LA CHANSON DU JEUNE HIVER
Musette a quitté Marlotte,
Tata revient de Ludion ;
Le jeune hiver qui grelotte
Dit, les mains dans son manchon :
« Grâce à moi, le muguet gèle Datis les prés où jasait l'eau ; Mais je fais fleurir Angèle Et se rouvrir Piccoio I
Intermède. 3 1
Les fleurs sous mon ciel morose Sont plus belles qu'à Tiflis; Car j'ai pour lys et pour rose Jeanne Rose et Marthe Lys.
Sur les galets durs des plages Couraient depuis floréal Les chers petits pieds volages De Réjane et de Rhéal.
Encor que Ton se dévête Pour ces jeux désapprouves, Berthe péchait la crevette Hélas 1 avec des crevés.
Près des alpestres auberges, Sous le pin qui comme un jonc Ploie, Hortense, aux neiges vierges Disait, rêveuse ; « Et moi donc I »
Georgina, pour faire pièce Au vieux général mandchou Qpi lui dit tout haut : Ma nièce, Et, plus bas, lui dit : Mon chou.
3 2 Intermède,
Présentait d'un air honnête A ce héros avachi Un vicomte, clarinette De Torchcstre de Vichy !
Et celles qu'à trois cents lieues N'emportaient pas les express Vers les pics ou les eaux bleues De Bagncre ou d'Invemess,
Narguant les amours anciennes.
Dans leurs boudoirs camaïeux Souriaient, Parisiennes, A d'exotiques Mayeux !
Pour d'affreux Mexicains maigres S'ouvraient des bras potelés; Oh ! ces blanches à ces nègres, Le soir et l'aube accouplés I
Adèle au teint polychrome Sous le fard n'eût pas rougi De lever à l'Hippodrome Le roi des îles Fidji.
Intennèik. 3 3
Avant que je reparusse Bréda s'offrait à Siam ; Cora s'écriait : O Russe, Quando te aspiciam !
Et n'importe quel bancroche, Pourvu qu'il vînt de Moscou, Put obtenir que Niiioche Lui mît les deux bras au cou !
Mais, loin de nos Rosalindes, Après quelque dernier don, Le Rajah part pour les Indes, Le boïard fuit vers le Don ;
Du cirque de Gavarnie Aux gigantesques gradins, Nina, Ninette et Ni nie Retournent vers vous, gandins!
Laissant la cime et les nues, La grève et les galets nu , Elles songent, revenues.
Messieurs, à vos revenus.
34 InUnnèJe.
Et, tandis que dans Talcôve Où la blancheur des néiiés Près du bras est un peu fauve»
Indulgents, vous pardonnez
Aux Nanas Iscariotes, On entend, sous le drap fin.
Les sommiers, ces patriotes, Soupirer dans l'ombre : Enfin ! »
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