‹ Les poésiesChapitre 99 sur 172 · PENTHÉSILÉE · texte numérisé non relu

PENTHÉSILÉE

'Kfine des t^ madones

La reine au cœur viril a quitté les cieux froids De la Sc\thic.

Avec ses sœurs vierges comme clic, Elle gagne la plaine où la bataille mêle Les courages sanglants et les blêmes effrois. Qii^une autre en son logis file les lentes laines ! Elle, un désir la mord, indocile aux retards. De vaincre le plus fort, le plus beau des Hellènes,

Contes épiq.ues 53

Achille ! Et son cheval bondit, les crins épars,

Et remporte vers la mêlée,

Et le cri de Penthésilée S'ajoute au bruit montant des armes et des chars !

« Achille ! Achille ! Achille ! ô héros ! voici Theure Où ton sang coulera comme un ruisseau vermeil ! Tout plein d'un songe horrible, et fuyant le sommeil, Ton père aux cheveux gris hurle dans sa demeure !

Tu fus comme un lion dans une bergerie; Tu fus comme un vent noir dans un bois de roseaux ; Qpc de rois, ô guerrier ! mangés par les oiseaux Sur un sol qui n'est pas celui de la patrie !

Les festins te plaisaient après les chocs d'épées ; Tu domptais, jeune dieu ! les cœurs de vierge aussi Quand sur tes bras charmants, noirs d'un sang épaissi, Roulaient les boucles d'or de ton casque échappées !

Mais frémis â ton tour ! Le glaive enfin se dresse Qpi percera ton sein comme un sein d'enfant nu ; Car l'amazone vient qui n'a jamais connu La peur ni la tendresse I »

34 Contes épiques

Telle, en sa course, hélas ! qui n*eut point de retour, Par-dessus les fracas criait la vierge fière ! Elle ne savait pas qu'avant la fin du jour, Mourante, elle mordait la sanglante poussière, En jetant au vainqueur beau comme une guerrière Un regard moins chargé de haine que d'amour !

«Jr

Page 1