LA FORTUNE DU POT
Il Tarrosa d'un vin au jus de prune.
Combien j'étais, dans mon triste dégoût, Dupe... ohl
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'autre jour, chez un bouquiniste, Parmi plusieurs in-octavo,
J*ai, de Nodier suivant la piste,
Acheté la Clef du Caveau.
A la fois jovial et tendre, Ce bon vieux recueil délaissé Renferme, comme une autre cendre.
Tous les airs dont je fus bercé.
Les chants ont eu première place Dans la mémoire, près du cœur.
Tout fuit, tout change, tout s'efface, Hors un refrain triste ou moqueur.
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206 LA CLUl- DU CAVEAU
La serinette des gnuid'nières, Dont la note semble une toux, Souvent sur les heures amères Jette un son consolant et doux.
Et voilà pourquoi je vous aime, O timbres naïfs du Caveau, Où je me retrouve moi-même, Dans un amusant renouveau I
Caveau — disons plutôt bocage — Au galant et facile aaès !
Clef charmante, rouvrant la cage Où gazouille Tesprit français I
Il n'est pas de Parts au Cair« Lèvres n*ayant fredonné la Famille de VApothicairey Ou Turlurette, ou Ion lan la.
Il suffit d'une ritournelle, D'un vague et tremblotant solo.
Pour qu'aussitôt je me rappelle Un homme pour faire un tableau.
Q}iels éclats de rire à la ronde !
Où courez-vous, monsieur Vabhé ?
Sur Ce mouchoir, belle Raimonâi, Cet abbé-là sera tombé.
Q.ue de Tircis et de Grégoire I Combien de baisers, de glouglous !
Elle aime à rire, elle aimé à boire.
Elle aime à chanter comme nous t
yen guette un petit de mon âge !
Dit Lise, au bord d'un frais ruisseau.
Sa voix charme le voisinage.
Car... Une fille est un oiseau,
Fanchon, Dans les Gardes françaises , S'en va réclamer son amant :
Des fraises, des fraises, des fraises, Lui répond ce beau garnement.
Quand je parcours ces folles pages, Je reconnais tous ces lurons, Bergers sournois, effrontés pages, Dénichant merles et tendrons;
Satyres transformés en drilles, Qui s'en vont, dès le point du jour, Chasser, derrière les charmilles.
Gibier des bois, gibier d* amour.
Il cache encore sa fauvette, Li gros Lucas sous son chapeau; La Harpe dit : ma Musette l Barré dit : Mon père était pot I
Aimable musique de poche !
Alors, en ces temps ingénus, Un Air nouveau de M, Doche M'ouvrait des mondes inconnus.
Aussi, lorsque j'entends bruire L'écho lointain d'un flageolet,
Je me surprends à reconstruire Une époque avec un couplet.
Je vous revois, sensibles femmes, Avec vos manches à gigot, Et vous, Enfants chéris des dames, Roucoulant dans votre jabot.
N'ayant rien qui le réconforte, Un rimeur dit, d'un ton fatal :
Pégase est un cheval quitte Les grands hommes à l'hôpital/
Pendant toute une matinée,
La Cîef du Caveau dans les mains,
T'ai rêvé, l'âme abandonnée
Au courant des anciens chemins.
Jusqu'au moment où, jeu féroce.
Une voix soudain me souffla :
Alle:^-vouS'en, gens de la noce !
Cest l'air de la fin, celui-là.
Et puis j'ai refermé le livre, Sans me cacher d*être attendri, Le livre qui m'a fait revivre...
A la façon de Barbariî
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