RENAISSANCES
Roses de Tavril blême et désert où l'odeur D'une tombe récente aux vents sera bercée, Roses blêmes, hélas ! faites de la pudeur D'une bouche au baiser de la mort fiancée !
Lys qu'un funèbre été mordra de son ardeur Près du sépulcre blanc d'une ange trépassée, Lys, hélas ! qui naîtrez, si purs, de la candeur De sa chair et de la blancheur de sa pensée !
Ne fleurissez pas, Lys ! ni vous. Roses ! avant Que sur le haut rameau, sonore dans le vent. Du pin morne où courra mon sang, sève fiévreuse.
Où, d'une plaie au flanc, s'égouttera mon cœur. Chante le triste oiseau dont la voix douloureuse Sera faite de mon éternelle langueur !