LA DERNIÈRE ABEILLE
Vents, pluie, éclairs faisaient rage de telle sorte Q.u'on n*avait jamais vu de tempête aussi forte. Sous Tépaisseur des bois par la bise ployés, Dans les nids, les petits oiseaux mouraient noyés, Et l'ouragan broyait toutes les créatures Qui n*ont point pour abri de solides toitures : L*abeille dans la Heur brisée, et le grillon Transi sous le léger brin d*herbe du sillon.
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Or, Maria, qu'on nomme autrement Myrième, Vit, ce soir, un point d*or frôler la vitre blême, Et c'était une abeille, hélas ! près de mourir, Qui heurtait, espérant que Ton viendrait ouvrir. La Mère du Sauveur entr'ouvrit la fenêtre. Elle prit dans ses doigts le pauvre petit être. Reconnut que c'était la reine d'un essaim. L'essuya d'un baiser et la mit dans son sein Pour qu'elle y réchauffât ses deux ailes vermeilles. Sans cela, les étés n'auraient plus eu d'abeilles.