

Tout grandit si Dieu veut. Des grandes eaux salées Les flots sont tour à tour montagnes ou vallées^ Oscillent sous les vents ^ se dressent dans les airs^ Balancent im instant leurs vagues déferlées.

Puis en réseaux d'argent tombent au fond des mers.

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