‹ Les poésiesChapitre 10 sur 172 · RENDEZ-VOUS POSTHUME · texte numérisé non relu

RENDEZ-VOUS POSTHUME

Lorsque nous serons morts, bientôt, lorsque nos ni6res Jeunes hélas ! auront détesté les chimères Qui poussent les enfiints de vingt ans au tombeau, Par un soir de janvier, pâle et glacé, mais beau, Où la Lune comme un froid linceul semble suivre Les ondulations des murs blêmes de givre. Si deux amants furtiîs passent, minuit sonné, Devant ta maison vide et son jardin Hiné,

Pbiloméla,

Ils verront sur le front mat et clair des murailles Deux spectres que blanchit le drap des funérailles, Très pâles, s'enlacer, comme les amants font, En un baiser tenace, extatique, profond. Puis, s'effarant aux bruits sinistres des nuitées (Telles deux branches d'if ou de saule écartées Par les souffles), se fuir Tun l'autre, et cependant Que, seul et dans sa marche à dessein s'attardant. L'un d'eux, oh ! le plus pâle, hélas ! et le plus morne, Regagnera l'horreur des ténèbres sans borne, L'autre, le tien, le long des murs, glisser soudain Vers la petite porte obscure du jardin...

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