‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 2)Chapitre 60 sur 95 · SIÈGE DE PARIS · texte numérisé non relu

SIÈGE DE PARIS

Un chassepot entre les mains, L*œil interrogeant la distance, Je songe à des temps plus humains, Je repasse mon existence.

O beaux jours, vite évaporés !

Jours d'inconsciente jeunesse !

Qpe ne vous ai- je savourés Avec une plus lente ivresse !

Hélas 1 et maintenant holà !

Dire que j'ai (rage infernale !) Passé ma vie à railler la Digne garde nationale !

Jadis, les voyant s'emboîter, Bombés, sous l'épaulette blanche, M'aurais-je pu jamais douter Qu'ainsi je serais un dimanche?

O châtiment du fanfaron !

Avoir fait mon plaisir unique

SI LGE DK PARIS 21

De me moquer du ceinturon, Et finir dans une tunique !

« Qui vive? Avance au rallîment!

« Caporal, venez! »... — Oh! quel style!

N'importe 1 allons-y noblement :

Homme autrefois doux, sois utile !

Janvier 1871.

JS^Si

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